J'ai fait une fausse couche — Témoignage

7 Juin 2014
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Il vient de m'arriver à peu près la même chose, si ce n'est que ma gyneco m'a envoyée direct aux urgences Paule de Viguier (Toulouse) et que tous les medecins et infirmières que j'ai croisé etaient sympas (je vais pas leur faire un big up car ct qd meme pas la fun cette histoire ms qd meme, merci). Pas de fausse note ou de mots déplacés, même si selon ce qu'ils disent à chaque etape, c'est +/- rassurant ou au contraire flippant pour la suite, mais bon... Finalement, l'intervention me faisait flipper un max et ça a été la partie la plus facile à gérer. On verra pr la suite... De mon côté, j'ai juste hâte que ca remarche et qu'il n'y ait pas de souci pour pouvoir laisser ça (un peu) derrière nous. Bon courage à toutes celles qui passent par là. Pour ma part, après le 1er shoot de Cytotec, je suis d'accord, ct pas du tt comme des grosses règles, plutôt un truc bien trashos pendant 2h, et l'impression de pondre des oeufs toutes les 15minutes...
 
22 Octobre 2012
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Toulouse
Je n'ai pas vécu cette épreuve et j'espère que je ne la vivrais jamais, mais je tenais à vous faire à toutes d'énormes bisous qui donnent du courage. <3
 
23 Janvier 2010
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Toulouse
delicateetdesinvolte.blogspot.fr
C'est pas vraiment mon histoire, mais celle de ma maman.
On était déjà deux, deux filles. Elle en voulait une troisième. Ou un troisième, bien qu'elle avait une préférence pour les filles.
Elle a accusé coup sur coup fauche couche et mort né. Puis finalement, 5 ans après moi, 3 ans après ma soeur, mon frère est arrivé.
J'étais trop petite pour savoir à quel point ça a pu être dur. J'imagine même pas les questions qu'on a pu poser, nous, avec ma soeur. Je n'en ai aucun souvenir.
Ce que je sais, par contre, c'est que des fois elle en parle. Rapidement. Surtout quand mon frère fait des siennes. Elle le dit sous forme de blague "et dire que je t'ai voulu toi". Et quand on la connait bien, on sent quelque chose dans sa voix et on peut deviner ses yeux s'humidifier. Je sais qu'elle en garde quelque chose qui fait mal. Et en même temps, quelque chose de beau. Elle parle parfois de ses 5 grossesses (surtout quand elle râle à propos de son poids) et hésite pas à raconter à quel point elle a aimé être enceinte. Il y a toujours un brin d'amour pour ces enfants perdus, et c'est, je crois, ce qui est le plus beau.
 
B

blue-is-the-warmest-colour

Guest
Ce témoignage est magnifique, félicitation pour avoir réussi à en parler. Je sais qu'il date, j'espère qu'aujourd'hui, tu as pu t'en remettre.
Je suis choquée de voir la façon dont tu décris la réaction des médecins, c'est un réel manque d'humanité que de faire comme si ce qui se passait dans ton corps n'était qu'une chose normale, genre "chacun sa merde, c'est pas si grave, moi mon chien a la grippe, c'est bien pire". Je suis à peine majeure, et je n'ai pas dans l'idée du tout de devenir mère un jour, et pourtant je peux tellement imaginer la douleur psychologique que tu as du subir.
Qu'il ait été un embryon, qu'il soit arrivé à terme ou qu'il n'ait été qu'une idée, un enfant est un enfant, c'est ton corps que tu allais offrir, et la déchirure que tu as du avoir me semble insoutenable.
Tu as beaucoup de courage, j'espère que tu as eu le courage de continuer jusqu'ici.
Un gros, énorme Big Up pour toi, tu le mérites :bouquet:
 
