Je suis surdouée et je n'ai jamais sauté de classe. Actuellement j'ai même deux ans de retard, après avoir abandonné deux années de fac.

Je me suis reconnue dans le premier paragraphe, d'ailleurs en primaire je ne suis pas allée dans une école normale (mais dans une école Freinet, une pédagogie spéciale) et je crois que cela m'a sauvé - en partie. J'étais assez maltraitée par les populaires de la classe mais j'avais aussi quelques amis (dont mon meilleur ami, qui l'est toujours actuellement). En sixième je suis allée dans un collège privé qui avait une classe pour enfants précoces (pas pour me surentraîner mais pour que je ne me fasse pas emmerder), mais j'ai fini par retourner au collège à côté de chez moi où il y avait mon meilleur ami. J'ai pas mal encaissé pendant trois ans, parce que j'étais sinon la première de la classe, parmi les premiers (mais je ne me percevais pas trop comme une "première de classe" parce que c'est à peine si je faisais mes devoirs). Au lycée c'est allé un peu mieux, mais mes notes ont pas mal chuté aussi (j'ai dû passer de 16 à 13 environ). Ensuite j'ai fait une dépression, donc j'ai beaucoup séché des cours, j'ai détesté le lycée, je me percevais comme un cancre malgré mes notes acceptables. Je n'ai pas fait de prépa, ni de cursus prestigieux.

Le problème, c'est que je n'ai pas l'impression d'être intelligente. Je regrette de ne pas avoir été plus bosseuse et avoir tenté Science Po (actuellement je suis dans une école de journalisme privée, qui recrute après le bac). Je suis rarement satisfaite de ce que je fais. Comme je suis "censée" être surdouée (selon le test de QI), je ne supporte pas d'être "moyenne". Ou alors j'ai l'impression d'être une imposture, quand je vois des gens hyper-brillants, parce que moi on ne m'a jamais proposé de sauter une classe - donc c'est que je ne dois pas être si intelligente que ça (ceci est un ressenti, pas un fait). J'oscille entre la mauvaise estime de moi et des tendances hautaines (difficiles à réfréner, par exemple au lycée quand je faisais un devoir de philo avec une copine les erreurs qu'elles faisaient me paraissaient énormes, et mon raisonnement tellement plus évident).

Tout ça pour illustrer que les surdoués ne sont pas forcément des génies qui ont sauté deux classes...
 
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J'aime beaucoup cet article, qui me touche particulièrement, étant donné que j'ai également sauté une classe. Je n'ai jamais vraiment regretté d'avoir un an d'avance, cependant je pense qu'il faut vraiment se "blinder" quand on saute une ou plusieurs classes. J'ai été confrontée à de nombreuses violences physiques et morales dûes en partie au fait que j'étais "précoce". J'ai eu beaucoup de mal à comprendre cet acharnement collectif, et aujourd'hui encore j'ai parfois du mal à digérer les années collège.

Avec le recul, je ne regrette rien (c'est peut-être du au fait que mes études sont finies). Je ressens juste parfois un décalage avec les gens de mon âge, qui se demandent comment ça se fait qu'à 20 ans, j'ai un BTS et une licence. Mais je ne ressens plus de la part des gens de la jalousie et/ou du mépris. Simplement de l'intérêt.
 
Hellébore;2689012 a dit :
j'ai échoué en médecine
Si ça peut te rassurer la première année de médecine c'est le type même de l'année où tu ne dois pas réfléchir. Franchement ce cursus n'a rien à voir avec l'intelligence, une bonne mémoire, du boulot et une grande force mentale ça suffit. (Même si on apprend mieux quand on a compris honnêtement plein de gens apprennent par coeur bêtement pour le concours et on est plein à pas piger forcément plus vite que les autres à l'avoir eu du premier coup !)
Bref, que tu aies "échoué" ne remettra jamais en cause tes capacités !! 'Je dirais plutôt que tu y as échappé si tu voyais l'hôpital parfois !)
(Désolée pour cette parenthèse ...)
Et je rejoins les autres filles, le système scolaire est figé et borné et ne correspond pas à beaucoup de gens, être en échec scolaire n'a rien à voir avec l'intelligence ! D'ailleurs je trouve débile de dire que quelqu'un est intelligent et un autre pas. Il y a des gens qui ont l'intelligence des concepts, des mécanismes d'autres des choses pratiques ou une intelligence artistique, bref on est tous intelligents à notre manière. On comprend tous des choses mais pas les même !
 
