Le revenu de base

Un petit article sur le RDB vu d'un point de vue "mondial" (bon, l'article est court mais propice à la réflexion).

Personnellement c'est un point qui m'a toujours gênée. En gros, quand on parle revenu de base, on parle à l'échelle d'un pays comme la France ou la Suisse, donc des pays riches qui ont les moyens de financer leurs citoyens. On est dans une optique de décroissance, de déconsommation, mais au final, concrètement, je pense que les gens auront toujours les mêmes besoins (envie d'acheter tout et n'importe quoi).

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'une majeure partie de nos objets de consommation courantes sont fabriqués à l'étranger, en Asie mais aussi en Afrique, par des gens sous-payés qu'on peut facilement qualifier d'esclaves modernes.

Ces personnes-là, ont-elles une chance seulement de penser un jour au RDB ?

Un philosophe (lequel, je ne sais plus... :red:) dit que pour savoir si ce qu'on fait est bien, il faut se demander "et si tout le monde le faisait, comment ça se passerait ?"

Si le monde entier avait la possibilité de toucher le RDB, y aurait-il encore des gens pour bosser dans les usines ? Pour fabriquer les gadgets de la vie quotidienne des pays riches et émergents ?

Moi, mon avis, c'est que non, plein d'usines fermeraient car les gens, avec la garantie d'avoir des revenus pour subvenir à leur existence, préféreraient sûrement se concentrer sur des activités qui les intéressent et les épanouissent (ça peut passer par faire de entrepreneuriat, être artiste, travailler la terre... enfin toutes les possibilités offertes par le RDB). Moi je trouverais ça bien qu'il n'y ait plus d'objets inutiles fabriqués à grande échelle, que l'on se recentre sur l'essentiel, mais dans ce cas : (je pense que) les gens vivraient mal le fait de ne plus pouvoir se procurer tous ces gadgets, ou alors à des prix exorbitants (ça se rapproche aussi de l'idée de donner un salaire décent aux populations pauvres qui "nourrissent" les populations riches : si la masse salariale augmente pour arriver à des standards occidentaux, alors le prix des choses augmentera en conséquence : une poèle à frire ne coutera plus 20 euros mais 200€, les voitures ne seront plus à 15 000€ mais à 30 ou 40 000 €, etc...).

Enfin je ne sais pas trop où je vais avec ces réflexions, je me pose juste des questions sur "ce qu'il faudrait faire" pour "une égalité effective entre tous" ...

Je me demande si c'est possible, en fait.
 
suzi-lee;4660816 a dit :
Je viens de lire que l'Espagne lançait une initiative législative pour un revenu de base de 645€ mensuel. (L'article est ici). J'avoue que je trouve le montant insatisfaisant, mais peut-être que c'est plus un choix de raison, pour avoir plus de chances de voir naître le projet ? :dunno: A suivre en tout cas, il leur faut 500 000 signatures !
Oui j'ai vu cette super nouvelle ! :paillettes:
J'ai aussi trouvé le montant plutôt faible, mais il faut le rapprocher du niveau de vie des Espagnols. Il me semble que leur SMIC est plus bas que le nôtre. En Suisse ils pensent plutôt à 2000€, ce qui pour le coup me paraît assez élevé, mais de la même manière je crois que le coût de la vie est plus élevé pour eux.

En tout cas, je suis trop contente de voir qu'on en parle de plus en plus du RDB !!!
 
David Servan Schreiber écrit dans "On peut se dire au revoir plusieurs fois":

"Selon Marshall Rosenberg, le grand génie qui est l'inventeur de la communication non-violente, la principale source du sens de la vie c'est de contribuer au bien-être de ceux qui nous entourent. C'est vrai de tous les hommes, et probablement aussi des animaux. On le constate par exemple dans le cadre professionnel. Des études montrent que ce qui rend les gens fiers de leur travail, ce n'est pas tant leur salaire ou leur statut hiérarchique. C'est la conviction que les produits qu'ils fabriquent ou les services qu'ils proposent contribuent au bien-être des gens. C'est pourquoi certains métiers ont un indice de satisfaction supérieur à d'autres. Cette satisfaction n'est d'ailleurs pas réservée à ceux qui ont un emploi: toutes les relations humaines sont des occasions en or pour apporter sa pierre au bonheur d'autrui."

