L'automutilation : témoignage et éclairage psychologique

Sujet dans 'Réactions aux articles' lancé par Justine_, le 3 mars 2014.

  1. Justine_

    Justine_
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    Membre de l'équipe

  2. Shatzy Shell

    Shatzy Shell
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    "L'obscénité de l'antithèse humaine, c'est de chercher en vain à perturber les éclats du genre, d'entreprendre, d'exacerber les miracles de l'entre-deux." Nan en vrai ça veut rien dire, mais je trouvais pas de citation, alors j'en ai inventé une. 

    J'ai trouvé l'article très bien, merci à @Justine_ et à la personne qui a témoigné. :fleur:

    Par contre, j'ai été un peu gênée par les photos, certaines sont quand même assez "crues" et je me demande si c'est une bonne chose que des gens qui souffrent de cette "addiction" soit confrontés à ces images, d'autant qu'elles arrivent au fur et à mesure du texte donc on ne peut pas vraiment les éviter à la lecture de l'article. :erf:

    EDIT : Je sais que ce n'est pas évident d'illustrer un article sur ce sujet, mais pourquoi ne pas inclure des dessins comme ceux que faisait @Timtimsia ?

    Sinon vous pourriez peut-être ajouter les CMP dans la liste à la fin ? :)
     
    #2 Shatzy Shell, 3 mars 2014
    Dernière édition: 3 mars 2014
    Adios Badmoizelle, JulieYuki et Rocksteady ont BigUpé ce message.
  3. Mamy Chouette

    Mamy Chouette
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    Only good can come from porter ses couilles.

    J'ai pleuré d'un bout à l'autre de l'article. Parce que j'ai connu ça, parce que même si ça fait bien trois mois que j'ai pas touché à mon couteau je me bats encore avec moi-même pour me retenir quand quelque chose ne va pas.
    Tout ce qui est décrit dans l'article est vrai, en tout cas j'ai exactement les mêmes symptômes : besoin d'exprimer quelque chose, personne à qui parler (parce que j'aurai trop honte d'avouer mes faiblesses, pas parce que personne ne m'écouterai), prise de contrôle et surtout, surtout, la douleur physique qui prend le pas sur la douleur psychologique. Je me rappelle d'un jour où j'avais bu et un ami a vu l'état de mon bras (c'était un jour de crise), et quand il m'a demandé pourquoi j'ai répondu "parce que quand j'ai mal là (en montrant mon bras) j'ai pas mal là (en montrant ma poitrine)". Sa réponse ? "C'est ridicule. T'as passé l'âge de l'ado suicidaire et dépressive". J'ai jamais pu oublier. Le lendemain je me suis acharnée et j'avais encore plus honte qu'avant. Pourtant, ce n'est pas grâce à lui que j'ai arrêté, loin de là.

    Merci Mademoizelle d'avoir écrit ce témoignage. Parce que toutes les personnes concernées ont besoin de quelqu'un comme toi pour en parler. Merci d'avoir réussi à le faire, parce que je sais à quel point c'est dur :fleur:

    Et à toutes les mademoizelles qui le font ou l'ont fait, je vous fais des câlins virtuels énormes. On est plus fortes que ça et on peut, on va s'en sortir ! :hugs:
     
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  4. Etoile d-araignée

    Etoile d-araignée
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    Je suis la descendante des sorcières qu’on n’a pas réussi à brûler. Nous existons encore.

    Bon, cet avis n'engage que moi, mais je trouve les photos de l'article sont dérangeante, et concrètement, je pense qu'elles n'apportent rien.

    Personnellement, elles me mettent très mal à l'aise, elles me rappellent des mauvais souvenirs, c'est des images que je veux pas voir.
    Alors, soit, rien ne m'oblige à lire cet article, si je ne veux pas voir ça, je n'ai qu'a partir.
    Mais c'est dommage, parce qu'un article intelligent sur le sujet, c'est rare, et que ça me serait bien utile d'avoir quelques explications, pour mieux comprendre ce qui est aussi une part de mon histoire, et celle de pas mal de mes proches.