Marshmallow;2688884 a dit :
Comme l'ont déjà dit certaines, il y a une grosse différence entre être surdoué(e) et avoir sauté une classe parce qu'on aimait l'école ou qu'on savait déjà lire et écrire avant le CP...
J'ai sauté une classe mais je ne suis pas du tout surdouée. Je n'ai jamais eu de mal après dans mon parcours scolaire, sans trop me fouler je dois dire mais sans être brillante non plus. Et ça en m'a pas posé problème au niveau des relations sociales, même si je préfère côtoyer des gens plus vieux on ne m'a jamais attaquée pour ça. J'ai très mal vécu la fin de mon collège mais je pense que ça tenait plus au petits bourgeois arrogants et prétentieux qui étaient là bas qu'au fait d'avoir sauté une classe. D'autant que c'est hyper courant maintenant !

Par contre je me retrouve assez quand tu dis que tu a du mal à te concentrer sur une seule chose. Je suis toujours en train de penser à un tas de trucs, j'essaie de passer le permis et c'est une catastrophe parce que je n'arrive pas à me focaliser. J'angoisse énormément pour mes relations amoureuses et intimes, je me pose tellement de questions que je finis par renoncer.

J'ai l'impression qu'en grandissant j'ai beaucoup perdu de mes capacités et que de l'intello de la classe je me suis retrouvée perdue dans la masse. C'est frustrant parfois et aujourd'hui dès que je suis en situation d'échec j'ai beaucoup de mal à la supporter, je pleure très facilement quand je sens que je ne sais pas faire quelque chose. C'est dur d'avoir l'impression qu'on ne fera jamais rien de spécial.

Je me reconnais tellement dans ce que tu as écrit... :erf:
 
P

Patatelalex

Guest
Moi qui ai toujours cru être une sorte de monstre aussi, sur un plan intellectuel, autant qu?émotionnelle, lire cet article, ainsi que des commentaires comme ceux de Suzy René et Altheea (pour ne citer qu'elles) m'a permit de me rendre compte que je n'étais pas tant une erreur de la nature que ça.:top:
Madmoizelle.com, le site qui te réconcillie avectoi-même! :Pom::Pom:
 
J'avais envie d'en parler, j'avais même commencé un article. Je suis plutôt étonnée que personne n'ait parlé du coté culpabilité du fait d'être précoce, qui est plutôt le sentiment qui m'a toujours habitée. J'ai toujours plutôt mal vécu le fait d'être précoce, et j'ai rarement vu des témoignages négatifs, ce qui me faisait encore me sentir plus bizarre (pourquoi moi je le vivais mal, et pas les autres enfants précoces). J?aurais aimé lire des témoignages de personnes le vivant aussi mal que moi, mais je ne voyais que des histoires d?enfants heureux, avec 3-4 ans d?avance à l?école, alors peut être que mon histoire aidera une madz, à ne pas culpabiliser comme j?ai pu le faire.

