« Vive l’EPS ! » se réjouit Blanquer, réveillant les traumas des cours de sport humiliants

Valou.

Per aspera ad astra
Ambassadrice de Ville
16 Décembre 2014
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Wow je ne pensais pas que l'EPS avait laissé de mauvais souvenirs à autant de monde, j'avais toujours l'impression d'être la dernière des (grosses, tant qu'à faire) quiches pendant ces cours. Y a clairement un problème de fond pour cette "matière".
Quand je pense que j'en venais à être soulagée d'avoir des soucis de santé pour être dispensée, bon tout est dit.
 
8 Février 2014
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@Juub : j'ai tellement le même ressenti que toi. L'EPS ne m'a servi à rien à part à me donner l'idée que le sport n'était pas pour moi. Et pourtant j'étais dans un collège assez bienveillant, je n'avais pas trop de problème avec les profs et les autres élèves. Mais quand même, au collège j'étais en surpoids, absolument pas souple et je n'avais jamais pratiqué de sport par moi même. Résultat, j'étais toujours choisie en dernier pour les sports collectifs et sur les sports individuels où il fallait "monter et descendre" selon les victoires / défaites, je traînais toujours au fond de la salle à enchaîner les défaites parce que je savais pas comment faire.

On m'a appris 0 notion de sport, 0 règle et surtout aucune motivation pour en faire parce que j'ai l'impression que je serais une éternelle nulle. Je n'ai commencé le sport que très tard bien après la fin de mes études et aujourd'hui j'adore ça et en plus je fais beaucoup de progrès. Si seulement j'avais pu être plus encouragée par cette période plutôt que de me traîner cette image "intello choisie en dernier au cours de basket parce que personne la veut dans son équipe" j'aurais peut être tenté beaucoup plus d'activités sportives plus tôt dans ma vie
 
2 Février 2021
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J'ai l'impression que pas mal de Madz ont de bons souvenirs des cours d'EPS de primaire.
Pour ma part, c'est vrai. Peut-être est-ce dû au fait que c'étaient nos instituteurs et institutrices qui nous faisaient cours ? J'ai de très bons souvenirs de partie de balles aux prisonniers, le saut de haie ( qui se terminait par des fous rires), la découverte du judo et la gymnastique.
J'ai eu la chance, au collège, d'avoir eu un professeur formidable. Ce prof nous classait selon les niveaux et passait son temps avec ceux qui avaient le niveau 0 pour bien leur expliquer et les aider.
 

Sylvestrum

Up and down, and that's how energy stays alive
12 Février 2015
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j'aimais pas les cours de sport, parce qu'il fallait se trimballer son sac de sport (souvent avec les baskets dedans) toute la journée (dans mon école il n'y avait pas de casier pour les élèves.

Et surtout, après le sport, fallait retourner en classe en puant, parce qu'il n'y avait pas de douche (après la piscine oui). Et le déodorant ne change pas grand chose quand on transpire beaucoup et qu'il fait chaud.

En dehors de ça, c'était pas tellement horrible. J'ai joué à un paquet de sport d'équipe sans rien connaître aux règles, sans avoir la moindre idée de comment manipuler les ballons, et le plus souvent sans jamais toucher un ballon, parce que je suis nulle et jamais à ma place sur un terrain.
Et pour la course à pied, on va courir une fois, puis le prof dit que la fois suivante ça sera l'évaluation. Donc si on sait bien courir ça va, et sinon tant pis, et jamais il n'y a de programme d'entrainement proposé pour s'améliorer.

Je me suis toujours demandée d'où sortait la cote dans le bulletin, parce que certaines années on n'avait jamais d'évaluation et je me suis déjà demandé si les profs savaient qui était qui.

Heureusement, je ne pense pas avoir été témoin ou victime d'humiliation en secondaire, et les profs étaient plutôt conscient du fait que le manque de moyen impactait pas mal les élèves. Le manque d'organisation aussi, vu la taille des groupes, et les déplacement à pied à travers la ville pour aller dans les différentes micro salles de sport + passage au vestiaires, ça laissait peu de temps au prof pour "donner cours"

en primaire par contre j'ai vu des horreurs (favoritisme, humiliations, comportements dangereux) et haï mes profs de gym de toutes mes forces. Par contre j'aimais bien les activités qu'on faisait

En secondaire, il y avait tellement peu de locaux-salles pour le sport dans notre ville, et 3 très grosses écoles secondaires, qu'ils devaient avoir recours à des trucs et astuces, c'est ainsi que j'ai eu des cours de Djembé dans les locaux de l'école de cirque, et des séances de bowling où l'école finançait une partie, ensuite on pouvait s'installer à une table et papoter / rattraper les devoirs pas faits, ou jouer plus mais en payant nous même.