14 Juillet 2014
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Merci pour ce témoignage poignant. Cela n'a pas du être facile de coucher sur papier ce que tu as vécu.
Il y a 7 mois, j'ai vécu la même chose. 8 semaines de grossesse et un oeuf clair. Il a donc fallu faire partir ce bébé (qui n'en était pas vraiment un finalement).
Heureusement, j'ai été bien entourée par le personnel médical de l'hopital et par ma gynécologue. Entre-temps, j'ai encore fait une fausse couche à 3 semaines.
Je ne suis toujours pas enceinte et c'est maintenant que j'ai mon contre coup. Je pense avoir bien géré le départ de cet oeuf clair fin 2013. Mais en ce mi-juillet, date à laquelle j'aurais du accoucher, c'est extrêmement difficile.
Difficile car personne ne peut réellement comprendre ce que c'est que de vivre ça. Mon mari me soutient comme il le peut mais comment un homme peut-il vraiment comprendre?
Je lui ai fait lire ce témoignage, à mes amies proches aussi d'ailleurs, parce qu'il exprime très bien ce que je ressens.
Je me sens aussi moins seule depuis que je l'ai lu.
Merci une fois de plus pour ce témoignage poignant et j'espère que, comme toi, j'aurais la chance d'attendre un heureux évènement après ces quelques mois de galère.
 
1 Juillet 2014
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Brest
Merci pour ce témoignage bouleversant. Comme de nombreuses MadZ, j'imaginais la souffrance psychologique engendrée par une fausse couche, mais je suis profondément choquée par la réaction et le manque de professionnalisme du corps médical. Ces gens-là sont censés être formés à la psychologie, plus que quiconque ils devraient faire preuve d'empathie et de compassion. J'ai lu cet article il y a deux semaines environ, et il m'a beaucoup fait réfléchir les jours suivants. Peut-être est-ce du à ma naïveté, je pensais réellement que les médecins/infirmiers etc. se souciaient des patients. Après, c'est sûr qu'il ne faut pas faire de généralités non plus, mais si cela marche à la roulette russe, c'est vraiment injuste. Pourquoi certaines femmes devraient mieux vivre leur fausse couche que d'autres ?

De plus, je n'imaginais pas non plus qu'une fausse couche pouvait durer un mois... Cela rend l'épreuve encore plus terrifiante, et j'espère n'avoir jamais à endurer la perte d'un enfant. Je crois que perdre un enfant, que ce soit pendant la grossesse, à la naissance, ou plus tard, est la douleur la plus insupportable qui soit. J'ai malheureusement été témoin de la souffrance de ma mamie lorsqu'elle a perdu un de ses fils, et ses pleurs étaient déchirants, tellement douloureux qu'ils résonnent encore en moi.

Je suis assez étonnée de certains commentaires dans lesquels il est dit que la perte d'un enfant lors d'une grossesse n'est "rien" comparée à celle d'un enfant qui a vécu. Cela ne sert à rien de hiérarchiser les souffrances, et c'est très condescendant de minimiser celles des autres. Cela me touche particulièrement quand tu justifies ton deuil face à l'incompréhension de tes proches, car oui, il s'agissait bien d'un enfant réel. Je trouve que dans cette petite phrase; "je porte le deuil d’une vie rêvée", tu résumes merveilleusement ce que représente la perte d'un enfant, et c'est tristement beau. Merci pour cette belle leçon de courage. Je te souhaite le meilleur, tu le mérites.
 
Dernière édition :
23 Mars 2014
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Je te trouve très courageuse d'avoir pu mettre des mots sur ce que tu viens de vivre, et ton témoignage m'a beaucoup touché... les commentaires, pour certains, m'ont tout aussi émue et m'ont presque tiré des larmes... (si je n'avais pas été au travail et si je n'avais pas tellement pleuré ces dernières semaines, les larmes auraient coulé à n'en plus finir !)

Je me sens d'autant plus concernée car, tout comme toi, j'ai vécu récemment une fausse couche. Le contexte était très différent, c'était un "accident" pour résumer ce qu'il s'est passé, mais quand j'ai su que j'étais enceinte, j'ai été heureuse comme c'est pas permis !!! Puis, les jours suivant, j'ai été prise de doute (je venais de rompre quand j'ai su que j'étais enceinte), je ne savais pas quoi faire, continuer ou pas... bref... toujours est-il que j'ai passé 2 échos (je n'expliquerai pas pourquoi 2 mais voilà) et à la deuxième, la gynéco m'a annoncé que l'absence d'activité cardiaque et l'hématome qu'on voyait étaient signes d'une fausse couche...

