@Rocksteady @Loulalilou Mais là, on s'en tient au physique. Ça me semble normal que les hommes soient plus poussés à sélectionner leurs partenaires sur le physique que les femmes. Pour "réussir", une femme a très souvent la possibilité d'être jolie (et ça peut lui suffir, parfois, elle n'a pas besoin d'être plus), c'est-à-dire d'être un "bon accessoire" pour l'homme qu'elle va épouser. Mais du coup, à comparaison égale, il vaut mieux aussi inclure des critères comme le statut social, le revenu... Parce qu'un homme, pour réussir, doit être riche/puissant/haut placé. Et là, je pense qu'on trouvera plus de femmes à être regardante sur le sujet, à ne pas envisager d'être avec quelqu'un qui ne soit pas à leur niveau ou supérieur.
Et c'est normal, dans le cadre de cette société. Si une femme peut réussir avec juste son physique (même en n'ayant pas de métier particulièrement important ou de dot suffisante) et qu'un homme peut réussir uniquement avec son portefeuille, ça semble logique qu'on puisse chercher un individu de ce type. Parce qu'on veut quelqu'un qui réussisse, et qu'il y aura plus de gens accessibles qui réussiront uniquement dans un seul domaine qu'en cumulant les domaines. Et comme ceux-ci sont souvent nécessaires, eh bien la société s'est façonnée ainsi. L'homme a besoin de la femme pour lui donner plus de pouvoir social (parce que "ooooh, mais il a su charmer une jolie femme, c'est qu'il doit être quelqu'un !"), la femme a besoin de l'homme pour augmenter son pouvoir d'achat.
C'est très grossier, mais le but est de grossir les traits, hein.
Sinon, je pense que les deux sexes peuvent être amenés à se poser des questions. Dans tous les cas, on ne le fera pas forcément "de nous-mêmes", mais parce qu'un stimulus extérieur nous aura amené à voir les choses différemment (un médium, comme un article, un film, etc.).
Et là, se pose al question du public visé. Madmoizelle, par exemple, qui veut déconstruire le patriarcat. Magazine féminin, avec un nom qui ne fait pas douter sur la question, et des thèmes abordés, côtoyant ceux sur le féminisme, qui sont féminins. Forcément, moins d'hommes vont tomber dessus.
Alors oui, peut-être que c'est une question de public visé : je trouve qu'il y a bien plus d'outils amenant les femmes à remettre en question leurs "moyens de réussite" et leurs "images de l'homme" que l'inverse, dans le sens où l'inverse se trouvera peut-être plus dans des créations à destination des femmes (donc erreur de public). Comme ces films romantiques, surtout regardés par les femmes, qui montrent des héroïnes qui sont souvent préférées pour autre chose que leur physique (quand bien même l'homme avait la possibilité d'être avec un "canon"). Ces images de valorisation de la femme ne sont pas souvent vues par les hommes, alors qu'elles pullulent ! Il serait dévalorisant pour un homme de s'y attarder, donc quand bien même il connaît le schéma derrière ces histoires, il ne va pas s'y habituer pour deux sous, et va peut-être même les rejeter sans chercher à y piocher quelque chose. Du coup, sur les critères physiques, on est bon, une femme peut plus facilement se questionner qu'un homme.
Et c'est peut-être aussi parce que tout ce qui a trait à la sensibilité est rangé dans le domaine "féminin". Une femme PEUT regarder un film romantique, on l'y encourage même ! Un homme, aussi, mais à ses risques et périls, donc il ne le fera pas souvent. Du coup, oui, des questionnements sur ces rôles sont à prévoir, mais il faut paradoxalement passer par l'usage de ces codes genrés à dénoncer pour que cela ait au moins l'effet de ne pas sembler forcé pour le sexe opposé...

(Exemple : le dernier Mad Max ! Les hommes vont le regarder, car pas de questionnement sur leur masculinité à le voir... Et figures de femmes fortes, à commencer par Furiosa, avec un renversement des attentes du rôle de la femme dans un Mad Max.)
Même chose, mais dans la société actuelle, il est "plus facile" d'avoir un métier que de devenir plus beau (parce que l'un est souvent à acquérir, tandis que l'autre peut être inné, si on met de côté la chirurgie et les différentes stratégies de valorisation corporelles), dans le sens où une femme peut plus facilement, et dès la naissance, être amenée à ne pas pouvoir "réussir" à cause de son physique. Il est de l'intérêt des femmes, qui peuvent naître en ayant déjà "raté leur vie" sociétalement parlant, de vouloir conquérir le monde du travail, parce qu'elles sont très aisément mises face à l'injustice de cette situation pour laquelle elles ne peuvent souvent rien. Les hommes n'y voient pas le même avantage, forcément, du moins à une échelle moindre, puisqu'ils doivent souvent "construire" leur réussite telle qu'elle est attendue par la société (ce qui n'est pas une évidence, mais ça a un côté moins définitif, puisque les phénomènes d'ascension sociale existe et que la scolarité est de plus en plus démocratisée). Donc peut-être que ça pousse, par nécessité puis contagion de cette idée au contact des autres, les femmes à remettre en question le patriarcat, et moins les hommes.