Pour la natation, je me suis toujours demandé comment on pouvait espérer aimer la natation quand on est vingt personnes par couloir
 
27 Décembre 2017
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Metz
Au collège je me souviens de la différence de traitement entre les élèves pratiquant l'UNSS et les autres et clairement c'était très marqué.

Au lycée j'avais choisi un "packagé" de 3 sport pour éviter la piscine .

Enfin on devait toujours aller sur différentes infrastructures qui n'était pas au lycée. Les profs nous lâchaient en 10min avant la fin du cours mais entre le temps de change et le trajet on était pas a l'heure au cours d'après.
 
5 Février 2015
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Ile de France
Pareillement pour moi, j'ai le souvenir de n'avoir rien appris. Rien des règles des différents sports qu'on faisait (aujourd'hui encore mes connaissances en foot, par exemple, ça se limite à "il faut mettre la balle dans le but adverse" et "le penalty est un truc qui existe"), rien des mouvements corrects à faire, de comment s'améliorer ou s'entraîner... Ce n'était pas aux profs de nous enseigner ça, il faut croire :dunno: J'ai le souvenir d'avoir eu une prof qui a tenté de nous expliquer des choses, mais avec 30+ élèves par classe elle n'avait tout simplement pas le temps. Le mieux qu'on pouvait avoir c'était une démonstration (ce qui arrivait rarement), et ensuite on nous abandonnait à nos moyens. Et ce n'est pas les trois pires élèves de la classe qui vont réussir à s'enseigner les uns les autres les règles du ping-pong.

(J'ai moi aussi très vite laissé tomber. Refuser de travailler, et même sécher les cours, c'était moins difficile à vivre, ça me coûtait moins que participer. A partir du lycée je séchais les cours à répétition, et pas que ceux de l'EPS.)
 
