kettu-water-fox;3962716 a dit :
Je rejoins @wildgrass sur le terme écrivain.

Ce débat me rappelle un peu celui que j'avais eu sur un autre forum, à savoir une minette qui cousait (mal) trois bouts de tissus pour en faire une robe droite se prétendait styliste. Moi qui suis diplômée de stylisme et qui n'ai pas encore eu la chance de bosser dans le milieu je n'ose même pas me nommer ainsi du coup ça m'avait foutu en rogne.

Mais aujourd'hui c'est un peu la mode de se donner des qualifications professionnelles quand on est un simple amateur. Combien voit-on de pseudo photographes qui ne le sont en vérité que parce qu'ils ont eu les moyens de se payer un appareil ultra sophistiqué? Combien croise-t-on de filles qui se prétendent maquilleuses parce qu'elles ont toute la collection des pinceaux mac? Combien d'alternative models? Combien de pseudo stylistes? Combien de poètes du dimanche?

Je ne critique pas le fait de pratiquer ces activités en amateur mais j'ai l'impression que beaucoup de gens ont une prétention et un ego sur dimensionné et qu'un peu d'humilité de ne leur feraient pas de mal à eux à la profession qu'ils croient exercer.
J'avoue que je ne comprends pas bien l'aigreur de ces propos... Des tocards prétendent être ce qu'ils ne sont pas ? Et alors ?
Pas plus tard qu'hier j'ai encore croisé aux Halles une meuf persuadée de bien chanter en train de massacrer consciensieusement Edith Piaf. Il y aura toujours des gens pour donner 3 piécettes et les autres pour accélérer le pas, je vois pas bien le problème si elle se définit comme chanteuse.
Ce que je veux dire c'est que oui, beaucoup de gens se déclarent un peu vite spécialistes de telle ou telle discipline, mais croire que la plupart des gens ne sait pas faire la différence entre un tocard et un spécialiste c'est faire preuve de bien peu de confiance. Chacun sa démarche et son parcours mais dédaigner à quelqu'un le droit de s'appeler Ecrivain ou autre juste parce qu'il n'a pas fait le parcours que l'on s'est fixé, ça manque un peu de recul non ?

Perso je suis consultante, des mauvais consultants qui font tout au plus du suivi de planning j'en croise beaucoup, mais je ne leur en veux pas de se faire appeler consultant :) je laisse au client le soin de faire la part des choses, et ils la font tout naturellement. Je sens que le parallèle va hérisser : c'était une boutade de fin pas de panique. Peace...
 
joulic;3963671 a dit :
kettu-water-fox;3962716 a dit :
Je rejoins @wildgrass sur le terme écrivain.

Ce débat me rappelle un peu celui que j'avais eu sur un autre forum, à savoir une minette qui cousait (mal) trois bouts de tissus pour en faire une robe droite se prétendait styliste. Moi qui suis diplômée de stylisme et qui n'ai pas encore eu la chance de bosser dans le milieu je n'ose même pas me nommer ainsi du coup ça m'avait foutu en rogne.

Mais aujourd'hui c'est un peu la mode de se donner des qualifications professionnelles quand on est un simple amateur. Combien voit-on de pseudo photographes qui ne le sont en vérité que parce qu'ils ont eu les moyens de se payer un appareil ultra sophistiqué? Combien croise-t-on de filles qui se prétendent maquilleuses parce qu'elles ont toute la collection des pinceaux mac? Combien d'alternative models? Combien de pseudo stylistes? Combien de poètes du dimanche?

Je ne critique pas le fait de pratiquer ces activités en amateur mais j'ai l'impression que beaucoup de gens ont une prétention et un ego sur dimensionné et qu'un peu d'humilité de ne leur feraient pas de mal à eux à la profession qu'ils croient exercer.
J'avoue que je ne comprends pas bien l'aigreur de ces propos... Des tocards prétendent être ce qu'ils ne sont pas ? Et alors ?
Pas plus tard qu'hier j'ai encore croisé aux Halles une meuf persuadée de bien chanter en train de massacrer consciensieusement Edith Piaf. Il y aura toujours des gens pour donner 3 piécettes et les autres pour accélérer le pas, je vois pas bien le problème si elle se définit comme chanteuse.
Ce que je veux dire c'est que oui, beaucoup de gens se déclarent un peu vite spécialistes de telle ou telle discipline, mais croire que la plupart des gens ne sait pas faire la différence entre un tocard et un spécialiste c'est faire preuve de bien peu de confiance. Chacun sa démarche et son parcours mais dédaigner à quelqu'un le droit de s'appeler Ecrivain ou autre juste parce qu'il n'a pas fait le parcours que l'on s'est fixé, ça manque un peu de recul non ?

