On a eu (encore) une discussion hier soir avec Mr lilliy à propos de la grossesse etc. Partie d'un truc qui n'a rien à voir (rajouter éventuellement des gens que je connais pas à nouvel an et j'avais pas envie mais j'etais pas claire sur les raisons) (raison première : je suis enceinte, crevée, deprimée, angoissée avec un dg que j'arrive pas à stabiliser donc j'ai pas envie de voir de nouvelles têtes, surtout une autre femme enceinte certainement beaucoup plus épanouie que moi vu que c'est pas bien dur)
Bref, j'ai encore eu droit à "tu voulais pas d'enfants", "tu voulais pas de deuxième", "si j'avais pas eu envie, t'en aurais pas eu" etc etc. J'ai donc expliqué que le désir pouvait naître de multiples façons et qu'il n'en était pourtant pas moins réel et légitime une fois installé. Et que je ne lui ai jamais rien reproché, sauf quand il joue à "c'est pas moi qui voulait des gosses, alala ces bonnes femmes..." parceque ça ça me soule, il peut aussi assumer ses desirs.
Il m'a reproché de ne pas être heureuse et de ne pas être en mode bisounours devant mon bidon. J'ai donc du expliquer que vérifier sa glycemie dès le réveil, si de l'insuline 3 fois par jours, y penser aux bonnes heures et prévoir ses siestes, ses sorties etc etc en fonction de la prise de mesure, c'était largement suffisant pour me rappeler à tout moment que je suis enceinte et que j'essaie de prendre soin de mon bébé. J'aimerais vraiment n'avoir comme façon d'y penser que le fait de me regarder le nombril avec amour, mais c'est pas possible. D'ailleurs, si je m'en fichais de ma gamine je m'enfileraisa du Nutella et je ferais suer personne avec mon régime.
Du coup, j'ai derivé sur cette injonction à être épanouie et reconnaissante de la vie pendant la grossesse et plus généralement du fait d'être mere. Je lui ai dit que lui, on lui demandait juste d'être content, moi on me demandait d'être heureuse voir plus. Parceque " tu vois, les gens, ils sont contents pour toi alors ils te parlent du positif. C'est pour te rassurer aussi. Et puis les gens voient toujours le positif c'est normal" (bah je dois pas être normal, moi si je vois quelqu'un mal je vais chercher pourquoi et le rassurer sur le pourquoi pas lui dire "mais non t'as tort cey trop bien") Du coup, je suis quelqu'un de pas sympa de pas voir que les gens veulent juste être gentils.
J'ai donc expliqué que si les gens pouvaient éviter d'avoir un avis sur ma grossesse alors que j'ai rien demandé, ça m'arrangerait. Et aussi que si ils pouvaient éviter de savoir à ma place comment je devrais la vivre, ça serait aussi particulièrement gentil.
Bref, ça a continué longtemps, j'ai expliqué qu'il fallait en finir avec cette hypocrisie de la grossesse merveilleuse. Que si on arrêtait, le corps medical serait peut être plus enclin à expliquer les choses vu qu'on aurait le droit d'être stressées et de mal la vivre etc etc.
J'ai fini par un laïus sur l'accouchement qu'on te souhaite toujours à terme et par voie basse, comme si le fait de ne pas en avoir un comme désiré par les gens (à ta place) (et même si toi tu le vis bien) était un échec qui mériterait de la pitié. Et j'ai fini par un, c'est extrêmement violent pour toutes celles qui n'auront pas pu avoir les choses comme ça.
J'espère que le message est passé. Je n'en peux plus des clichés et je voudrais qu'il comprenne que ma façon de voir et vivre les choses, même si elle va à l'encontre des injonctions sociales (et pour le coup, pas merci la gentille belle famille et les clichés que je le mange à chaque fois) est tout aussi légitime. Et que p... Ça m'empêche pas d'aimer ses gosses. M...
Je crois que j'ai vraiment compris, hier, pourquoi j'étais childfree avant. A cause de tout ça. De cette injonction à la maternité heureuse et épanouie.
Je ne dis pas qu'on doit se complaire dans le mal être. Mais nier cette réalité, c'est justement forcer les femmes, qui ne correspondent pas à la belle image revee, à y rester.
Du coup, ben ça me donnait vraiment pas envie de faire des enfants.
Désolee pour le pavé. Mais j'ai du mal à me sortir cette discussion de la tête. Je sais qu'ici, il y a plein de monde qui peut comprendre mon propos, même si il n'est pas clair. Et des fois je me sens très seule avec tout ça.
Moi j'aimerais bien être optimiste et je suis sincèrement contente pour celles qui le sont vraiment et qui sont épanouies. Mais je suis aussi très triste pour toutes celles qui sont obligées de faire semblant.