Dire qu'il y a un mois je marchais toute seule dans Paris et si heureuse car je me disais vouloir vivre dans cette ville. J'ai toujours étais un peu amoureuse de Paris, j'avais envie de vivre la vie parisienne, la culture, tous ces musées gratuits, j'étais aux anges durant deux jours. Il y a des victimes qui ont le même prénom que moi... Même tranche d'âge...
Quand il se passe des choses comme ça je me dis toujours "putain j'aurais dû être docteur mais trop nulle en maths... Peut être que je peux faire policier encore, ou pompier et sauver des vies, et pourquoi pas psychologue pour aider les familles, ça aussi c'est utile."
Là je fais des illustrations et du droit. J'ai vu qu'il y avait des masters de sécurité défense internationale. Peut être que ça c'est plus pour moi...
J'ai toujours voulu sauver le monde depuis que je suis gosse. Si seulement...
J'aurais bien aimé avoir les capacités d'être médecin aussi...Bon, je suis devenue éducatrice.
Et du coup, je m'interroge énormément. Et je suis révoltée aussi. Parce que si on avait les moyens de faire correctement notre boulot, si on sucrait pas les subventions pour les équipes de prévention spécialisée...Je dis pas qu'on sauverait le monde et qu'on éviterait tout ça. Mais on pourrait montrer à tous ces jeunes qu'il existe une autre voie, qu'il y a des gens qui peuvent leur offrir un avenir autrement qu'en s'endoctrinant, on leur offrirait un discours qui pourrait contrebalancer tous ces connards...et sûrement qu'on en sauverait quelques uns. Mais non, il faut juste plus de policiers et de répressions. Moi, j'aimerais qu'on en arrive à moins de drames et de répression, juste parce que la prévention aura pu se faire.
Très vite après le drame, j'ai pensé à tous ces jeunes pomés avec lesquels j'ai bossé, qui n'ont plus foi en rien, qui ont une vision manichéenne du monde, qui n'ont aucune projection possible sur leur avenir...Et j'ai très, très peur pour eux...
. Et la presentatrice, qui habite le 11eme, a qualifié son quartier de Boboland. C'etait dit tres gentillement comme un constat agreable. Sur le coup ça m'a fait sourire. Et d'un coup, je me suis sentie tres mal. J'ai realisé qu'il y a 10 ans c'etait mon quartier, que j'abitais vraiment à quelques rues de tous les leiux. C'etait il y a 10 ans, ça a surement beaucoup changé depuis. Mais je me rappelle ce quartier plein de vie, des joies et des drames qui se deroulaient sur les terrasses du trottoire d'en face, des gens que je devais pousser un peu pour acceder à ma porte le samedi soir parceque les bars debordaient, des theatres à une station de metro, du chinois qui cottoyait le kebab qui cottoyait le resto aveyronnais, de la mixité... J'aimais mon quartier! Je me suis toujours dit que j'amenerais Mr Lilliy visiter mon coin un jour. Que si nous avions habité Paris, nous aurions vecu dans ce quartier, parceque c'est ce genre de quartiers qu'on aime et qu'on recherche dans notre ville.



Tu as pensé à aller voir une cellule de soutien psychologique (je sais plus si c'est le terme exact mais tu vois ce que je veux dire) ? Je comprends que tu veuilles penser à autre chose mais peut-être qu'il faut que tu te laisse le temps de pouvoir en parler, extérioriser tout ça.
. Je te comprends sur le fait que les mots à l'écrit semblent si faibles et si lointains. Et même si ce que tu as dis est "banal", pour la personne qui les reçoit, ça compte. Ca montre qu'elle est entourée et pas seule dans son chagrin, que des gens pensent à elle et lui envoient de l'amour. Ca compte énormément ça.