Commentaires sur Crise des enseignants : l’Éducation nationale est-elle en roue libre ?

30 Janvier 2009
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Lille
Le souci des mutations c'est qu'elles ne sont pas du tout précises. Genre il y a plusieurs départements où on aimerait vivre, mais le souci c'est que d'abord tu demandes une mutation à l'inter (à l'échelle de la région) et ensuite seulement à l'intra (à l'échelle du département).
Ca veut dire que si jamais tu veux le Lot parce que c'est la campagne sans rien autour et que tu rêves de ça, il faudra d'abord que tu demandes l'académie de Toulouse. Puis ensuite quand tu as l'académie, il faudra demander le Lot. Hors il peut ne pas y avoir de place disponible dans le Lot avant plusieurs années parce qu'il n'y a que très peu d'établissements et donc te retrouver ailleurs sur l'académie (genre centre-ville de Toulouse, tout ce que tu détestes).
Il est impossible de dire au rectorat: je voudrais le Lot, la Creuse et la Corrèze, dès qu'il y a un poste accessible avec mon nombre de point je le prends, en attendant je reste où je suis.

L'autre souci c'est que les profs ne bougent plus de leur établissement une fois en place dans le secteur qu'ils recherchent car s'ils demandent leur mutation pour un autre établissement (pour changer de collègues, de population), ils ne savent pas où ils seront mutés (parce que si on demande un établissement précis on n'a que le minimum de point, alors que si on demande sur un secteur, on a plus de point) et si ça ne leur plait pas s'ils pourront de nouveau bouger par la suite.
Ce qui fait que des profs qui n'aiment plus leur direction, leurs élèves, leurs collègues restent là, par peur qu'ailleurs ça soit pire et qu'ils doivent y rester jusqu'à la fin de leur carrière.
Une solution serait de faire comme les principals et proviseurs: obligation de tourner toutes les x années sur les établissements d'un secteur donné d'une taille raisonnable (mais bon en ce moment la taille raisonnable pour l'EN ça peut être deux établissements sur deux départements différents)
 

LRD

27 Août 2016
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@Aelianaaa Non mais encore heureux qu'on soit payé 1400 boules (de mon temps c'était 1300) parce que l'année de stage n'en a que le nom: la première année, tu es prof comme les autres. Et pardon, mais moi ça me fait quand même mal au *** de n'être même pas à 2000 euros après 8 ans de carrière. Et en région parisienne ça permet tout juste de joindre les deux bouts.
 
M

Membre supprimé 363057

Guest
Quand tu es stagiaire tu es à l'échelon 1, tu es prof. On ne peut pas les ignorer. Et la comparaison continue au long de la carrière.
Et si: le ministre a bien précisé 2000 euros pour les débutants et potentiellement 10% pour les milieux de carrière ( a partir de l'échelon 7 donc) mais rien de sûr. Donc il n'y aura rien

Certes, mais je voulais mettre en avant que dans toutes les professions, quand tu as l'étiquette stagiaire, cela est synonyme de mal payé, ce n'est pas limité aux seuls professeurs. J'ai déjà vu des juristes accepter des stages à Paris payés en dessous de 1000 euros juste pour avoir une expérience sur le CV ...
 
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Réactions : Little_Kiwi
26 Septembre 2012
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Certes, mais je voulais mettre en avant que dans toutes les professions, quand tu as l'étiquette stagiaire, cela est synonyme de mal payé, ce n'est pas limité aux seuls professeurs. J'ai déjà vu des juristes accepter des stages à Paris payés en dessous de 1000 euros juste pour avoir une expérience sur le CV ...
Est ce que ces stagiaires gèrent les dossiers seuls? Vont plaider seuls au tribunal ?
 
M

Membre supprimé 363057

Guest
Est ce que ces stagiaires gèrent les dossiers seuls? Vont plaider seuls au tribunal ?

Les juristes ne plaident pas au tribunal, ce sont les avocats. :cretin:
Et oui, la plupart du temps les avocats embauchent des stagiaires pour faire le sale boulot en toute autonomie. Précisément car cela coute beaucoup moins cher qu'un CDD/CDI.
Certains ont même l'indécence de rémunérer au minimum légal, soit environ 600e, même en région parisienne ...
Bref, du reste ne t'inquiète pas, j'ai bien conscience que la rémunération est un gros problème, et c'est d'ailleurs ce point combiné aux conditions de travail qui m'ont toujours faite placer le professorat tout en bas de ma liste d'aspirations professionnelles, entre l'armée et la police. :P
 
5 Août 2021
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@Aelianaaa L'année de stagiairisation dans la fonction publique c'est différent des stages de formation.