Perso je suis consultante, des mauvais consultants qui font tout au plus du suivi de planning j'en croise beaucoup, mais je ne leur en veux pas de se faire appeler consultant :) je laisse au client le soin de faire la part des choses, et ils la font tout naturellement. Je sens que le parallèle va hérisser : c'était une boutade de fin pas de panique. Peace...
Eh bien personnellement ça me gène beaucoup quand une fille , sous prétexte qu'elle lit grazia toutes les semaines, se prétend styliste.
Ça veut dire quoi? Que les études que j'ai faites, tous les efforts que j'ai fournis ne servaient à rien?

Tu dis que la plupart des gens savent faire la part des choses, je suis assez sceptique sur ce point. Surtout concernant les métier artistiques qui sont vite taxés de métiers de branleurs.
Voilà pourquoi on s'offusque sûrement plus q'un électricien ou un plombier qui croise un collègue incompétent.

Les métiers artistiques, on leur accorde déjà peu de crédit alors si en plus des amateurs (qui on le droit de l'être encore une fois) se prétendent pro, je te raconte pas le carnage.
 
Plusieurs choses me tracassent.

La première : être écrivain serait un métier.
Petit rappel : 98 % des auteurs publiés ont un autre métier. Et on compte une centaine d'auteurs en France qui vivent effectivement de leur plume.
Donc, non, écrivain n'est pas un métier. À moins d'être publié dans une grande maison de manière régulière avec des bonnes ventes (et dans ce cas-là, statistiquement, vous avez plus de chances d'écrire des manuels scolaires ou des livres de jardinage que des romans post-modernistes), non, vous ne dégagerez pas un salaire, même misérable.

La deuxième : les éditeurs sont des méchants pas beaux parce qu'ils refusent les manuscrits des gentils auteurs, tout ça parce qu'ils veulent faire plein d'argent.
Petit rappel : Les maisons d'édition n'ont pas de baguette magique pour faire des livres (expecto patronum pour corriger les fautes, wingardium leviosa pour faire une maquette, avada kedavra pour imprimer le livre). Elles ont des salariés (correcteur, graphiste, maquettiste, secrétaire d'édition, attaché de presse), des frais (imprimerie, diffusion, distribution du livre) et SURPRISE, les livres sont une marchandise ! Ils faut les vendre pour payer tout ça. Faire un livre, pour un éditeur, c'est prendre un risque : celui d'imprimer 10 000 exemplaires d'une daube que personne n'achètera et de ne jamais rentrer dans ses frais. On considère en général sur 10 livres publiés dans une maison d'édition : 1 ou 2 marchent bien, 3 ou 4 arrivent à s'équilibrer et 5 ne marchent absolument pas. Quand on prend en compte la conjoncture économique et les ventes de livres actuellement, on peut comprendre que les éditeurs fassent des calculs et publient des livres qui sont susceptibles de marcher. Sinon, c'est du suicide économique.
L'édition est une industrie, la librairie est un commerce. Pensez-y. Écrire un livre parce que vous aimez écrire, c'est génial, faites-vous plaisir. Mais il faut arrêter de croire que tout le monde peut et doit être publié. Si votre livre n'a pas de potentiel commercial (par son originalité/sa qualité/son adéquation avec un lectorat/son inscription dans une tendance éditoriale), il n'a pas sa place en librairie. Faites-le auto-éditer si vous y tenez tant et donnez le à vos amis et ce sera très bien.

Les Français lisent de moins en moins mais à côté de ça, tout le monde veut publier un livre. Qui lira tous ces livres ? Et mieux encore, qui les achètera ?
...
 
oeildelynx;3962348 a dit :
Bon, j'aimerais revenir sur quelques points de l'article :


Devenir écrivain, c’est faire le choix de ne plus gagner d’argent, de perdre tout statut social et de passer, aux yeux de tous, pour une feignasse qui profite du chômage.

Faut arrêter un peu les clichés, hein. Il est totalement illusoire et dangereux d'abandonner tout travail concret pour se lancer à plein temps dans l'écriture. Je le dis carrément : je trouve ça stupide, surtout quand on doit dépendre financièrement de quelqu'un...Attention, je ne parle pas du talent : bien sûr, on peut l'avoir, ce souffle, et peut-être que notre écriture est bonne. Mais en aucun cas cela garantit la publication.

Je ne sous-estime pas le travail que demande l'écriture : mais dans notre société actuelle, ça n'a pas de sens de faire comme au XIXème.
Dur, dur de suivre le débat car les positions se confondent et se croisent, mais ce qui est sur c'est que j'ai eu le même avis qu'Oeil de Lynx. Tout laisser tomber est un choix, pas vraiment une nécessité pour être écrivain. Mon père s'est fait publié par l'Harmattan tout en ayant son boulot à côté.

Sinon pour l'article, c'est dommage car je trouve qu'il a un côté "les dix commandements", même si l'auteur de l'article a déjà dit que chacun avait sa manière de travailler, mais je trouve les propos de l'article trop radicaux et réducteurs dans l'ensemble.

J'écris moi-même, j'ai fini plusieurs romans, et pour autant, pour moi il n'y aura de concrétisation, de mot "écrivain" que lorsque je verrais mon livre en librairie.