23 Décembre 2012
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20anspasses.wordpress.com
Il y a plusieurs profs d'EPS passionnés dans ma famille et j'ai eu plusieurs profs pas mal au lycée, mais je trouve qu'il y a aussi pas mal de problèmes dans l'organisation de la discipline.
Je suis passée partiellement par la filière STAPS (qui forme massivement les futurs profs d'EPS) à la fac (en Master, parce que c'était en lien avec ma discipline qui n'était pas STAPS) et on étudiait le profil des profs de sport. Il y avait un truc qui m'avait marqué et qui recoupait pas mal mes propres observations, c'était que (à l'époque en tout cas), les femmes qui se retrouvaient en STAPS avaient tendance à adopter le point de vue "masculin" dominant, à vouloir se distinguer des autres femmes et donc à mépriser les jeunes filles "trop timorée" et "pas sportive". La culture de la filière STAPS avait des aspects géniaux et d'autres discutables, et c'est intéressant de les observer quand on sait que c'est là d'où viennent la majorité des profs de sport de l'école. Or, de mon côté, les profs qui m'ont donné le plus l'impression d'avoir du dédain pour moi pendant ma scolarité, c'était des femmes.
- En 6e, je me faisais harceler donc j'avais tendance à essayer de me faire la plus petite possible, et du coup ma prof d'EPS ne me supportait pas. A un des trimestres, on avait judo et la prof a soudainement décidé de me faire combattre une de mes harceleuses, qui était une redoublante et donc bien plus grande que moi et plus massive que moi, j'étais 90% sûre que la prof l'avait pas choisie au hasard, parce que cette meuf en plus arrêtait pas de se foutre de ma gueule ouvertement donc la prof avait bien dû le remarquer. Bref, j'avais vraiment l'impression de partir au casse-pipe sur le tapis a devoir lutté avec une nana baraque qui me déteste, mais ça a finalement bien tourné car au final, j'ai toujours eu une musculature assez puissante donc je me suis pas spécialement fait démonter par ma harceleuse et j'ai même senti qu'elle me respectait beaucoup plus après ça, parce que je lui avais super bien tenu tête. Mais clairement, ça m'a marquée que la prof nous fasse combattre toutes les deux avec tous les élèves en cercle qui nous regardaient. Franchement, quand j'y repense, c'est un peu n'importe quoi :yawn:
- J'avais aussi un niveau très avancé en natation que je pratiquais depuis la maternelle en club, j'étais vraiment super bonne, mais le seul truc où j'étais pas terrible, c'était que j'avais un peu peur au plongeon donc en général, je sautais en piquet ou alors je faisais pas bien mon plongeon, je me courbais trop et je me retrouvais à faire un salto :yawn: . La prof d'EPS (une femme encore) a décidé que je ne savais pas nager après m'avoir fait passer des tests. Je ne sais vraiment pas du tout pourquoi car c'était vraiment totalement objectif de dire que j'étais dans le top 3 des meilleurs nageurs de la classe! J'ai présumé que c'était peut-être à cause de mon plongeon, mais son choix de groupe était vraiment radical. Elle m'avait envoyée avec les élèves qui ne savaient pas DU TOUT nager et on restait dans le petit bassin à faire LE PETIT TRAIN. Je ne sais pas si cet exercice à un sens pour quelqu'un qui ne sait pas nager car même quand j'ai appris à nager, je ne me souviens pas avoir fait le petit train dans le petit bassin, mais en gros, on se tenait les uns les autres par les épaules et on devait avancer en sautillant dans le bassin, en mode "la chenille qui redémarre" pendant la moitié du cours. On avait déjà 12 ou 13 ans, c'était pas en première section de Maternelle... et personnellement, je trouvais la situation extrêmement humiliante. Surtout que ma meilleure amie, avec qui je partais souvent en vacances à la mer et qui était pas du tout à l'aise dans l'eau, à qui j'avais appris pas mal de trucs pour nager dans la mer, et qui n'avait vraiment pas un niveau ouf (genre elle savait nager la brasse et savait à peu près quels mouvements il faut pour le crawl mais ne s'y hasardais pas, alors que moi je maitrisais les 4 nages) bah elle était dans le groupe des nageurs avancés, preuve que le niveau avancé aurait pas dû être inaccessible pour moi!
J'ai eu cette prof d'EPS plusieurs fois dans ma scolarité, et je ne pense pas qu'elle me détestait, mais je pense qu'elle avait une opinion sur les "filles timorées irrécupérables" et que je lui inspirais ça. Parce que franchement, la natation ça a vraiment été de loin mon meilleur sport dans toute ma vie, et j'étais déjà très bonne à l'époque, je ne comprends pas du tout comment quelqu'un dont enseigner les pratiques sportives est la profession pouvait ne pas voir que mon niveau était supérieur à la moyenne et carrément penser que j'étais incapable de nager (surtout que les tests que j'avais dû passer bah... il fallait faire des longueurs en brasse et en crawl et j'avais évidemment pas coulé ou fait le petit chien, donc c'était impossible de se dire que je n'avais jamais appris à nager!).

Après, au lycée, j'ai commencé à plus apprécier le sport. Je trouvais que les profs tenaient plus compte de nos avis, nous témoignaient plus de respect et semblaient moins nous voir comme des incapables si on ne performait pas dans un sport.
Et puis aussi, un point important je trouve parce qu'on blâme beaucoup les profs mais la différence entre collège et lycée, c'est que les mecs avaient tendance à monopoliser le sport au collège et à bousculer les filles moins douées ou à les exclure, et ça se ressentait dans les cours (au volley, ils nous poussaient pour récupérer le ballon par exemple et dans les sports d'équipe, ils nous hurlaient dessus facilement - du coup, on était pas très investies car on se sentait pas bienvenues) alors qu'ils étaient beaucoup plus inclusifs au lycée.
Je me souviens que j'avais beaucoup aimé notre semestre foot en Seconde alors que j'étais incapable de viser la balle correctement quand j'essayais de shooter dedans :yawn: Mais j'avais découvert le plaisir de courir derrière le ballon et les adversaires, et de défendre son équipe sur un terrain de vraie taille, et même si j'étais incapable de récupérer le ballon, je me sentais beaucoup plus appartenir à l'équipe, comme si les mecs bons en foot acceptaient que mon job c'était juste de gêner l'adversaire en lui courant dessus et que nos compétences étaient complémentaires : bref chacun faisait à la hauteur de ses possibilités. Les mecs étaient beaucoup plus relax et tolérants à 15-16 ans si on ne choppait pas la balle au bon moment qu'à 13 ans.