    Donc, je vais le lire, mais en serrant les dents, parce que, même si je veux mieux comprendre, ces illustrations me retourne l'estomac. Et c'est idiot, parce que c'est pas le but, je pense, que les lectrices se sentent mal devant l'article.

    Je raconte pas ça pour le plaisir de critiquer :happy:. Je me permet de le signaler, parce que je pense qu'on sera plusieurs dans ce cas. Et, je me répète, je pense pas que ces photos apportent quelque chose.

    (Des photos métaphorique aurait peut-être été un bon compromis. Par exemple :
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    Mais je trouve ça vraiment bien de faire un article construit sur le sujet, ceci dit, donc merci pour ça :fleur:
     
    Adios Badmoizelle, Elz, JulieYuki et 1 autre membre ont BigUpé ce message.
  5. Lullabulle

    Lullabulle
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    Merci beaucoup, beaucoup pour cet article! Vous ne pouvez pas savoir comme il me bouleverse et en même temps me fait du bien!
    J'ai pleuré en lisant, mais cela ne m'a pas fait de mal, au contraire!
    Adolescente, entre mes 16 et mes 19 ans, je m'automutilais. C'était l'une des manifestations d'un mal-être plus profond mais c'était bien là... Je me reconnais dans cet article -en ayant bien sûr conscience que chaque vécu est différent, que chaque blessure est unique aussi.
    Il y a cette douleur qu'on a à l'intérieur de soi, cette impression d'étouffement, cette tristesse indéfinissable, de souffrance que rien n'éteint jamais. Sauf "ça". Sauf la douleur qu'on se donne. Quand je me blessais (je n'aime pas trop non plus ce terme d'automutilation), j'avais l'impression de contrôler ce qui me faisait mal et m'échappais. Quand je me blessais la douleur de l'intérieur semblait s'échapper par celle de l’extérieur. Et au fil du temps, c'est quelque chose qui devient addictif. cela soulage de moins en moins, alors il faut en faire toujours plus. Avoir toujours plus mal, se faire mal plus souvent. Comme la madz qui témoigne, les cutters, les compas, les couteaux étaient des objets qui m'attiraient, des amis, des planches de salut. Et puis, il y a aussi eu les canettes de soda découpées, les morceaux de verre. Plus j'avais besoin de me faire du mal, plus le moyen employé était violent... Et tout comme le témoignage l'exprime, pour moi aussi ce trouble allait de pair avec d'autres souffrances, d'autres comportements "à risques"... J'ai eu la chance au milieu de tout ça, d'avoir un entourage merveilleux et d'être suivi par un psychiatre qui m'a sauvé la vie. Littéralement.
    Vraiment merci pour cet article. Il me fait tant de bien. C'est difficile de parler de cela, on en parle très peu, trop peu. Et on se sent souvent très seul avec ça. Aujourd'hui, je vais bien, et c'est derrière moi. Il n'en reste pas moins que c'est quelque chose qui marque à vie et qui n'est pas facile à évoquer. Alors savoir que d'autres l'ont vécu, pouvoir en parler, ça fait tellement tellement de bien!
    Merci. Du fond du coeur.:top:


    ps: personnellement les images malgré leur côté cru ne me dérange pas. C'est douloureux mais elles ont aussi un effet "coup de poing" qui "réveillent". Mais ça n'engage que moi.
     
    Biousse a BigUpé ce message
  6. Ceinwèn

    Ceinwèn
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    Mélange instable

    C'est vraiment un très bel article, bien construit.
    Il mériterait vraiment de tourner plus pour que tous puisse être au courant et que les autres sachent comment réagir à ce genre de chose.
    Ce n'est facile ni d'un côté ni de l'autre et quant on s'en rend compte on est souvent démuni.
    Félicitations également à la MadZ qui a eu le courage de témoigner.
     
