Je sais que je suis juste une postdoc aigrie toujours en train de râler, mais franchement moi je peux pas sourire et dire "venez faire des thèses, on va bien se poiler" aux étudiant-es que je croise :erf: Je peux juste leur dire "faites une thèse si ça vous amuse, mais attendez rien de l'après, sauf si le sacrifice personnel c'est un truc qui vous excite".
C'est tellement ça. Honnêtement je ne recommanderais de faire une thèse à personne à moins de vouloir absolument devenir chercheur/se parce que c'est le rêve de ta vie depuis que tu as 8 ans. Et encore, ça risque bien de briser complètement ton rêve...

J'ai bien envie de faire un tour sur le topic "après la thèse" mais je ne sais pas si je me sentirai mieux ou moins bien en lisant les témoignages :rire:
 
je ne recommanderais de faire une thèse à personne à moins de vouloir absolument devenir chercheur/se
Perso je continue à trouver que la thèse est une expérience professionnelle et personnelle vraiment super intéressante, donc j'aurais tendance à encourager les gens à faire une thèse, mais pas à penser que la thèse va conduire à une carrière dans la recherche. Genre moi on me disait au début de ma thèse "ouiiiiiiiiiii c'est le plus dur que t'es en train de faire" NOPE, et un jour je suis allée à une réunion d'info sur les concours et mon dieu ce mur que je me suis pris en pleine face :lol:
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Je pense que c'est vraiment nécessaire d'expliquer aux étudiant-es en master que la carrière de chercheur-se c'est une grosse galère et que même si on se lance dans une thèse il faut penser à la "reconversion" (et ne pas baser 80% de son identité sur "je suis chercheur-se" :lol:) parce qu'il suffit pas d'être brillant-e/bosseur-se/ambitieux-se pour que ça fonctionne, il faut aussi de la chance: taper dans les bons sujets, bosser avec les bonnes personnes, être au bon endroit au bon moment, et ça on n'en a aucune idée quand on sort de master.
Dans le pays où je bosse actuellement, il y a beaucoup de gens qui démarrent leur thèse à 28 ans ou (beaucoup) plus, iels ont bossé avant dans d'autres branches, repris des études en master, et du coup la thèse devient une expérience parmi d'autres. Je trouve ça intéressant comme approche.
Et je voulais ajouter avec tout ça que persévérer dans une carrière de chercheur-se c'est nettement plus facile quand papa et maman nous back up et quand on a une idée du milieu avant d'y rentrer, donc sexisme bien sûr, mais privilège de classe aussi, énormément.
 
Dernière édition :
@JulietteGee
ça m'a foutu le doute tous les commentaires au-dessus : tu veux des chercheurs uniquement (et des chercheurs en université) ?
C'est vrai que tu parles pratiquement que de scientifique en "laboratoire" dans ton appel à témoin mais est-ce que c'est parce que tu as une vision du scientifique en blouse blanche ou c'est parce que tu cherches effectivement uniquement ce type de témoignage ?

Il y a bien d'autre chose que la recherche dans le monde scientifique (il y a la recherche dans le privé, déjà, qui ne va pas avoir les mêmes retours que tout ce qui est dit au dessus). Mais surtout, quid des sciences appliquées (ceux qui construisent des ponts, font le système qualité d'une industrie agro-alimentaire, gèrent la gestion environnementale d'un parc régional,...) ? Ce n'est pas de la recherche mais on reste des scientifiques et je crois d'ailleurs que c'est là-dedans que finissent la majorité des personnes ayant fait des études scientifiques.