On forme pas les futur fonctionnaires à faire le taf. On vérifie qu'il le font et de la manière désirée.

Pour les professeurs c'est particulier parce-qu'en réalité ils n'ont plus de stages avant leur année de stagiairisation (corrigez-moi si je me trompe).
Je crois qu'il y a un système de tutorat mais c'est juste un collègue plus expérimenté avec qui le "T1" peut échanger.
En comparaison dans mon travail, lorsque j'ai un stagiaire: je me renseigne sur ce qu'il a appris à l'école (à la fois sur le plan théorique et pratique), je le forme en lui montrant puis en l'accompagnant, je l'évalue, et après si tout va bien je peux le laisser en autonomie sur cette "tâche" et encore en vérifiant derrière.
Alors que le professeur qui a sa classe la première année il est seul dans la classe (il doit gérer la préparation des cours, les cours, la gestion des élèves, les parents... tout quoi).

Sinon en plus des salaires, des conditions de travail et de la taille des classes qui posent problème, j'ai jamais compris la taille des collèges en soit. Franchement plus de 1000 ados au même endroit, qui se retrouvent majoritairement entre eux, faut pas s'étonner qu'il y ait des incivilités.

Encore plus quand les élèves cumulent d'autres difficultés: souffrent de précarité, vivent dans des zones violentes, ont parfois des familles défaillantes ou impuissantes, et ont souvent problèmes de santé et d'apprentissages mal suivis. A cela on ajoute la difficulté d'avoir eu des des professeurs moins expérimentés, et de multiples remplaçants, depuis déjà 8 ans (c'est pas une critique des profs qui y peuvent rien).

Je comprend l'idée de rassembler les ressources au même endroit mais le pendant c'est qu'on rassemble également les problèmes au même endroit. Un microcosme de 1000 ados c'est 1000 fois plus complexe qu'un microcosme de 300.
Pour donner un exemple:
- 3 CPE dans un collège de 1000, même en se répartissant les niveaux, ils peuvent se retrouver à gérer 1 élève d'un niveau qu'ils ont pas et doivent donc connaître en théorie 1000 élèves différents.
- 1 CPE dans un collège de 300 ils doit se familiariser avec 300 élèves, avec en réalité une petite centaine qui arrive et qui part chaque année donc ça parait plus faisable.
Pareil pour le suivi des élèves dans les différents niveaux: avec moins de profs et moins d'élèves les suivis sont plus facile à mettre en place.

@Camility Jane Juste pour rebondir un peu sur cette partie de ton message: "34 gamins par classe en lycée n'est pas un problème s'ils ne sont pas accrochés à leurs téléphones ou à vouloir jouer à tester les limites".

Je suis (en partie) d'accord: il y a des conséquences à l'éducation donnée par les parents. Là où je suis moins d'accord c'est l'idée sous entendue que les soucis de comportement serait uniquement dû à cette éducation.

Les lycéens n'ont pas que l'éducation des parents. Ils ont aussi passé un temps non négligeable de leur vie en milieu scolaire. Le comportement à avoir en classe et dans l'établissement, la "posture d'élève" ce sont des choses que les enfants apprennent à l'école. Les parents peuvent passer derrière, guider, expliquer, sanctionner mais ils peuvent pas gérer des situations auxquels ils n'assistent pas.

Honnêtement on laisse les élèves, dès la sixième, livrés à eux même hors des cours, sous la houlette de quelques personnes qui sont là uniquement pour sanctionner les débordements. C'est une socialisation par âge et peu de contact avec des adultes (et contact sous le joug de l'autorité: les profs évaluent les élèves et les CPE et surveillants sanctionnent les comportements). A un âge où on est particulièrement bête et grégaire. Si on les laisse entre eux, faut pas s'étonner après que leurs centres d’intérêt se limite aux réseaux sociaux, aux jeux vidéo et mauvaises influences qu'ils ramènent de dehors (drogue, violence).

