L'Armée des ombres, de Melville. J'ai trouvé que le film n'a décollé qu'à la dernière demie-heure, et là, c'était vraiment brillant. L'angle choisi pour aborder la résistance était cool, moins facile que d'habitude, personnages chouettes aussi, une certaine retenue qui aurait gagné à être encore plus travaillée !
Le Cercle Rouge, Melville encore. Encore mieux que le premier, Delon est Delon, Montand est Montand, tout va bien. Quelques lourdeurs en s'attardant sur le passé du tireur d'élite, mais un film de braquage quasi parfait !
Le Samouraï, Melville toujours ! Le mieux réussi des trois d'un point de vue esthétique. Gris, plans propres et parfaits. Des dialogues clairs et peu nombreux, comme j'aime, que de l'essentiel.
Le Dernier des hommes, Murnau. Extraordinaire ! Chaque seconde est magnifique, tout concorde, la lumière, les hommes, la musique, le cadrage, tout ! Un tragique sobre et une misère normale, quotidienne. La fin est un peu plaquée... C'est dommage, on dirait qu'elle répond à un impératif formel un peu bidon, tant pis !
Le Coup de l'escalier, Robert Wise. L'idée d'un braquage fait par une équipe de bras cassés est hyper bien, les scènes de bar et la place du jazz sont cool aussi. Le sujet du racisme qui a l'air d'être la trame principale est un peu foiré, pas subtil du tout, alors que ça aurait pu être beaucoup mieux fait... Et puis on dirait que le réalisateur ne prend pas la mesure du comique des scènes qu'il tourne, ce qui est franchement dommage, ça donne un côté un peu ridicule alors que ça aurait pu être carrément drôle par moments sans rien ôter au pathétique et à la gravité de la situation.
Un Condamné à Mort s'est échappé, de Bresson. Magnifique ! L'histoire est simple, comprise dans le titre. Rien de plus que le travail quotidien de la fabrication d'outils pour s'évader. Très peu de personnages : quelques gardiens, un condamné, un prêtre, un complice. Chaque seconde est parfaite, la tension n'est jamais rompue malgré la simplicité de l'intrigue.
Les Trois Âges, Buster Keaton. C'était mon premier, il paraît que ce n'est pas le meilleur, mais j'ai quand même adoré, ça m'a donné envie de voir les autres !
L'Année des Treize Lunes, Fassbinder. Génialissime, comme toujours. Un homme qui s'est fait opérer pour devenir une femme après être tombé amoureux d'un ami. Les personnages secondaires sont magistraux à côté d'un acteur principal formidable. C'est à mourir de rire et terrible en même temps. Quand je vois ce qu'Almodovar fait d'assez nul avec un sujet quasiment identique, j'ai presque de la peine pour lui...