Donc je voulais savoir si le témoignage de quelqu'un qui travail dans une administration publique et qui fait du bureau et pas du labo ça t'intéresse ?
Et est-ce que le but est réellement de parler du sexisme dans le domaine scientifique ? Je veux dire, c'est super intéressant (bien que je ne l'ai heureusement jamais constaté dans mon domaine), mais ça n'est pas repris dans les questions que tu poses. Tu parles bien d'évoquer la condition féminine et d'essayer de provoquer des vocations mais je ne vois pas que tu veuilles spécialement centrer tes témoignages sur le sexisme (je pose la question à nouveau à cause de tous les commentaires au dessus qui parlent beaucoup de ça, donc je sais pas si j'ai rien compris à tes intentions pour les témoignages :facepalm:)
 
Oui effectivement @Aguarà on a un peu hijacké le topic :yawn:
Je crois que c'est parce qu'on lâché le kraken en commençant à parler de nos conditions de travail de scientifiques :cretin:


Après j'arrive à parler de mon métier de manière cool à des élèves en primaire/collège/lycée pour donner un exemple de femme en sciences (et je le fais régulièrement, j'aime partager là dessus). C'est juste que comme le disait @Silure_ j'aurais du mal à recommander à une étudiante en master de se lancer là-dedans sans rajouter des contrepoints sur les difficultés qu'il peut y avoir (et donc la nécessité d'avoir des plans B, C D et un mental en béton armé). Je pourrais témoigner mais ça serait forcément nuancé (et du coup je ne sais pas à quel point inspirant), je ne sais pas si c'est ce que le magazine recherche :hesite:.
J'ai aussi fait un passage par le privé (comme ingé) avant de partir dans la recherche et même si j'y ai beaucoup appris, j'y ai vu beaucoup de choses très moches (tant sur le sexisme dont j'ai souffert que sur les pratiques et l'éthique de travail... paye tes magouilles qui viennent impacter la vie de millions de personnes de manière catastrophique :goth::sweatdrop:). Peut-être que je n'ai pas eu de chance mais j'ai perdu beaucoup d'illusions tant sur le monde de l'entreprise (dans le domaine sensible où j'ai travaillé) que sur celui de la recherche publique #team jeune aigrie.
 
Dernière édition :

J_Serpentine

Allez, ouste, va away petit bird !
Alalala vous m'avez foutu le bourdon :yawn:
Si je peux me permettre une petite remarque :fleur: L'objectif de l'article, il me semble, est de montrer des parcours, d'ouvrir parfois des horizons à tous types de personnes et d'âges sur les sciences dures et non pas de forcément "susciter une vocation jusqu'au doctorat ou la recherche".
Par exemple, en racontant vos parcours, cela peut ne serait-ce que montrer à des lycéennes qu'il est possible pour une femme d'étudier telle ou telle branche, de l'y intéresser. Tout le monde n'a pas envie de finir par être chercheuse, on peut être laborantine aussi.
Dans mon cas, si je faisais un témoignage pour madz, je ne me focaliserai pas sur ma thèse et pourquoi la recherche c'est pas drôle tous les jours (encore que, j'avoue que tout se passe très bien dans mon cas :ninja: ) mais "pourquoi la chimie c'est archi trop cool, et non ce n'est pas juste la branche ultra polluante et dégueulasse qui bousille l'environnement, même qu'avec la chimie, tu peux passer de l'étude des peintures automobiles, à la confection du dernier fond de teint ou au traitement de l'eau potable". Par exemple, je suis dans le domaine de la chimie du Développement Durable. La chimie, c'est fantastique :puppyeyes: Et nombre de fois j'ai dû casser les clichés sur le domaine ou montrer l'étendue phénomale de sujets reliés à la chimie (la conservation du patrimoine aussi c'est de la chimie ! Mais comment le savoir avant d'y être ?).
Après, les problématiques de la recherche, du manque de postes, de financement, etc... c'est un autre sujet. Là, montrons tout simplement pourquoi notre domaine est trop bien, trop passionnant et pourquoi les femmes devraient y jeter un oeil :gnih:
 
