@AprilMayJune Ta remarque est très intéressante. En fait c'est pour ça aussi que je mettais cette comparaison entre guillemets, comme un trait d'humour, mais en y repensant c'est vrai qu'elle n'est pas hyper adaptée. Donc la "fessée" verbale est à prendre avec des pincettes

je continue à penser que certaines féministes utilisent des termes comme #notallmen pour punir / humilier et mettre fin à la discussion, un peu comme une fessée, mais effectivement le sujet qui reçoit cette "punition" n'est pas le même. On devrait pouvoir attendre plus de rationalité et de maturité de la part d'hommes adultes que d'enfants, c'est clair.
Et je comprends aussi l'idée qu'on n'a pas à les éduquer et que c'est à eux de le faire puisqu'ils en ont les moyens (même si je trouve ça utopique).
Mais j'ai l'impression que tu te trompes sur mes intentions en pensant que je souhaite "materner" les hommes. De ma part, il s'agit davantage d'un calcul politique : je pense qu'il est difficile pour des personnes en situation de privilège de 1) s'en rendre compte, de 2) agir d'eux-mêmes pour s'en débarrasser alors que ça les avantage. C'est pour ça qu'à mon avis les féministes ont un rôle d'éducation qui est indispensable ; ce serait utopique d'attendre que les hommes se prennent par la main tout seuls et décident d'en finir avec le sexisme, alors que globalement le système les avantage (même s'ils auraient aussi à y gagner en vivant dans un monde moins sexiste). Et je ne vois pas par quelle "magie" on espère faire avancer les choses en parlant uniquement avec les femmes et personnes oppressées

Les hommes représenteront toujours la moitié de la population, et qu'on le veuille ou non, on continuera à vivre avec eux. Or ce sont eux qui commettent encore la majorité des actes oppressifs envers les femmes (tels que les viols et les féminicides). Donc c'est bien eux qu'il faut éduquer en priorité (je ne vois pas quel autre terme utiliser) si on veut limiter ces problèmes, parce qu'en prêchant des convaincu.es et en ne parlant de féminisme qu'aux femmes on ferme la porte à ceux qui ont le plus besoin de changer

Et c'est bien de parler aux femmes de féminisme, mais par exemple sur les questions de viol on est les premiers/premières à dire que parler aux filles de comment s'en protéger ça va 5 min, à un moment il faut commencer à apprendre aux garçons à ne pas violer. Pour moi c'est là qu'est le plus gros du combat.
Du coup je suis d'avis qu'il faut parler de tous ces problèmes, les dénoncer, mais sans pour autant braquer les personnes avec qui nous devons travailler pour que ça n'arrive plus. Si on joue la carte du "eux contre nous" on ne fait que stigmatiser et renforcer les incompréhensions mutuelles, la "guerre" entre hommes et femmes. Pour moi on devrait plutôt dépasser ça, façon "les allié.es (hommes, femmes, peu importe) contre la minorité de connards qui oppressent les autres" ("connards" qui peuvent très bien être des femmes aussi !)
Voilà pourquoi je trouve qu'on doit éviter de braquer les autres. Parce que ça me semble plus productif et intelligent, et parce qu'au lieu de les voir comme des ennemi.es, je les vois comme de potentiel.les futur.es allié.es.
Par contre je trouve que tu n'as pas tort, l'éducation ne suffit pas toujours et des fois il faut des revendications plus "musclées". Mais je serais d'avis qu'on ne perde jamais de vue l'idée que le dialogue peut désamorcer des situations difficiles et changer les mentalités. Peut-être qu'il faut des deux en complémentarité, alors. En évitant autant que possible de sombrer dans le mépris et le refus d'échanger (donc le trolling me semble toujours relativement inutile, je pense qu'on gagnerait à s'en passer).
EDIT :
@AFRO INSOLENTE Oui je vois ce que tu veux dire, mais là je ne parle pas forcément des gros trolls qui vont dire des choses inacceptables et oppressives, plutôt des mecs cis qui essaient d'exprimer leur avis et qui se font rembarrer de façon trollesque. Je pense qu'on peut accepter de la maladresse de la part des gens sans leur tomber dessus (du moment qu'on ne parle pas d'inepties totales hein), histoire de les faire réfléchir. Parce qu'à trop dégainer les #notallmen on peut braquer des gens qui auraient pu se remettre en question.
Mais bon de toute façon tu n'as pas le même point de vue sur "l'éducation" (ce que je peux comprendre) alors tu ne dois pas voir l'intérêt de ne pas braquer des hommes cis. Moi ça me dérange parce que je pense qu'on ne peut pas faire de progrès durables dans le féminisme si on n'implique pas la moitié de la population, et qu'on se renverra toujours les mêmes problèmes d'une génération à une autre si on ne fait pas un gros travail d'éducation. Mais ce n'est que mon avis