Après on a d'un côté les profs se plaignent du comportement des élèves et de l'autre les parents se plaignent que leurs enfants apprennent des gros mots à l'école, des jeux violents en récré, les tannent pour avoir des vêtements de marque et un portable, pour être comme les autres... C'est un peu facile de dire que c'est aux parents de tenir bon: ils veulent pas que leur gamin se fasse ostraciser parce-qu'il sera le dernier du collège sans smartphone.

La socialisation influence souvent plus le comportement d'un élève que l'éducation qu'il a reçu.
L'image ça serait un plan de classe, mais à l'échelle de l'établissement. Lorsqu'une classe est, relativement calme et bosseuse le plan de classe n'est pas nécessaire. Mais lorsqu'une classe est agitées, avec des élèves qui bavardes et des perturbateurs, le plan de classe permet de séparer les perturbateurs et de limiter les bavardages.
Donc en gros qu'est-ce qu'on met en place au sein de l'école (collège, lycée) pour limiter les points négatifs de la socialisation entre pairs?

On en revient à l'idée d'établissement plus petit, avec moins d'adultes différents, plus de repères et plus de faciliter à changer des choses.


Pour revenir à l'article, un métier sous payés dans lequel on te dit "tu vas en chier sévère, tu vas travailler dans des conditions indignes et tu pourras avoir des conditions normales de travail, là où tu veux travailler, seulement au bout de 15 ans". Sérieux, qui s'étonne qu'il manque du monde?
C'est pas normal qu'il existe un tel niveau d'incivilités dans certains établissements scolaires et c'est pas normal qu'on se préoccupe plus de trouver des personnes à mettre devant les élèves, pour prétendre à un enseignement, que de travailler sur le véritable problème. Les établissements en rep sont devenus des "no man land" de la république où on sont banalisées les insultes et la violence. C'est pas normal. Ni pour les personnes qui y travaillent ni pour les enfants qu'on y envoie.

(Désolée pour ce pavé, j'espère qu'il sera bien compris. Surtout le message n'était pas de dire "c'est de la faute du prof" mais une réflexion sur un système global. Peut-être que je suis complètement à l'ouest, j'avoue volontiers me baser uniquement sur mon vécu d'élève et sur quelques expériences une fois adulte.)
 
30 Septembre 2021
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@Bloem pour corriger aussi, certains des profs stagiaires ont quand même fait des stages en immersion avant. En fait, ça dépend énormément du parcours. La réforme des concours tend à encourager les stages (elle présente d'autres problèmes, mais ce n'est pas la question), et les étudiants en master MEEF (métiers de l'éducation) ont normalement des stages d'observation dans leur cursus.
Cela étant dit, on peut très bien se retrouver devant une classe en n'ayant jamais fait de stage avant. C'est le cas de la majorité des personnes en reconversion par exemple.
 
22 Janvier 2013
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@Laverne Mais dans les établissements ni REP ni REP+, le problème pour moi est bien l'irrespect des gamins (et des parents qui croient les bobards que racontent leurs enfants). Pour moi avoir 34 gamins par classe en lycée n'est pas un problème s'ils ne sont pas accrochés à leurs téléphones ou à vouloir jouer à tester les limites. Bref, s'ils sont capables d'écouter un adulte parler. Mais pour ça il aurait fallu que les parents respectent les recommandations des médecins sur l'accès aux écrans des enfants, et pour ça il faut être courageux...
Soit.
Disons qu'on pourrait avoir 34 ados dans une classe de lycée si tou.te.s les lycéen.ne.s étaient là de leur plein gré, en ayant choisi la voie générale parce qu'illes ont une vraie motivation à faire des études derrières, avec la promesse d'une vraie valorisation de leur parcours dans le monde du travail, c'est à dire la garantie qu'illes auront un emploi, et que celui-ci sera plus intéressant, agréable et mieux payé que ceux qu'on trouve après un bac pro (déjà là je crois que tout le monde est en train de se tordre de rire...); que tou.te.s arrivaient avec un niveau équivalent, personne n'aurait de lacunes demandant une attention particulière des profs, ni de troubles de l'apprentissage, ni de traumatismes ou de handicaps. Et que tou.te.s les élèves soient prêt.e.s à rester patiemment à écouter quand c'est le tour d'un.e autre camarade de prendre la parole, parce qu'illes passent assez de temps dehors à se défouler pendant leur temps libre et qu'aucun.e d'entre eux n'a été sur-stimulé.e et habitué.e à avoir le nez sur un écran au premier signe d'ennui parce que "comme ça, iel se tient tranquille".