@Loulalilou Ahah mais n'hésitez pas à raconter toutes vos frustrations, hein ! Moi ça m'intéresse (et m'attriste) de vous lire :)
Je voulais simplement souligner que pousser des femmes à faire des sciences, c'est pas forcément pour les retrouver plus tard en blouse blanche dans un labo. Donc quand tu dis "j'aurais du mal à recommander à une étudiante en master de se lancer là-dedans ", je comprends, mais comme dis @J_Serpentine , je pense pas que le but était de promouvoir les thèses mais de promouvoir les carrières scientifiques dans toutes leurs diversités.
Je ne sais plus quelle autre Madz parlait d'ingénierie mais c'est pour moi le parfait exemple. Les ingénieurs sont des scientifiques dont certains finiront peut être dans la recherche (fondamentale ou appliquée), mais beaucoup feront des trucs très éloignés également. Perso je sors d'une école d'ingénieur agronome, j'ai fais que des sciences dans mes études et j'adore la biologie mais de ceux qui sont sortit avec moi, il n'y pas grand nombre de chercheurs ; certains travaillent pour une étude européenne de l'occupation des sols, d'autres sur les prévisions statistiques en cas d'épidémies vétérinaires, un responsable qualité dans une entreprise de confitures, un ingénieur en étude des sols pour des projets de restaurations,... Etre scientifique ce n'est pas soit faire de la recherche pour les méchants du privés, soit faire de la recherche sans sou pour le public. Au contraire, c'est peut-être parce que je connais plus de gens avec un diplôme d'ingénieur mais je pense important que si on veut promouvoir la science auprès de jeunes filles, ce ne soit pas en montrant seulement le monde de la recherche (pourtant très intéressant, j'ai toujours voulu faire ça et je m'en suis éloignée un peu contre mon gré). D'autant plus que je pense sincèrement qu'en tant que scientifique on peut trouver des métiers porteurs de sens (liés à l'écologie, à la médecine,...) ou alors qui sont un véritable ascenseur social (du money dans le privé), ou même les deux. :)

@Dana Scully je comprends que tu sois en rogne, mais je pense que dire aux filles que les sciences sont pour elle c'est aussi en éveillant leur intérêt (donc en leur disant, tu vois, tu trouves ça passionnant, c'est que c'est aussi pour toi) et en leur montrant des exemples de femmes qui l'ont fait et qui expliquent où elles en sont maintenant.
Je comprends ta frustration, vraiment, mais je ne vois pas du tout en quoi ça s'oppose à cet appel à témoin ou à l'idée de raconter aux femmes à quel point elles aussi peuvent trouver la science passionnante.
 

J_Serpentine

Allez, ouste, va away petit bird !
@Dana Scully Je comprends bien que cela te mette en rogne et il y a de quoi !
Pour moi, raconter son parcours, montrer combien c'est passionnant, c'est aussi glisser le message que "j'aime et j'y arrive. Toi aussi tu peux t'y intéresser et y arriver !". :)
Il y a des tonnes de facteurs différents qui vont faire arrêter des jeunes femmes sur la voie des sciences mais la plupart de ces facteurs, notamment dans ceux que tu cites, on les retrouve aussi dans tous les domaines très masculins: la mécanique, l'armée, etc... Dans ce cas-là, l'article ne se limite plus à un appel "aux femmes scientifiques" (étudiantes, chercheures, ingénieures) mais à toutes les branches encore très masculines où les préjugés et le sexisme sont plus élevés que la moyenne et ne s'articule plus sur "raconte-moi ton parcours, peut-être que tu vas me donner envie de faire pareil, montre-moi comme tu y excelles et que, moi aussi, je peux le faire !" mais sur "comment explique-ton le manque de femmes dans tel ou tel domaine" :hesite: Et là... ben, c'est à la rédac de dire ce qu'elles attendent vraiment :)
(en vrai, je crois que je suis perdue dans la discussion :rire: :rire: )
 
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Reactions : Delah and Aguarà
@J_Serpentine Le problème c'est qu'on n'y arrive pas en fait :shifty:
:worthy::worthy::worthy::worthy::worthy::worthy::worthy::worthy:

Bon sinon, niveau vocations, à la fin de mon master, après avoir défendu un brillant bon mémoire, on m'a clairement dit "prends ton temps pour savoir si tu veux faire un doctorat ou pas". On m'a clairement parlé d'aimer le côté mettre les mains dans le cambouis, qu'il fallait aimer débugguer (si tu fais des simulations/analyses de données), faire et refaire des calculs à la con, etc. galérer, bref fallait aimer le côté artisan de la recherche et pas juste le produit fini (oui oui, un des superviseurs avait une métaphore filée sur la fabrication de meubles, mais c'est pas faux du tout).
Et perso, j'ai bossé quelques mois entre la fin de mon master et ma thèse et je me suis lancée parce que je savais que j'allais regretter de pas avoir essayé l'expérience de la thèse. Et je savais que ça allait pas être facile, que fallait apprendre à gérer l'impatience et la frustration. Et ben malgré ça, j'étais pas préparée à faire face à mes émotions. Parce qu'à côté de la frustration, il y a des choses très personnelles qui sont ressorties (rapport au fait d'être racisée, par rapport à mon identité, et la solitude de la recherche se mêlant à la solitude personnelle) et j'ai pas eu le choix que de faire face à ça. Et ça a beau être tout sauf de la science... bah sans l'expérience de la thèse, je n'aurais jamais dû m'y confronter aussi violemment. Et sans avoir "réglé" ça avec moi-même, je pouvais pas bosser (d'ailleurs je me soupçonne d'avoir été en épisode dépressif). De la même façon, il est impossible de séparer le sexisme de l'expérience de la recherche. Donc bon on hijacke malgré tout quand même le topic avec des expériences perso mais qui sont révêlatrices de pourquoi on n'y arrive pas :stare:
(et oui, on va aussi devoir parler des problèmes de santé mentale en recherche)
 
Dernière édition :
@Dana Scully Je suis d'accord avec toi mais le problème c'est que Madmoizelle ne peut pas régler le problème de la représentativité dans le corps enseignant. :dunno: Est-ce que parce que le magazine n'a pas la solution idéale qu'ils ne faut pas au moins essayer de donner un coup de pouce en représentant comme on peut des scientifiques femmes ?
(et oui on est vachement binaire et on ne parle pas des autres problèmes. D'ailleurs je pense que l'accès aux études des différents classes sociales est bien plus important que le sexisme dans l'université que j'ai fréquenté. Il y avait toujours plus de filles qui terminent leurs masters scientifiques que de personnes racisées...Mais c'est encore un autre débat)

@J_Serpentine Le problème c'est qu'on n'y arrive pas en fait :shifty:
Le message c'est que oui c'est passionnant quand on aime ça, mais qu'il ne fait pas se voiler la face et que "vivre son rêve" de faire de la recherche de façon non précaire ça ne tient pas qu'à la simple force de notre volonté. (et que même de façon précaire, se faire entendre, être reconnuE ect, ça demande beaucoup plus d'énergie que cela devrait... ) Et que tout ça à terme, ça rend la chose beaucoup moins passionnante.

Mais je suis aigrie. Amère ET aigrie.
Mais tu n'y arrive pas dans le cas précis de la recherche (dans le public j'imagine). Je ne dis pas que ce n'est pas un problème ; c'est une des grosses raisons pour laquelle je n'ai pas voulu faire de thèse...durant tout mon mémoire, j'ai vu mon promoteur se battre pour trouver des financement (et échouer, et donc devoir abandonner ses recherches pour aller faire autre chose dans une autre université...). BREF tout ça pour dire que c'est important d'en parler et que je n'essaie pas de minimiser du tout. Mais, à part si je me trompe sur la vocation de cet appel à témoin, le but n'est pas que de donner la parole uniquement à des chercheuses mais à des scientifiques en général. Donc tu n'y arrive pas mais j'espère que ce n'est pas le cas de la majorité des scientifiques tous métiers compris.
A titre personnel je pense qu'un article où les chercheuses évoquent à la fois ce qui les passionnent dans ce qu'elles étudient + les difficultés de la vie réelle serait très intéressant. Mais si vous ne voulez décourager personne alors soit. Il y a d'autres métiers dans la science qui méritent d'être exposés à des personnes qui se posent des questions sur ce que fait un scientifique. (déso si je m'enflamme un peu mais j'ai l'impression que derrière certains message -pas spécialement le tien-, certaines personnes disaient que publier un tel article n'avait pas de sens entre autre parce que la recherche c'est difficile).
 
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