Je pense aussi que comme l'a relevé @Pantone, il y  a une réalité du marché du livre qu'il faut prendre en compte, car les écrivains font partie de ce marché et ne sont pas qu'artistes. Même Balzac écrivait à la page pour une raison...

Si être écrivain, c'est résister au temps, c'est aussi comprendre son temps.;)
 
V

versus

Guest
@Wildgrass

Je comprends ton agacement face au galvaudage du terme "écrivain". Mais comme l'a dit @Kettu Water-Fox, c'est un problème d'ego individuel, pas de système de publication. On trouve des plumes sublimes sur Wordpress et des bouses chez Albin Michel. On trouve des sans-talents parlant de leur statut auto-proclamé et Doris Lessing minimisant son prix Nobel. C'est comme ça...

Quant à l'auto-édition, je rapproche ça des maquettes des musiciens : aucun label ne la signée, pourtant, c'est très pratique pour se faire de la pub. Ca marche comme ça depuis les années 60. Personne n'y a jamais trouvé à redire. J'y vois plus la marque de la sacralisation de l'écrit typiquement française qu'autre chose dans ta véhémence. On a du mal à se faire à l'idée qu'un écrivain puisse être un individu lambda. Pour faire un musicien, il faut des années d'apprentissage, et tout le monde ne l'est pas. Ca en fait déjà quelqu'un "à part". Ecrire, tout le monde apprend à 6 ans, et n'importe qui peut l'être. Personne ne décide qui l'est et qui ne l'est pas, c'est très mystérieux...


Edit du lendemain : je pense soudainement à Anne Franck. Un classique de la littérature par une jeune personne qui jamais, une seule seconde de sa vie, n'a été écrivain. Pour preuve encore s'il en est besoin que l'édition n'a rien à voir avec le statut de l'écrivant...
 
Dernière édition :
lady-stardust-2;3963088 a dit :
J'aurais quelques questions aussi sur ton processus de création :d :d (pour développer un peu l'article)
Je vois que tu espères être publiée, penses-tu écrire pour toi, pour les autres, les deux?
Est-ce que tu as des attentes vis à vis des lecteurs, est-ce que tu créés en te disant (consciemment ou non) "je veux que mes lecteurs aiment ce perso/le déteste"?
Tu te laisses porter par l'écriture ou tu avais en tête très précisément le déroulement du roman/celui de chaque chapitre?
J'écris pour moi. Mais j'ai très envie que les lecteurs comprennent exactement ce que je veux dire. C'est donc assez complexe comme travail. Après, je n'essaye pas particulièrement de faire peser la balance dans un sens ou dans l'autre ("je veux que mes lecteurs aiment ce perso/le déteste"). Je dis ce que j'ai à dire et les lecteurs se feront leur propre avis.
Je commence par me laisser porter par l'écriture (en gardant en tête le fil conducteur du chapitre quand même) et je retravaille ensuite le tout (pour éviter les "envolées lyriques inutiles;))
 
C

cecilia-l

Guest
Personnellement, j'ai du mal à m'appeler écrivain. Je préfère dire "j'écris" ou "j'ai écrit un roman", mais quelque chose me gêne dans le terme "écrivain". Je rejoins l'avis de certaines qui pointent du doigt ceux qui se prétendent être écrivain, car je perçois ça comme un terme qui affirme une position dans la société, une situation continue. Quelqu'un qui a publié un roman et qui a complètement stoppé son activité ensuite, qui n'écrit même plus chez lui, peut-il se dire écrivain simplement parce qu'il a posé son nom sur une étagère ? Je ne pense pas.

De même, je pars du principe que vouloir être écrivain, c'est vouloir faire quelque chose qui compte, qui va avoir de l'impact publiquement. C'est bien beau de dire "j'écris pour moi, c'est le plus important", mais quelqu'un qui a véritablement quelque chose à dire et qui veut être entendu se battra pour s'insérer dans ce milieu. Quelqu'un qui écrit sans ressentir le besoin de partager ce qu'il fait n'est pas un écrivain pour moi, non.

Quant à l'édition, bon, il est vrai qu'il est difficile de se faire publier, mais pas impossible. Je suis perplexe face à ces auteurs qui disent avoir mis dix ans avant d'être publiés. Ca dépend sans doute de plein de facteurs, je ne sais pas. Pour ma part, j'ai reçu une proposition de contrat il y a trois jours pour mon propre bouquin, après 10 mois d'attente environ, pour une publication prévue en 2014. Et je ne l'ai envoyé qu'à deux maisons (bon y avait aussi Gallimard mais c'était pour la blague, je voulais voir une de ces fameuses lettres de refus typique en deux semaines :yawn:), l'une a refusé quelques semaines avant l'acceptation de l'autre. Il reste encore du chemin à faire entre la signature du contrat et la sortie du livre mais jusque là, mon parcours n'a pas été franchement difficile.
 

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