Aussi longtemps que je m?en souvienne, je n?ai jamais aimé l?école. Il parait que j?adorais le CP, et que je n?ai pas voulu sauter cette classe pour rester avec ma maitresse, mais moi je ne m?en souviens pas. Je n?ai pas beaucoup de souvenirs de l?école primaire, mais l?école primaire s?est plutôt bien déroulée (contrairement à l'auteure), j?ai gardé la même classe pendant tout le primaire, et le choc a été plutôt grand à l?entrée au collège. Je suis passée d?une classe dans laquelle je connaissais tout le monde, à une classe dans laquelle je ne connaissais presque personne. En sixième, les petites réflexions « intello » et compagnie ont commencé. Je les ai particulièrement mal vécues. J?ai eu de gros problèmes de santé à cause du stress. Je m?ennuyais en cours, je ne travaillais pas mais je réussissais, et j?étais rejetée parce que « je passais ma vie à bosser ». Je n?ai jamais osé dire que je réussissais sans travailler. Je me sentais mal vis à vis de ceux qui travaillaient et ne réussissais pas. Et j?ai tout gardé pour moi.
En fin de sixième, j?ai passé un test de QI, pour voir. Mes parents voulaient comprendre pourquoi j?étais si malheureuse à l?école. Dans un système adapté j?aurais pu être en seconde. Et là, ce qui pour moi était normal est devenu une profonde injustice. Je n?avais pas à m?ennuyer à l?école, c?était l?école qui mettait délibérément une partie des enfants de côté, les sacrifiant pour le plus grand nombre. J?ai subis mon année de cinquième, avec les problèmes de santé, les absences récurrentes, et le mal-être. Puis en 4ème, ma meilleure amie a déménagé, cassant encore plus l?équilibre fragile que j?avais construit au collège. Les problèmes de santé sont repartis de plus belle, et finalement mes parents m?ont changée d?établissement scolaire. Je suis allée dans un collège privé, dans une classe « pour tête d?ampoule ». J?ai terminé mon collège sereinement, avec d?autres élèves qui semblaient mieux me comprendre, et en tout cas qui ne me rejetaient pas pour mes bonnes notes. J?ai gardé le même noyau de classe pendant mon lycée aussi, mais mon année de terminale a plutôt été catastrophique. Gros problèmes familiaux à la rentrée, j?ai raté le coche, et là, j?ai été rejetée parce que j?avais des mauvaises notes. Au lycée, ma classe de gentilles têtes d?ampoules était devenue une compétition géante à celui qui aura la meilleure classe préparatoire (Et moi, l?esprit de compétition je l?ai autant qu?un bisounours). J?ai perdu la plupart de mes « amis ». J?ai terminé le lycée avec un mal être qui finalement était resté enfoui depuis le collège. Il m?a fallu 3 ans pour me reconstruire.

J?ai été une enfant précoce, et j'aurais tout donné pour ne jamais l?avoir été. Je me demande constamment pourquoi moi ? Pourquoi moi je n?ai pas pu être heureuse avec mon don ? Je culpabilise de n?avoir pas réussi à être heureuse. Je culpabilise de ne pas utiliser mes capacités, et d?être heureuse à l?idée de faire un métier qui n?est pas prestigieux aux yeux de la société. Parfois j?ai honte, j?ai l?impression de gâcher mes capacités, des capacités que beaucoup auraient aimé avoir. Et je n?en parle pas. Personne ne me comprend. On me répond toujours « tu ne vois pas la chance que tu as ? ». Mais moi, je voulais juste être normale.

Maintenant, j?ai 23 ans. Je commence enfin à arrêter de culpabiliser. Parfois j?y pense encore, mais c?est moins douloureux. Mon copain m'a pas mal aidé à l'assumer. Quand il parle de la manière dont j'ai eu mon bac (avec mention alors que j'ai loupé 1/3 de l'année scolaire suite à de la phobie scolaire), et que je vois à quel point il est fier de moi, je me dis que j'ai pas à avoir honte de ce que je suis. Après j'en parle très peu, j'ai toujours peur qu'on pense que je me sens supérieure aux autres.

Sinon, pour ce qui est des professeurs, je pense surtout que c'est un problème de formation, moi ils n'ont jamais été méchants avec moi, mais on eu des réactions plutôt inadaptés, mais c'était parce qu'ils ne savaient pas comment réagir.

Désolée pour le pavé !
 
