Et je trouve aussi que globalement la société n'aide pas du tout.. Un père qui en fait même un peu est un héros, une mère qui n'est pas absolument parfaite est une sous merde.
Je parle de ce que je connais, mais j'ai l'impression qu'en médecine, on en remet une couche. Ils baignent tellement, dans le milieu hospitalier, dans l'idée que leur job est essentiel, bla bla, et les horaires de chiens qu'ils se tapent, et le fait que les chefs en aient rien à foutre de bousiller leur vie de famille, et d'exiger des sacrifices pas possibles,.. Ca n'aide pas. Heureusement mon mari n'est pas spécialement carriériste, et a envie d'avoir une vie sympa à côté de son boulot, donc il a décidé de bosser à 4/5ème au début l'an prochain. Mais en attendant.. Et qu'on leur saque Noël, et tous leurs week-ends, et que les femmes peuvent bien comprendre : ils sauvent des vies !
Mais j'en ai rien à foutre moi, de ses patients. J'ai atteint le stade où je n'ai plus aucune empathie. Quand il me sonne : "mon patient déconne, je serai là plus tard", tout ce que je réponds c'est : "achève le vite et rentre"

Sans compter que c'est un milieu qui est resté fort sexiste.. Genre, s'il ose demander un congé en rapport avec sa fille (maladie, rentrée scolaire, anniversaire,..) ben on lui accorde (encore heureux !) mais avec le sous-entendu : "bah ta femme, elle est pas là pour ça ?"
Et la plupart des gens tombent dans l'écueil, et passent tout à un médecin.. parce que voilà, son boulot est dur, moralement, physiquement, que ça prend du temps etc.. Sauf que moi je refuse de verser là-dedans..
On a remis le problème "tâches ménagères et charge mentale" à l'an prochain. Parce que comme dirait l'autre, malheureusement, le contexte est plus fort que le concept..
Mais une des choses qui ne me donnent pas du tout envie de retourner bosser : si je bossais, ça ferait : mon mari se lève très tôt, part bosser, revient tard, met sa fille au lit, profite de sa pseudo soirée en amoureux avant que l'épuisement ne nous gagne (vers 23h maxi ^^) avec une belle compensation : job prisé, reconnaissance sociale, salaire important.
Et moi ça ferait : se lève tôt, gérer notre fille, l'emmener à la garderie, courir bosser, récupérer notre fille, faire les courses, le souper, la maison.. 19h30, retour du mâle, retour à un partage équitable. Soirée en amoureux, bla bla. Boulot médiocre, peu de reconnaissance sociale, salaire misérable.
Heureusement que j'aime ma vie de mère au foyer, parce que si ce n'était pas le cas, j'aurais l'impression d'avoir à choisir entre la peste et le choléra. Retour dans les années 50 !