@Efe'
Ici c'est calme en ce moment, je n'ai plus que deux marchés jusqu'à la fin de mois, par contre en août je reprends a fond, je vous raconterai comment ça se passe. Ça me rassure d'avoir l'occasion de discuter de temps en temps avec des gens plus expérimentés qui me disent qu'en général ça prend environ deux ans pour une entreprise qui se lance avant d'être en rythme de croisière et de vraiment dégager un salaire. Ça me déculpabilise de pas avoir explosé tout de suite !
@alvitr Cool re bienvenue du coup !

C'est cool d'avoir une Madz avec un projet un peu plus mature ! Du coup je suis curieuse, si tu as envie de raconter un peu ton démarrage et ou tu en es maintenant c'est avec plaisir !
Notre projet a environ quatre ans, notre boîte moins d'un an, du coup c'est clair que ce sont les débuts, et que comme toi c'est un peu juste financièrement. On connaît nos périodes de doute et nos moments d'enthousiasme (comme tous les créateurs d'entreprise avant nous

).
On a eu des débuts chaotiques depuis mon message ! Du coup je fais un rapide retour en arrière...
On peut considérer que le projet remonte à mon arrivée en seconde (10 ans déjà

), quand on parlait déjà de la création d’une marque avec ma meilleure amie fraîchement rencontrée. Une belle idée qu’on ne réaliserait jamais. Dans notre coloc’ de Bordeaux, ce projet revient régulièrement dans la conversation, à tel point qu’on finit par se lancer : on achète du matériel basique et on commence à bricoler nos premiers modèles de sac dans le salon. On fait de la sérigraphie dans notre salle de bain avec un matériel un peu pathétique, on s’attaque au cuir sans formation – ça ne ressemble pas à grand chose. Mais on a pris goût à ça, du coup j'ai arrêté mes études d’histoire antique pour postuler à une bourse dans une école de mode (que j'ai obtenue !). Je n'y suis restée qu'un an, pas de section accessoire digne de ce nom...
On voulait faire un accessoire qui pourrait changer au fil de nos envies, qui serait audacieux et vraiment unique.
Nous avons réalisé un sac modulable dont le rabat et l’anse sont remplaçables et interchangeables. Comme nous ne connaissions encore rien à la maroquinerie, nous avons osé des techniques inédites ou peu utilisées pour des produits en cuir : découpe laser, circuits électroniques. Beaucoup de prototypes n'ont jamais dépassé ce stade (mais on s’amuse, on invente, on affirme notre esthétique et on affine notre technique !).
Le besoin en matériel professionnel s'est fait sentir. On a voyagé dans le Tarn, ancienne capitale française de la maroquinerie, proche de Toulouse, là où j'habite. Les usines sont fermées, les bâtiments désaffectés. J'ai racheté une machine à coudre à un atelier qui a fait faillite, mais je suis repartie avec le cœur serré et l’envie, plus que jamais, de tout faire produire en France. Pour travailler avec ces artisans passionnés pour qui c’est un crève-cœur de devoir mettre la clé sous la porte. Nous avons lancé une campagne de financement participatif fin 2014. C’a a été un succès et nous a encouragé à franchir le pas, demander des emprunts et louer un atelier (avec un super membre de madmoizelle !).
Aujourd’hui nous nous avons lancé notre première collection de sacs. Notre site de vente comprend un module de création qui permet au client de visualiser ses choix en temps réel et de réaliser sa combinaison idéale. Ça a été notre premier couac : on le développait avec des amis qui nous ont lâchées au dernier moment et j'ai dû réaliser une bonne partie moi-même (merci codecademy...) On a confié le reste à une agence qui a pris plus de trois mois de retard

. En même temps la loi Macron a fait passer notre dossier ACCRE à la trappe pendant un moment

Ensuite on a eu pas mal de soucis avec notre premier sous-traitant, on en a changé, on a eu des soucis avec l'atelier de sérigraphie, bref il nous est presque tout arrivé

.
Mais là on est beaucoup plus rodées, on vient d'obtenir des financements supplémentaires et on est lauréates du prix talent bge après deux ans de galère. Du coup accrochez vous ça viendra

!