Hellébore;2691360 a dit :
( je réagis juste sur cette petite parenthèse)
Je n'ai pas de regrets d'avoir échouer, de toute façon je n'aurai jamais pu m'adapter aux premiers stages, je n'aime pas toucher le corps humain la majorité du temps ;) Je constate juste que je me suis auto torpillé. En n'ouvrant JAMAIS mes cours par exemple, et en gagnant mes places uniquement grâce à la culture que j'ai par ailleurs et à mes facilités. Et c'est presque la continuité logique de toute ma scolarité en fait.

D'ailleurs, en parlant de ce sujet, on m'a récemment conseillé de passer un test de QI pour savoir exactement où j'en suis, et j'hésite grandement. Et si en fait on trouvait que j'étais vraiment plus "bête" que les autres?
( je n'ai jamais fait de test de QI total enfant, juste des évaluations psy partielle pour savoir si j'avais ou non les capacité de m'adapter en classe supérieure pour les sauts de classe).
Les test de QI lorsque l'on est adulte ont une efficacité limité il me semble. Je ne sais pas si c'est un professionnel qui te l'a proposé, dans ce cas n'écoute pas ce que j'ai dit ;)
Mais ça peut être utile quand même. Mon frère en a fait un a 20 ans environ, et ça lui a permis de prendre un peu confiance en lui. Il était en échec scolaire depuis la terminale, et dans le supérieur.
 
Bienvenue au club des têtes d'ampoule !

J'ai passé la grande section pour arriver directement en CP. Rien de bien méchant, je savais déjà lire. Au début ça allait, et puis avec deux copines j'ai cessé de suivre le groupe et on jouait entre nous à la récréation. Alors bon on a commencé à nous harceler : "Pourquoi vous faites jamais comme tout le monde ?" etc...ce à quoi je répondais "On ne mélange pas les torchons et les serviettes", l'arrogance et le mépris étant mon seul moyen de défense contre les attaques à répétition de mes camarades.
Ce que les gens ignoraient (et ignorent encore), c'est que je suis quelqu'un de très sensible et assez fragile. Je sombre à la moindre remarque. De plus, j'avais dès le primaire assez de difficultés à comprendre certaines normes sociales (le classement des amies les unes par rapport aux autres, le fait de devoir jouer tous ensemble...)

Au collège ça a empiré sérieusement. Plein de gens nouveaux, une meilleure copine (youpi !) qui très vite va s'éloigner de moi car elle se sent inférieure (je donne le change car je ne veux pas montrer ma fragilité). Je suis seule, et je commence à avoir des seins. Donc je me fais harceler par tous les mecs, qui me coincent parfois à 5 dans un couloir pour tripoter.
J'ai une romance qui sera pourrie par les autres. Je passe un temps avec les "populaires" mais très vite je me sens mal avec leur façon de faire.
A la fin de la 5è, haïe par tout le monde (parfois à raison : ma carapace de mépris devait être assez énervante) je tente de me suicider. Heureusement je me loupe. Continue le calvaire d'aller tous les jours en cours et de rentrer, suivie par une dizaine de garçons plus vieux qui me harcèlent.
En 4è, je manque de détronner la tête de classe (sans avoir jamais travaillé de ma vie!). C'est le drame, on me hait encore plus. On organise des "mc do de con" (comme le diner) où je suis la seule conne présente. Je ne comprends toujours pas grand chose aux conventions d'humiliation publique : tu as en fait le choix, soit être un bourreau, soit être une victime.

Enfin je déménage, mais la 3è ne se passe pas bien non plus. Ils se réunissent à 10 afin de me jeter à la baille à la fin d'année. Je m'enfuis heureusement. On me fat comprendre qu'on en à marre que je me la pète (en fait ça les énerve juste que je réussisse sans rien faire).
Le lycée ça va mieux car je cesse d'être arrogante (j'ai compris que ça empirait leur réactions). Je deviens populaire pour un temps, mais très vite on me lache et je finis le lycée (sans bosser toujours) en allant voir un psy, et sans aucun ami.