On le savait déjà mais que ce soit conforté par un médecin à quelque-chose de réconfortant
 
Les filles ! @salvia @suzi-lee

Regardez-moi un peu cet article super hyper méga encourageant :

Le Conseil fédéral recommande d'accepter l'initiative pour un revenu de base inconditionnel.

Le Conseil fédéral recommande aux Chambres, au peuple et aux cantons d'accepter l'initiative pour un revenu de base inconditionnel. Après avoir examiné cette dernière, il a adopté aujourd'hui à l'intention du Parlement le message la concernant. Pour le Conseil fédéral, cette initiative est pragmatique et simple. Le revenu de base inconditionnel permet de répondre élégamment à de nombreuses situations problématiques. Le gouvernement se déclare prêt à collaborer à l'élaboration d'une solution globale consensuelle, équilibrée et durable.

Je ne connais pas trop le système de la Suisse, mais le Conseil Fédéral c'est pas n'importe qui je crois !!!
:paillettes:

Ça va arriver, ça va se mettre en place en Suisse d'abord, et puis peut-être, avec de la mobilisation, de la sensibilisation et un peu de chance, ça viendra par chez nous..... On croise les doigts ! Cette nouvelle me réjouit totalement ! :d


[Edit] : Je lis l'article à mon copain, qui me répond : "c'est pas un poisson d'avril ?" moi : ":oo: :neutral: :eh: non je crois pas... :shifty:' C'est pas un poisson, hein hein hein ? Le site a l'air sérieux.......
 
Dernière édition :
khalea;4675688 a dit :
[Edit] : Je lis l'article à mon copain, qui me répond : "c'est pas un poisson d'avril ?" moi : ":oo: :neutral: :eh: non je crois pas... :shifty:' C'est pas un poisson, hein hein hein ? Le site a l'air sérieux.......
J'avoue que l'url me fait sérieusement croire à un poisson d'avril :stare:
 
salvia;4675776 a dit :
khalea;4675688 a dit :
[Edit] : Je lis l'article à mon copain, qui me répond : "c'est pas un poisson d'avril ?" moi : ":oo: :neutral: :eh: non je crois pas... :shifty:' C'est pas un poisson, hein hein hein ? Le site a l'air sérieux.......
J'avoue que l'url me fait sérieusement croire à un poisson d'avril :stare:
Oui, j'ai regardé sur le site officiel (efd.admin.ch) et ils en parlent pas...... :crying:

Mais c'est quoi ces gens qui font des ascenseurs émotionnels à la con là ? :scream:
 
suzi-lee;4676195 a dit :
@salvia @khalea Ah non, c'est trop triste comme poisson d'avril :gonk: J'y ai cru pendant quelques minutes comme une cruche !
Tu n'es pas la seule, c'était plutôt bien foutu! L'auteur s'excuse et justifie son geste sur la page facebook:

"Mea culpa de jouer avec vos espoirs.... J'ai le même espoir... et le buzz autour du revenu de base inconditionnel permet de le faire découvrir à de nombreuses personnes qui ne sont pas au courant de ce projet.. et d'expérience, plus les gens sont au courant... plus ils sont pour cette idée merveilleuse..
Encore une fois désolé... et n'hésitez pas à partager l'idée du revenu de base inconditionnel avec tout vos amis..."
 
Un article du monde sur la situation des artistes en France (autrement dit: pourquoi un revenu de base sauverait la culture)

LES PLASTICIENS EN QUÊTE DE STATUT

LE MONDE | 25.07.2014 | Par Emmanuelle Lequeux

« Tu vois Atlas, celui qui porte le monde ? Eh bien Atlas, c'est nous, les plasticiens, qui portons un monde de galeries, musées, centres d'art, critiques, régisseurs, gardiens… Sauf qu'Atlas est au RSA ! » Cri du cœur lancé par un jeune sculpteur, au moment où les intermittents du spectacle ont commencé à entrer en scène au printemps.