Sinon, j'ai fait une large diversité de sports du primaire au lycée grâce à l'EPS et ça pour moi, c'est vraiment un point positif. Je regrette simplement que l'esprit des cours aient plus semblé être centré autour de valoriser ceux qui "se bougent" et "réussissent" que nous initier vraiment à la discipline. Par exemple, en mobilisant les bons pratiquants pour aider les novices à comprendre le sport (au collège, les bons pratiquants avaient plutôt tendance à bloquer les novices pour ne pas perdre si yavait une équipe). Et je regrette aussi que les élèves aient été bousculés plus que rassurés face à des sports stressants. Par exemple, moi qui suis avancée et natation et qui n'aimait mon corps des masses, j'aimais malgré tout les sessions piscine du collège : preuve que si on se sent à l'aise avec l'idée de nager et l'environnement piscine, les complexes et malaises adolescents peuvent devenir secondaires dans l'approche du cours. Mais il faut que les adultes encadrants le comprennent et agissent avec délicatesse plutôt que de secouer trop fort les élèves réticents.

Bref, pour moi au-delà des profs d'EPS qui sont beaucoup critiqués, je trouve que la manière dont ces cours sont pensés reflètent pas mal certains courants de la culture française qui trouve normal que des adultes imposent aux enfants une certaine gestion de leur corps en leur niant une certaine autonomie en la matière et qui prônent une éducation assez autoritaire et paternaliste.
 
2 Février 2021
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@MorganeGirly , Le sadisme et le manque de pédagogie de certains professeurs d'EPS ne viendraient t'ils pas du fait qu'ils n'avaient pas le niveau pour être des sportifs de haut niveaux ?
Je suis d'accord avec toi sur certaines professeurs d'EPS et encore, je pense qu'il s'agit d'une question de génération. L' une de mes seuls professeurs d'EPS bienveillant était proche de la retraite. Elle tenait beaucoup au respect et à la cohésion et venait avec nous sur le terrain.
Par contre, je préférais faire du sport avec les garçons, ayant, à cette époque, des soucis avec les filles de ma classe.
 