J'ai été dévastée, perdue, je souffrais comme jamais je n'ai souffert, et surtout, je n'étais pas soutenue comme il l'aurait fallu, non pas par le corps médical mais par ma famille... Mon ex, lui, a été très présent, certains amis, potes plus ou moins proches... eux, bien plus que mes proches...

Au final, la gynéco m'a laissé le choix : les médicaments ou l'intervention. J'ai choisi la deuxième solution car contrairement à toi, je ne me voyais pas voir, sentir,  chaque jour, la perte de cet enfant... Je me suis dit (à moins que la fausse couche ne se déclenche naturellement durant la semaine avant l'intervention) que je ne "vivrais" ça durement, physiquement, qu'un jour et après, ce sera derrière moi...
J'ai eu la chance ne pas avoir saigné avant l'intervention, et le jour J, le personnel soignant a été adorable avec moi. La nuit précédente j'avais aussi pris du Cytotec, et j'ai cru "mourir", tant la douleur physique et psychologique, conjuguées, étaient insoutenables... En arrivant le matin, et jusqu'à ce que je sois anesthésiée, je n'ai fais que pleurer (les larmes me montent de nouveau aux yeux en écrivant ces mots)... A mon réveil, de nouveau les larmes, mais j'ai fini par me calmer. Une fois de plus, mon ex était là, à mes côtés, les infirmières, le brancardier, tout le monde était gentil avec moi...
Quant à ma famille, je n'ai pas pu compter sur elle... Ce sont eux qui minimisé les choses je pense... et je leur en veux toujours autant...
J'espère ne jamais revivre ça et je ne le souhaite à aucune femme. Plus que la douleur physique, c'est toute la dimension psychologique qui m'a le plus atteinte et même si maintenant ça fait 15 jours que j'ai eu cette intervention, que je vais mieux moralement, je me rends compte qu'en fait, mon coeur n'est toujours pas guéri et que ça prendra du temps... beaucoup de temps...
L'autre différence avec toi, c'est que je ne cherche pas à essayer d'être de nouveau enceinte, pour l'instant du moins, donc j'avance "plus vite", mais je sais qu'à la date présumée de l'accouchement, je me sentirais mal... voir les femmes enceintes (dont ma collègue), les rayons bébés, les pub, toussa, toussa, ça me fait mal mais bon... je n'ai pas le choix que d'avancer...
Dans tous les cas, je souhaite un bon courage à toutes celles qui ont vécu ça, et mes voeux vont vers vous, pour que votre rêve d'être maman puisse se réaliser pleinement !!!! <3
 
22 Novembre 2011
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Bollène
Un peu plus d'un an après avoir écrit ce témoignage, je reviens vous donner quelques nouvelles...

Ma thérapie m'a énormément aidée à passer ce cap difficile.J'ai pu exprimer ma douleur, m'autoriser à la ressentir, vivre pleinement ce deuil. Au mois de décembre l'année dernière, il y a eu une journée "clé". C'était au repas de Noël, dans la famille de mon compagnon. Son cousin nous a annoncé qu'il allait avoir un bébé. Nous nous sommes alors isolés, tous les deux, et là, pour la première fois nous avons vraiment partagé notre douleur, en pleurant ensemble. Ce moment m'a permis de tourner la page, ça a été un déclic. Et pour lui aussi : c'est à partir de là qu'il s'est autorisé à exprimer sa propre douleur.

3 semaines plus tard, nous découvrions... que j'étais à nouveau enceinte ! Un bébé prévu pour septembre, dont nous ne voulions pas savoir le sexe. Là aussi, l'accompagnement de mon thérapeute a été essentiel pour tenter de vivre sereinement cette nouvelle grossesse. Lors de la toute première écho, à 8 semaines, nous avons fondu en larmes en entendant son petit coeur battre... Mon compagnon m'a dit "Là, je réalise ce que nous avons perdu. Son coeur à lui n'avait jamais battu..." Nous sommes restés un peu anxieux tant que le fameux cap des 3 mois n'était pas passé.