Depuis quelques mois monte une colère rarement exprimée. A la mi-juillet, un groupe Facebook de 650 plasticiens s'est constitué pour la cristalliser, autour de l'idée d'« une économie solidaire de l'art ». Lutte des classes au sein des précaires de la culture ? Le but n'est pas de condamner le régime des comparses du spectacle vivant mais de tenter d'améliorer le système.

COMBIEN DE MILLIERS DE CRÈVE-LA-FAIM

Et de rappeler comment eux, peintres, dessinateurs, vidéastes, vivent. Survivent, plutôt. Pour un millionnaire dont les ventes font la « une » des journaux, combien de milliers de crève-la-faim, dépendants d'un marché ultra-sélectif ?

On le sait peu, mais les plasticiens sont loin d'être aussi bien lotis que les intermittents. De statut, ils n'en ont point. Pour Pôle emploi, ils n'existent pas : travailleurs indépendants, ils ont pour seule recette la vente de leurs oeuvres. Le droit à la formation ? Il demeure très balbutiant. Pas d'accident du travail non plus. Les charges sociales ? Certes, le taux en est avantageux : 15 %. Mais il ne saurait faire oublier la terrible fragilité économique du secteur.

Impossible d'en dresser un tableau fiable, aucune statistique récente n'existe sur le sujet. Quelques chiffres cependant : plus de la moitié des plasticiens vivraient sous le seuil de pauvreté, selon le Comité des artistes-auteurs plasticiens (CAAP), une des principales organisations professionnelles. Leur revenu médian ? Deux fois plus faible que celui des salariés, selon la même source. Sur les 52 221 cotisants à la Maison des artistes (MDA, qui gère leur protection sociale), 57 % déclarent moins de 8 379 euros de bénéfice annuel (en 2012), plancher qui déclenche l'ouverture des droits sociaux (Sécurité sociale, retraite, etc.). Soit 29 765 artistes qui ont pour obligation légale de cotiser, sans pour autant bénéficier d'aucune couverture.

PETITS BOULOTS PLUS OU MOINS ALIMENTAIRES

Régisseurs, techniciens, professeurs en école d'art : tous multiplient donc les petits boulots plus ou moins alimentaires. Et ont recours à mille systèmes D pour s'en sortir. « Je tire toutes mes photos sur mon imprimante et je les épingle sans frais de cadre, témoigne le photographe Franck Gérard, qui a transformé la contrainte économique en choix esthétique. Je réalise moi-même l'installation de mes expositions, trois jours à mettre des épingles, et un seul centre d'art m'a déjà payé pour cela. On ne reçoit jamais non plus d'argent pour le temps de la création, si ce n'est grâce à des résidences ou des aides au projet du ministère. Je fais des emprunts pour financer mes voyages, la vente d'oeuvres reste très marginale dans mon économie. Mais j'ai choisi, mon travail est mon combat. »

« Une culture de la gratuité règne en France », confirme un autre. En effet, quand un plasticien expose dans un centre d'art ou un musée, son commissaire est payé, tout comme le graphiste de son catalogue, le gardien ou la femme de ménage. Mais pas lui. Sous quel prétexte ? On lui offre une magnifique vitrine où promouvoir son travail. Souvent, l'institution lui alloue une somme destinée à la production d'œuvres qu'il pourra mettre sur le marché. Pas besoin, donc, de le rémunérer.

Quid de la plus-value qu'il confère à l'institution où il expose ? « L'artiste est en grande partie dépossédé de l'argent qui circule autour de lui, et de plus en plus on sélectionne dans les expositions les seuls capables de payer leur propre production, ce qui fait que bientôt seuls les riches occuperont les cimaises », assure P. Nicolas Ledoux, à l'initiative du groupe Facebook déjà cité.