23 Décembre 2012
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Le sadisme et le manque de pédagogie de certains professeurs d'EPS ne viendraient t'ils pas du fait qu'ils n'avaient pas le niveau pour être des sportifs de haut niveaux ?
Non je ne suis pas d'accord avec ça. J'ai lu quelque part plus haut qu'une MadZ expliquait que les profs d'EPS sont ceux qui ont échoué à devenir des sportifs de haut niveau mais de mon expérience, ce n'est pas du tout vrai.
Les profs d'EPS de ma famille n'ont jamais voulu devenir sportif de haut niveau par exemple et c'est le cas d'énormément d'élèves de STAPS qui sont sportifs sans pour autant se considérer comme des prodiges du sport. En plus, il faut bien réaliser que le CAPEPS pour être prof d'EPS est extrêmement compétitif : il y a beaucoup plus de candidats au concours que de places disponibles, et le taux d'admission est inférieur à 15% (à titre de comparaison, le concours pour devenir prof de lettres ou de maths, c'est plus 50% de taux d'admission) donc en réalité beaucoup d'élèves VEULENT devenir profs d'EPS et passent le concours plusieurs fois pour y arriver. Ce ne sont pas du tout les rebuts du sport qui se retrouvent profs d'EPS (à vrai dire, contrairement à ce qui a été dit plus haut, c'est bien plus courant qu'un élève de STAPS se retrouve prof en club, plus accessible, parce qu'il a échoué au CAPSES un certain nombre de fois, qu'un prof d'EPS se retrouve prof d'EPS parce qu'il a échoué à devenir prof en club - certains profs d'EPS étant d'ailleurs profs en club pendant leur temps libre). En plus, la filière STAPS est une des plus adaptée au métier de prof puisqu'elle prévoit plusieurs modules de sciences de l'éducation dès la licence et que le élèves ont pour projet de devenir prof bien avant d'avoir terminé leur licence (alors que les licences maths et lettres ne sont pas spécialement orientées enseignement).
Par contre, c'est vrai que certains jeunes passionnés de sport peuvent avoir des désillusions. Ils s'inscrivent en STAPS car c'est la filière sport, réalisent que c'est beaucoup plus théorique qu'ils pensaient, et ils ne savent pas trop quels sont les débouchés en dehors de l'enseignement. Aussi, je pense que pour beaucoup de profs qui ont choisi STAPS et l'EPS par passion et qui ont baigné pendant plusieurs années dans un environnement hyper sportif et dynamique (parce que les études STAPS c'est aussi être avec plein de gens sportifs et curieux des autres sports), c'est un peu une grosse désillusion de se retrouver face à des élèves peu motivés par l'activité physique, des parents qui méprisent ta discipline et ne feraient jamais sécher les maths à leur gamin qui déteste les fractions mais n'hésitent pas à faire des dispenses pour l'athlétisme même sans véritable pathologie parce que le sport, c'est pas si important (je me souviens du tollé qu'il y avait eu dans mon lycée quand un prof d'EPS avait été nommé prof principal d'une classe de 3e et les parents ne comprenaient comme ce rôle pouvait être assumé par un prof d'EPS plutôt que par un prof d'une matière "sérieuse"). Et il y a aussi le fait que beaucoup d'élèves de STAPS et de profs d'EPS n'ont jamais été dans la position d'expérimenter le malaise en cours de sport ni entouré de gens mal à l'aise avec le sport, donc les réticences de élèves peuvent être difficiles à appréhender pour eux. Aussi, la manière dont les élèves vont vivre l'attitude d'un prof peu empathique en EPS va être différente de celle d'un prof peu empathique en maths ou en anglais, car l'attitude méprisante du prof d'anglais se fait alors qu'on est assis à un bureau et qu'on peut adopter une position relativement passive, ça touche à notre intellect. Le sport, ça touche à notre corps et on reçoit les réactions du prof dans un contexte où on peut difficilement se terrer dans une position passive : on peut se sentir en plus grande vulnérabilité et avoir l'impression de dévoiler plus de choses intimes.
Si on ajoute à ça un système scolaire qui prône l'élitisme plus que la progression individuelle et une culture française qui ne laisse pas vraiment le enfants être maîtres de leur corps tout en jugeant le sport peu important face à l'intellect donc seules les prouesses seront reconnues, mais on même temps on a un culte de la minceur qu'on refuse d'admettre, ce qui fait que les élèves pas dans les normes vont être jugés sévèrement si peu investis dans l'activité physique, ça impacte forcément l'organisation et la gestion des cours d'EPS.
 
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Dame de lotus

Chicons au gratin, et toi ?
29 Novembre 2015
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Ah la gym à l'école :cretin:

Y'a deux moments qui m'ont marquées à la gym (tous les deux en secondaire, avec la même prof) :

- L'acceptation des limites physiques : comme d'autres, je ne vois pas en relief (et je me suis abstenue de le mentionner parce que j'imagine ma prof aurait dit "c'est n'importe quoi") et j'ai un petit problème aux mains qui m'empêche de faire certaines choses. Comme le handball par exemple, ou le lancer du poids, bref des trucs plic-ploc. J'avais essayé de l'expliquer à ma prof, en lui disant "écoutez j'ai ça, je veux bien participer à tout mais y'a des trucs que je vais pas réussir à faire dans les règles de l'art, donc si ça ressemble à rien quand ça touche à ça, bah voilà, svp arrêtez de me dire que j'ai rien compris et de que je suis nulle". Elle a bien bien nié l'histoire, donc je suis retournée à l'école avec un mot de mon médecin spécialiste + un mot de mon papa. Elle a toujours bien bien nié l'histoire :lunette: . Mon papa a donc pris rendez-vous avec elle, rendez-vous auquel elle est arrivée en retard et a eu le culot de dire "oui bon dépêchez-vous, j'ai pas que ça à faire". Mon papa, qui avait pris congé juste pour aller lui causer, est devenu tout rouge et lui a expliqué le fond de sa pensée. Elle n'a strictement rien adapté et s'est juste contentée de faire comme si je n'existais pas pour le restant des cours :lunette:

- La cohérence et l'honnêteté : toujours avec la même prof, j'ai passé six mois avec un poignet dans le plâtre. D'habitude quand on a un pépin physique qui fait rater la gym, on est envoyé à l'étude et on fait un petit travail crétin. Mais comme six mois c'était un peu long, la prof m'a dit "bon bah tu viens, et tu arbitreras, tu participeras sans jouer". Bon très bien, j'arbitre, je range des trucs, bref je participe. Arrive la fin de l'année, et elle se ramène comme une fleur en me disant "et alors il est où ton travail ?". Moi "bein vous aviez pas de travail, vu que de toute façon j'étais pas à l'étude mais en cours de gym". "Ah non non non non" Je suis un peu têtue, je continue à dire non, plein de petits camarades en sports-études me proposent des trucs qu'ils ont déjà faits et que je pourrais lui donner sans devoir rien faire, mais je suis têtue, c'est la première fois qu'un prof me ment de façon aussi éhontée. Plein de petits camarades en parlent à l'éducateur, parce qu'ils sont d'accord avec moi, blabla, rien n'y fait. Mon papa, têtu lui aussi, prend rendez-vous avec la directrice, hop on y va. La directrice "oui bon, c'est un peu compliqué comme histoire, mais vous savez, je peux pas aller à l'encontre de la prof, donc voilà, allez c'est rien, rends un travail et tout rentrera dans l'ordre, c'est le plus simple" :lol:
J'ai jamais rendu de travail, j'ai eu zéro, j'étais en échec à l'année, c'est passé en conseil de classe, et j'ai pas eu mon prix de latin à cause de cet échec (que ma prof de latin n'a du coup donné à personne, mais expliquez-moi le rapport entre le latin et le cours de gym ?).

Et vous voulez savoir la bonne blague ? Pendant que la prof clamait sur tous les toits que de toute façon, j'aimais pas le sport...je faisais environ 6h de sport par semaine :lunette: . J'ai toujours fait du sport en-dehors de l'école, en club, mais c'est clairement pas grâce à l'école.
 
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Patacha

Spooky evil pussycat
6 Juillet 2017
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Alala ne pas avoir de vision binoculaire, donc faire de la merde à tous les sports de ballons et de type badminton (VOUS N'ETES PAS SEULS ! :crying:) et ne jamais le mentionner aux profs faute de savoir à quel point ça pouvait avoir un impact...

Faire de la figuration au dernier terrain avec 2-3 potes résignées et se faire surnommer les plantes vertes ou les mémés par le prof, subir le sexisme des mecs, se faire choisir en dernier... Se faire râler dessus car on arrive pas à courir alors qu'on a des douleurs de règles... :lunette:
 
21 Juin 2020
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Je rejoins la (longue) liste des détestations de l'EPS. J'avais tiré le doublé gagnant plus jeune que les autres + puberté tardive, j'ai eu ma poussée de croissance en fin de 1re puis Terminale, donc inutile de dire qu'avant ça j'avais un désavantage physique très net qui s'est entre autres traduit par une peur du ballon en sports collectifs. Bah oui, quand tu as mal en essayant de le rattraper parce que les autres le lancent beaucoup plus fort que toi, ça n'aide pas forcément à apprécier la beauté du jeu :cretin:

Ca aurait pu aller si je n'avais pas également eu droit tout mon lycée au même prof, qui avait compris que l'EPS était perçu par une partie des élèves comme l'occasion rêvée d'enfin voir les premiers de la classe se ridiculiser en public, et en jouait un tantinet.

Il y avait un sport où j'étais vaguement dans la moyenne au lieu d'être dernière ou avant-dernière, c'était la course d'endurance. Rien de fou niveau vitesse hein, mais je tenais les fameuses 30 minutes en fin de trimestre sans trop de difficulté. Le jour où des filles de ma classe de 2nde se sont mises à râler en disant "gnuhu MÊME MUSARAIGNE elle réussit mieux que nous", le prof leur a dit de ne pas s'inquiéter car c'était car je n'avais pas encore atteint la puberté. Aujourd'hui encore je ne vois toujours pas quel est le fichu rapport, et il s'avère que même après la puberté - et de l'entraînement - je me débrouille plutôt bien dans ce domaine, merci (je prépare mon 4e marathon). Ca me met encore en colère aujourd'hui.

Comme pour beaucoup d'entre vous ça a laissé des traces. J'ai été persuadée d'être nulle en sport, et incapable d'en faire, jusqu'à 6-7 ans après le lycée - et de manière générale j'ai eu tendance à considérer mon corps comme un "boulet", un truc maladroit et faible que je devais traîner partout, et ça s'est longtemps ressenti sur la manière dont je le traitais.
 
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