  7. black-crystal

    black-crystal
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    Complètement paumée Guest

    Merci pour cet article... Je ne suis pas concernée et ne l'ai jamais été, mais j'aurais pu l'être si je n'avais pas rencontré ma meilleure amie à qui j'ai pu tout confier.
    Les seules blessures que je m'inflige sont, quand je ne me sens vraiment pas bien, des morsures ou des piqûres de compas. Je ne le fais pas jusqu'au sang, mais c'est vrai que quand on ne peut pas extérioriser la douleur psychologique, se faire mal physiquement marche bien...

    J'ai connu des gens qui s'automutilaient au collège (mais à l'époque, dans mon collège c'était une sorte de mode :stare:  donc je n'ai pas eu conscience du véritable problème derrière). Mais après j'ai lu une fanfiction HP (Green eyes sublime, pour ceux qui connaissent) qui m'a donné un gros coup de poing et m'a dégoûté de cette pratique et de ceux qui le faisaient juste pour la mode... Alors que c'est une véritable maladie...

    Donc merci pour cet article intéressant, et je souhaite un gros courage à ceux et celles qui traversent ça... Vous avez tout mon soutien télépathique :hugs:
     
  8. Mircea Austen

    Mircea Austen
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    Il croyait savoir, il ne savait pas qu'il croyait.

    La douleur de ces personnes privées de tout refuge et de toute échappatoire, de tout lieu d'expression autre, de tout regard ami, me prend à la gorge.

    Pour en venir à se scarifier il faut atteindre un niveau tel de …. solitude ? Faire couler son propre sang volontairement n'a jamais rien d'anodin, qu'il s'agisse d'un tatouage, d'auto-blessure ou de n'importe quoi d'autre, d'une pratique ritualisé/artistique ou bien purement mutilatoire ça a toujours un sens profond, je ne comprends pas que certains les méprisent en parlant de simple passade adolescente.

    Parallèlement je me souviens de certaines qui voulaient faire leurs intéressantes et qui après une passade végétarienne (mais le droit au mac do), religieuse, puis émo finissait par se tracer des lignes blanches au compas et à parler de scarification. Oh, je ne les critique pas tant que ça, attirer l'attention sur soi c'est quelque chose de banal quand on est collégienne, je trouve juste ça dommage pour celles qui se taisent et planque leur bras sous des bracelet ou sous la table de voir leur mal tourné en quasi dérision.

    Encore un sujet pour lequel un peu de prévention scolaire ne ferait pas de mal.
     
  9. Bored-Girl

    Bored-Girl
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    If you're hotter than me, does it mean I am cooler than you ?

    Je me suis énormément reconnue dans les témoignages. Je n'avais pas vraiment repensé à cette partie de mon passé depuis longtemps. Pour moi, ça a été très jeune dans mon adolescence. De mes 12/13 ans à la fin de mes 14 ans. J'ai eu beaucoup de chance de m'en être sortie rapidement, et d'avoir rencontré une personne formidable avec des cicatrices énormes sur le bras qui s'en était elle-même sortie à l'aide d'une psy et m'a conseillée et guider. Je crois que le déclic s'est fait quand elle m'a expliqué que ce n'était pas une solution et que j'ai compris qu'elle avait raison...

    Je souhaite à tous ceux et celles qui se sont empêtrer dans ce genre de douleur de pouvoir s'en sortir :)
     
  10. Hell Odi

    Hell Odi
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    J'ai également trouvé les photos dérangeantes!

    L'article était vraiment très intéressant. Par le biais de mon métier, je prenais en charge des personnes "s'autoblessant" et j'essayais d'être dans l'empathie, d'être à l'écoute mais je ne pense pas avoir toujours eu les bons mots. :puppyeyes:
    Grâce à l'article, je me sens plus "armée" pour pouvoir accompagner des personnes dans cette situation.
     