Ce que j'ai compris, c'est que quand j'avais une opinion, je ne la taisais jamais pour faire comme le groupe. Et c'est ça qui m'a porté préjudice (en plus de la carapace de mépris). Je n'allais pas faire semblant de trouver ça difficile pour les faire se sentir mieux. J'étais moi, point.
Etre un peu différent est un calvaire à l'école, mais après, c'est une vraie chance. Je suis moi, tant pis si ça ne plait pas aux autres ou s'ils se sentent menacés par moi. Je ne vais me taire et faire comme tout le monde pour avoir des amis (et quels amis finalement ?)

Maintenant ça va mieux, il ne faut pas désespérer, on trouvera toujours quelqu'un qui nous apprécie et que l'ont apprécie aussi. C'est juste qu'il faut oublier le rêve d'être quelqu'un de populaire avec une vingtaine de (faux) amis.

Désolé pour la longueur, et courage à vous !
 
Article très émouvant ! On devrait plus parler des enfants surdoués, je trouve que c'est un sujet qu'on aborde pas assez... on propose souvent d'aider des enfants en difficultés scolaires mais pas d'aider des enfants surdoués ! (même si d'ailleurs un enfant surdoué peut-être en difficulté scolaire)

Je tenais juste à apporter une petite note positive : on peut-être un enfant surdoué sans subir toutes ces moqueries et agressions ! J'ai du passé un test de QI à 4 ou 5 ans car ma maîtresse de primaire pensait que j'étais un peu "retardée" : je parlais peu aux autres, j'étais tête en l'air, je n'écoutais pas... Mais en fait le test a démontré qu'au contraire j'avais un QI supérieur à la normale ! De ce fait, j'ai toujours eu, étant petite, des occupations différentes des enfants de mon âge : à 6 ans je lisais des livres sur le corps humain, des encyclopédies sur les animaux et, durant ma période "dinosaures", je connaissais le nom d'une bonne 40aine de dinosaures différentes..en latin, ainsi que leur signification ! Dès mon apprentissage de la lecture, je passais énormément de temps à lire. J'ai également toujours eu un fort besoin d'activité créative, en particulier le dessin.
La pédopsychiatre qui m'a fait passé mon test de QI a expliqué à ma mère que si je parlais peu, c'est parce que les enfants surdoués se sentent en décalage avec les autres : souvent plus matures, ils ont des questions et des préoccupations différentes des enfants de leur âge. Le fait d'être surdouée peut aussi entraîner une forte sensibilité, ce que j'avais étant petite et que j'ai toujours aujourd"hui.
Je n'ai jamais sauté de classe. On m'a proposé de sauter le CE2 mais ma mère a refusé que je saute une classe : c'était la première année de primaire que j'allais passer dans une école (pour mon CP et CE1 je vivais à l'étranger et ma pédopsychiatre avait conseillé à ma mère de me faire les cours elle-même) et elle ne voulait pas me perturber. De plus, née en fin d'année (fin décembre), on pense déjà souvent que j'ai sauté une classe.
J'ai toujours eu d'excellentes notes, sans fournir d'efforts. Tous les enfants de ma classe et même de mon école me prenaient pour "l'intello" de service, mais aucun n'a jamais été agressif avec moi et j'ai toujours eu des amis très facilement !
Pour citer un exemple plus proche du témoignage, une de mes très poches amies a sauté 2 classes et elle n'a jamais subi de moqueries ni de violences ! Ca dépend beaucoup de l'école dans laquelle tu vas, de la mentalité des enfants et des professeurs !
 
Je me suis reconnue dans certaines parties de l'article et aussi dans certains commentaires.