Au mois de mars, j'ai commencé à avoir des contractions assez douloureuses, que j'ai mises sur le compte d'un long trajet en voiture. Mais elles ne s'arrêtaient pas. Au bout de 10 jours, ma sage-femme m'a conseillé d'aller faire une échographie à l'hôpital. Nous avons été reçu par un sage-femme un peu psy sur les bords, qui, après m'avoir examinée et conclu que tout allait bien, m'a parlé de ma fausse couche, et m'a demandé à quelle date cette première grossesse aurait dû arriver à terme.
"Le 22 mars."
"A quelle date vous avez commencé à avoir des contractions ?"
"Le 22 mars..."
Il n'a rien ajouté, tout était dit. Et les contractions se sont estompées...

J'ai vécu le reste de cette grossesse assez sereinement, malgré les avertissements des médecins concernant mon rythme de vie. En effet, je faisais, 2 fois par semaine, des trajets de plus de 6h aller-retours pour aller travailler, mon métier lui-même (prof en lycée) étant générateur de stress et m'obligeant à être debout toute la journée. Pour eux, cela représentait une menace d'accouchement prématuré. Mais pas assez menaçant, cependant, pour m'arrêter, ce qui mettait mon compagnon en colère : "Ils te font flipper en te disant que ton rythme de vie est dangereux pour le bébé, mais ils ne font rien pour que tu puisses te reposer, c'est idiot !" Malgré tout, la grossesse s'est bien passée, j'ai travaillé jusqu'à la fin de l'année scolaire, et j'ai passé mon concours, que j'ai réussi haut la main ! Ensuite, j'ai pu bénéficier de 2 mois et demi de congé pré-natal, grâce aux vacances scolaires... Un des avantages de l'Education Nationale ! J'ai donc pu rester tranquille chez moi, souffrir tranquillement de la chaleur comme toute femme enceinte en été, et préparer mon petit nid douillet. J'ai vraiment très bien vécu cette fin de grossesse.

Il faut tout de même que je vous raconte un autre événement en lien avec ma fausse couche. Un soir, au mois d'août, mon compagnon et moi nous nous sommes engueulés. Nous étions tous les deux sur les nerfs, mal dans notre peau, et ça a pété, nous qui n'élevons jamais la voix et sommes plutôt d'un tempérament très calmes et posés. J'ai eu envie de pleurer toute la soirée, il est allé se coucher et je suis restée un peu au salon. Et puis, j'ai regardé la date. Nous étions le 20 août, date à laquelle j'avais fait ma fausse couche médicamenteuse, seule chez moi, un an plus tôt...

Près d'un mois plus tard, j'accouchais d'une magnifique petite fille, née à terme le 19 septembre à 1h37 du matin, avec le visage tourné vers le ciel. Au milieu du tourbillon d'émotions de la naissance, une pensée à la fois triste et belle m'a traversée : elle regarde vers le ciel celui qui aurait pu être son grand frère.

Notre fille a fêté ses 3 mois la semaine dernière, et tout va bien. Vraiment. Nous n'avons pas oublié, mais c'est grâce à cette épreuve qu'elle nous charme de ses sourires et de ses "areuh". Alors j'envoie beaucoup de courage, de force et de réconfort à toutes celles qui ont traversé cela, ou qui le traverseront.

J'ai reçu quelques témoignages en message privé, j'ai suivi quelques parcours, et ce que je peux vous dire, c'est qu'on peut s'en remettre. On n'oublie jamais, mais on s'en remet, et on arrive à être pleinement heureux. Courage !
 

Pochemuchka-Lilou

anciennement Lilou la licorne
31 Octobre 2014
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J'avais déjà pleuré en lisant l'article une première fois, je viens de re-craquer en le lisant avant d'attaquer la mise à jour... :tears:
Je suis sincèrement ravie pour la Madz (et pour toutes celles qui arrivent à surmonter ça, comme elle). Son histoire est très touchante. Les histoires de dates me font halluciner, le corps et l'esprit nous surprendrons toujours je crois.
Merci vraiment d'être revenue en parler :fleur:, ça fait du bien aussi de lire la face plus lumineuse de ton histoire. Et félicitations bien sûr pour la naissance de ta fille :bouquet:.
 

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