  11. Ragarù Senseï

    Ragarù Senseï
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    Merci pour cet article, vraiment.
    Autant l'article que les photos m'ont renvoyé à une partie de mon passé que j'essaye d'enfouir bêtement au lieu de l'assumer.
    Voir la photo des cuisses sur l'article m'a fait prendre conscience que je n'étais pas seule à avoir souffert comme cela et savoir qu'on est pas seule ca fait toujours du bien.
    Je comprends que cela puisse être dérangeant pour certaines, mais pour d'autres, cela fait du bien d'un certain côté.

    J'aurai aimé trouvé une place comme ce forum à cette douloureuse époque ca m'aurait aidée à avancer plus vite.
     
  12. Ryun

    Ryun
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    Merci MadmoiZelle pour cet article...

    Je me suis reconnue dans ce témoignage. Je me suis "autoblessée" lorsque j'étais plus jeune. Il me semble avoir commencé vers l'âge de 11ans, du passage de la 6ème à la 5ème, et je ne me suis arrêtée qu'en seconde. Ca a commencé par des grattages compulsifs quand j'ai eu des problèmes de rejet, de moqueries et de violences au collège (ce qu'on appelle maintenant "harcèlement scolaire"). Je me grattais jusqu'au sang, et me brulait la peau sur les bras et les jambes. Puis ça a été l'escalade: compas, bouts de verre, cutter, lame de rasoir...

    Au début quand je le faisais avec mes ongles c'était plutôt de façon inconsciente, je le faisais à la récré ou en cours en me répétant de ne pas pleurer devant ceux qui me rejetaient. Et puis c'est devenue une manière de me "punir". Une manière d'extérioriser, d'avoir le contrôle, de m'énerver contre moi-même en me faisant mal.
    Tout comme ce qui est très bien décrit dans l'article.

    Merci énormément d'expliquer aussi bien en prenant différents avis ce qu'est l'automutilation. J'ai lu énormément de conneries là dessus, de critiques, de moqueries, et ça fait mal de lire ce genre de chose, de voir qu'on est incompris et moqués. Au collège c'est également devenue une mode pour certaines qui se pavanaient et montraient leurs bras à tout le monde. Ca me faisait mal de voir ma propre douleur tournée ainsi en dérision. Même si moi aussi j'aurai aimé pouvoir le montrer pour attirer l'attention je ne l'ai jamais fait car j'avais honte. Je cachais tout ce que je me faisais. Et quand je voyais des personnes qui souffraient plus que moi, j'avais honte et je me faisais encore plus mal peut être pour légitimer ma propre souffrance.

    Encore maintenant je crois que les personnes qui sont au courant ne remplissent pas les doigts d'une main, et ne m'en parlent jamais.
    J'ai réussi à arrêter avec beaucoup de volonté et en me plongeant dans l'écriture afin de m'empêcher de recommencer. Le problème est que cela ne suffit pas. Bien que j'aille "mieux" (je pense), je me rend compte que je n'ai fais que déplacer le problème, changer de méthode d'autoblessure.

    Je ne sais pas comment ont fait les madmoiZelles atteintes de ce trouble pour totalement arrêter. Aujourd'hui j'ai 20ans passés, et je ne peux m'empêcher de me faire du mal par d'autres moyens. Je m'arrache les cheveux par poignées jusqu'à avoir le cuir chevelu qui brûle, me gratte compulsivement  bras et cuisses, passe des heures à me triturer le visage et le corps pour enlever toutes les imperfections (quitte à empirer la situation), crises de boulimie... et j'ai beaucoup de "tocs"... je ne sais pas comment m'en sortir, je n'arrive pas à en parler... et je suis toujours mal...

    En tout cas merci à madmoiZelle pour cette section "témoignages" qui nous aide à "poser des mots sur nos maux". Avec le recul je me rend compte de plein de choses, que je ne suis pas la seule, que ce que j'ai a un nom. J'aurai aimé pouvoir lire ce genre de témoignages plus jeune.
     
    #12 Ryun, 3 mars 2014
    Dernière édition: 3 mars 2014
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