« UN DESSIN EN REMERCIEMENT DE LEUR SOUTIEN »

« La peur de se griller avec un musée en réclamant simplement son dû engendre une omerta très courante », poursuit Katerine Louineau, membre actif du CAAP. « Il est rarissime que l'on nous propose des droits de monstration, confirme le jeune sculpteur Lionel Sabatté, qui commence à vivre de son travail après des années passées aux minima sociaux. Dans les budgets alloués, il reste rarement de l'argent pour se rémunérer. Mais on se débrouille : j'ai par exemple fédéré un groupe de collectionneurs pour monter ma dernière exposition, et je leur offre un dessin en remerciement de leur soutien financier. »

Depuis peu, la situation tend à s'améliorer. Même si l'on reste loin du modèle québécois, qui applique une grille tarifaire sur les expositions, « les centres d'art sont désormais très attentifs à offrir des honoraires aux artistes, à professionnaliser les contrats, assure Aude Cartier, directrice de la Maison des arts de Malakoff. C'est bien sûr symbolique, quelques centaines d'euros, mais fondamental pour les aider à trouver une légitimité ».

TRÈS FAIBLEMENT SYNDIQUÉS

Cependant, là où les petites structures tendent à l'irréprochable, les acteurs plus solides comme le Palais de Tokyo ou le Centre Pompidou continuent à renâcler. La fédération des professionnels de l'art contemporain, le Cipac, travaille à assainir la situation, mais les progrès sont lents. Idem dans les galeries, qu'aucun contrat ne lie souvent aux artistes qu'elles défendent, et qui mettent parfois des mois à reverser l'argent des ventes. Le Comité des galeries d'art assure lui aussi réfléchir à la sécurisation de cette relation.

Alors, la révolution, pour quand ? Pas demain. Très faiblement syndiqués, volontiers individualistes, les plasticiens ne savent se fédérer. Et ne sont pas du genre à se plaindre : « Ce côté débrouille enrichit aujourd'hui ce que je fais, et me permet plus de fluidité », assure ainsi Lionel Sabatté.

Reste à inventer. « On pourrait par exemple rémunérer en honoraires les mois de recherche, comme on paye les répétitions d'un danseur, ou nous reverser un pourcentage sur la billetterie, ou augmenter le droit de suite pour les artistes vivants en cas de vente aux enchères, pour monter une caisse mutuelle de retraite », imagine ainsi P. Nicolas Ledoux.

Il ajoute : « Il ne faut pas oublier tous ceux qui se coupent volontairement du marché. Les politiques ont une place à prendre pour protéger ceux qui font le choix de ne pas vivre de l'industrie du luxe et de l'économie libérale. Car la finalité de notre travail est de produire de la pensée, et cela aussi mérite salaire. »
 
Si ça vous intéresse il y a pleins de conférences sur le Revenu de Base ici. Le lien pointe vers une conférence intitulée "Le revenu de base comme levier émancipateur : critique du point de vue féministe". Je ne l'ai pas encore écoutée mais ça a l'air intéressant!


edit: je viens d'écouter la conférence: je n'ai pas pris de notes car je bossais en même temps mais je vous encourage vivement à l'écouter. Les intervenantes abordent des problèmes soulevés par le féminisme et explique comment, de leur point de vue, le revenu de base pourrait apporter des solutions. Elles font également une grande place à la notion de choix dont on a déjà souvent parlé ici.


Elles ont aussi bien insisté sur le fait que nul ne peut prévoir avec certitude les changements qui pourront résulter du RdB mais que c'est justement ça qui est intéressant
 
Dernière édition :
Un philosophe (lequel, je ne sais plus... :red:) dit que pour savoir si ce qu'on fait est bien, il faut se demander "et si tout le monde le faisait, comment ça se passerait ?"
Ce cher Kant.
Je me suis souvent demandée comment il fallait recomprendre cette idée que nos maximes d'actions, pour être morales, doivent être universalisables dans un contexte d'échanges mondialisés, quand on ne connaît la plupart du temps pas les conséquences ultimes de nos pratiques de consommation, par exemple.
 

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