Ces derniers jours, trois visionnages marquants :
Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet (2003) : quel dommage d'avoir si longtemps ignoré ce film d'animation ! Non seulement le coup de crayon est excellent (il me rappelle autant certains vieux Disn*y que certains Ghibli (la grand-mère Yubaba par ex.), mais la narration est singulière, rigolote et bien tranchante ! J'ai aimé l'absence de dialogues, les disproportions suggestives, la musique noisy des triplettes, le point de vue grave et ironique sur la Grande Ville et sur ses Puissants, la douceur de l'âge sans malice et de l'entraide.
Très bon moment, je n'ai pas vu les 78 minutes passer !
Rouge de Krzysztof Kieslowski (1994) : Je ne connaissais pas ce réalisateur polonais. Le film fait partie d'une trilogie,
Trois Couleurs, qui se veut être une représentation de la devise française :
Rouge dépeint donc une vision de la fraternité.
Bon sang, je n'ai clairement pas assez de connaissances techniques en cinéma pour exprimer dans quelle mesure j'ai été flabbergastée par l'improbable et brillant montage de ce film. C'est assez questionnant d'ailleurs, parce que par moments les procédés me rappellent ceux utilisés dans les téléfilms : mais la trame est si bien ficelée, complexe, les dialogues si percutants, la personnage principale si troublante que ça ne fait qu'accentuer ces qualités.
Rouge soulève subtilement des réflexions profondes sur l'intimité, la recherche de vérité, la quête de justice, le courage de s'assumer, il questionne notre altruisme (est-il un don ou est-il une forme d'égoïsme ?) et notre peur de l'abandon. J'ai été très émue, et Jean-Louis Trintignant y est superbe.
Enfin, j'ai dévoré
L'Hôpital et ses Fantômes, ou en danois
Riget, la série télévisée de Lars Von Trier, diffusée entre 1994 et 1997, constituée de 8 épisodes d'une heure chacun.
Mon dieu que j'ai ri, frissonné, transpiré, et re-gloussé. Du grand Von Trier, dans tout son humour noir et espiègle ! La série est, en apparences, une caricature des séries d'hôpital, tout en étant un hommage aux films d'épouvante des années 70/80, et s'articule autour de l'hôpital de Copenhague et les fantômes qui cherchent à retrouver la paix.
Tout y passe : fanatisme, culte de la science, culte des médecins, paranormal, franc-maçonnerie, corruption, nationalisme, patriotisme, assujetissement à la hiérarchie, angoisses liées à la maternité, lutte du bien et du mal : Lars Von Trier passe tout à sa moulinette d'un ultra-kitsch assumé et permet une belle réflexion sur les angoisses morbides, sur les tangentes du bien et du mal (Lars Von Trier dit avoir été influencé par la série
Twin Peaks de Lynch) et rappelle frontalement que
nothing is like it seems to be at the first sight. :rotate:
En fait, le vidéoclip du générique résume tout :
Riget - "The Shiver" Music Video - YouTube