Ou bien on pourrait limiter les classes à 21 élèves.

Laquelle de ces solutions semble le plus facilement accessible?

Les ados sont comme illes sont, le monde est comme il est, la société est comme elle est, qu'on le veuille ou non il faut faire avec...
(edit: le reste est parti)
 
Dernière édition :
27 Avril 2018
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Je me reconnais bien dans la catégorie "ces profs qui ont explosé en vol, ont fait un brun-out et/ou une dépression et songent à quitter le navire". J'ai été catapultée à l'autre bout de la France pour mon année de stage deux semaines avant la rentrée (on adore) mais j'ai passé une excellente année parce que ma tutrice était géniale et surtout parce que covid oblige on avait beaucoup moins d'élèves et que les cours de l'INSPE étaient en distanciel. Par contre, l'année d'après on m'a envoyée en région parisienne, donc re déménagement, dans un établissement plutôt calme mais avec une direction désastreuse, un chef harceleur, bref j'ai tenu un mois avant de m'effondrer et j'ai été arrêtée. Là je viens de reprendre, à mi-temps thérapeutique dans une nouvelle académie et laissez moi vous dire qu'outre les difficultés financières avec mes trois déménagements successifs et mon passage à demi traitement parce que le conseil des médecins n'a pas lu mon dossier de demande de congé longue malade, je ne suis en réalité pas du tout remise.

J'ai repris mercredi et j'ai eu droit à une bonne culpabilisation de la part de mon chef parce que je suis à mi-temps et que le rectorat (au courant depuis 4 mois quand même) n'a pas trouvé quelqu'un pour compléter mon service. J'ai donc fait 2 grosses crises d'angoisse en 2 jours. Ajoutons à cela que je suis professeur documentaliste ce qui fait qu'à temps plein je suis 30h sur établissement (et 6h pour les relations extérieures) contrairement à mes autres collègues, que je vois tous les niveaux et que je dois me battre pour avoir du budget, des projets, des heures de cours, mais également ne pas être une annexe de la permanence, tout ça pour un salaire minable (et la prime informatique je m'assois dessus parce qu'apparemment je ne suis pas devant élèves d'après le ministère) et un poste d'une fatiguabilité extrême. Je mets au défi ceux qui disent qu'on a trop de vacances de se taper des ados 30h par semaine et d'être capables de vivre à côté.

En bref, je me tâte à demander mon détachement dans un autre ministère comme l'a fait un ex collègue. J'aurais des horaires de bureau, un salaire décent et la possibilité d'être en télétravail une partie de la semaine et donc d'être au calme. Je n'en peux plus de la maltraitance institutionnelle et du fait qu'on se faire littéralement cracher dessus par le gouvernement, les médias et les gens. Certes j'aime mes élèves, je trouve du sens à ce métier, mais là on est vendredi soir, je suis roulée en boule sur mon canapé et je me demande si ça vaut bien la peine de pleurer et d'être aussi mal alors que la rentrée vient de commencer.

Navrée pour le pavé césar, mais il faut bien que ça sorte :crying:
 
26 Septembre 2012
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@Moony Moomin :hugs:
Et à ce qui a été dit et reproché, j'ajoute la volonté des décideurs/du ministère de ne pas voir le problème, voire de l'aggraver. Il a été avoué et assumé de supprimer les postes, et, récemment, de favoriser les contractuels ( faut les "fidéliser") aux détriments des titulaires, notamment TZR. Là, la rentrée est épouvantable, mais on a la Première Ministre et le Ministre de l'EN qui répètent non stop que tout va pour le mieux. Plus près de moi, il y a quelques années, lors d'une formation, une collègue a exprimé à l'inspectrice présente tous les dysfonctionnements liés à la réforme récente, espérant que ça remonte; l'inspectrice lui a dit TEXTO qu'elle était "une ronchon" que personne ne devait aimer car elle se plaindrait non stop.
A un moment, faut arrêter de foutre le problème sous le tapis quoi
 

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