En ce qui me concerne j'ai su lire, écrire, etc. dès mes 2 ans ; ma mère m'a donc fais entrer à l'école à 2 ans. Sauf que les professeurs n'ont pas voulu que je continue ainsi donc j'ai fait 2 petites sections. Au final j'ai sauté une classe, le CP et c'est là que tout a basculé... Toutes les maîtresses étaient étonnées de voir un-e enfant surdoué-e alors du coup j'étais souvent appelée au tableau pour faire des démonstrations ou pour montrer "ma méthode bien à moi". Evidemment les élèves n'étaient pas ravis et j'ai toujours été isolée. Au fond de moi je m'en foutais parce qu'au moins comme ça je pouvais être seule pour lire. Vers le CM1 j'ai commencé à me dire qu'il fallait que je m'ouvre plus aux autres mais c'était très difficile : les filles commençaient déjà à s'intéresser aux garçons et moi je jouais au Scrabble avec mes parents, je passais mon temps à la bibliothèque où travaillait ma mère, je jouais aux échecs avec mon père, en gros, ce qui me faisait vibrer n'inspirait aux autres que de l'ennui. Tout ça a continué jusqu'en 6e, j'en avais marre d'être le bourreau, j'ai supplié ma mère de me faire changer d'école. Je voulais prendre un nouveau départ. Ainsi, de ma 5e jusqu'à ma terminale j'ai tout arrêté ! Je ne perdais plus mon temps à travailler puisque de toute façon que je travaille ou pas je réussis et en plus, si je travaille on me hait... La solitude est tellement dure à supporter que mon choix était très vite fait - je me rends compte maintenant à quel point j'étais arrivée à un niveau de suffisance, d'arrogance... À un point tel que quand j'ai raté ma première année de fac mon estime de moi a volé en éclat. Depuis, je ne fais rien et pourtant je veux tout faire, je peux tout faire mais c'est juste que je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas à quoi dédier ce soi-disant don.

Enfin bref, tout ça avait un prix. Construire ce faux moi m'a coûté la quasi-totalité de ma santé mentale. J'ai développé tout un tas de problèmes qui me suivent jusqu'à maintenant dans ma vie d'adulte. J'ai pu lire sur le net que je n'étais pas la seule d'ailleurs ; spasmophilie, migraines, tétanie, angoisses, phobies, nervosité, automutilation, dépression, TS, sur-estime et sous-estime de soi, troubles de l'humeur, hypersensibilité.

Le pire dans tout ça c'est que pour certain on n'a pas le droit de se sentir mal d'être plus doué que les autres intellectuellement parce que c'est supposé "cool". Comment peut-on râler quand on a ça alors que d'autre n'ont rien, voire pire ?
 
Ouah. C'est horrible que tu aies eu à vivre des choses pareilles. Les enfants sont injustes quand même.

J'ai eu deux ans d'avance moi aussi, ayant su lire à 3 ans, ma mère m'a directement mis en CP et j'ai eu mon bac à 16 ans. Je ne me considère pas surdouée, car même si j'ai toujours passé mes classes sans problèmes. Je n'ai été première qu'une fois dans ma vie et les gens savaient rarement que j'étais plus jeune qu'eux (je disais rarement mon âge) Et puis, le collège et le lycée c'était avec les mêmes personnes, donc je n'ai pas vraiment senti d'animosité envers moi. J'avais mes amis, j'étais une élève chahuteuse, têtue, bavarde, dissipée, pas toujours concentrée (sauf en anglais). Il y avait des critiques, des mauvaises langues, mais je m'en fichais pas mal.
Je n'ai pas vraiment eu à me "cacher" dans le milieu scolaire, mais plutôt dans ma famille. J'étais différente, et certains de mes cousins me rejetaient pour cela. Enfin bon, je ne me souviens pas être très perturbée (fin ca dérange, mais il faut vivre sa vie quand même)

@Lux[Anne] Je ne sais pas pourquoi, mais à ta place, j'aurais agi tout pareil. Je ne sais pas pourquoi je me suis "vue en toi" (oui c'est débile >.<) Peut-être parce que moi aussi parfois, je faisais la dure alors que ca me touchait ^^
 

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