Merci pour l'article et merci pour continuer de parler de questions sur lesquelles la rédac est souvent attaquée. Je n'ai pas le courage et la solidité mentale pour aller exposer mon point de vue sur le médiateur ou les articles qui font débat, et ça me rend même de plus en plus mal à l'aise d'aller lire les commentaires. Mais j'ai découvert mon agenrisme en lisant Madmoizelle, et je trouve vraiment important de continuer à parler de genre de sujet ici, concerné.e ou pas en vrai.
Faut pas croire que c'est facile de s'orienter directement vers les ressources archi complètes et militantes, de se mettre directement les bonnes étiquettes dessus ou les bons mots. Dans ma famille, dans mon lycée, parmi mes ami.e.s, personne ne s'est jamais mis à parler spontanément de questions LGBT+ pendant mon adolescence. Du coup je ne m'étais jamais posé.e la moindre question sur mon identité. C'est en allant chercher des ressources/conseils pour ma sexualité que je suis tombé.e ici et que j'ai commencé à réfléchir et à mettre des mots sur ce que je suis. Et les articles continuent à m'aider sur d'autres sujets, parce que c'est rare d'avoir accès à un tel éventail d'idées, même des idées qui ne me conviennent pas tout à fait et c'est normal. Merci pour continuer à me faire réfléchir.
 
Dernière édition :
Salut Mimi, je plussoie tous les compliments que t'a faits Confused Bee : c'est impeccablement pensé et dit ! :loveeyes:
D'ailleurs, ce thème me fait penser à une réflexion que font souvent les journalistes télé quand ils parlent de choses horribles arrivées (potentiellement ou non) à un enfant, du style : "tous les parents comprendront leur angoisse/douleur", comme s'il fallait avoir soit même des enfants pour être capable de le faire...
Sinon, j'en profite pour te dire que j'adore tes Récaps Rigolos de GOT ! :loveeyes: ... mais, qu'est-ce-que tu as contre Pierre Desproges ? :confused:

 
Je le trouve super intéressant cet article! Autant pour le sujet qu'il traite que pour la façon dont il est écrit. Je suis globalement d'accord avec son point de vue, dans la mesure où je pense que c'est super important de ne pas censurer les gens sur un sujet donné s'il ne sont pas concernés directement. Mais, selon moi, les paroles de concernés restent super importantes, et j'aurai tendance à les écouter d'avantage que les autres. Le fait d'être concerné par un sujet enlève parfois une forme de recul sur les choses, mais qui de mieux placé qu'une femme qui le vit tous les jours pour parler de ce qu'est le harcèlement? Qui de mieux placé qu'une personne en situation précaire pour parler de ce qu'est la vie dans la rue? Même si j'ai étudié ces sujets, je ne prétendrai jamais mieux les connaître que les personnes qui les ont vécu de l'intérieur. On a beau essayer de s'identifier à certaines personnes et à ce qu'elles ont vécu, selon moi, on y arrive jamais vraiment.
Edit: orthographe
 
J'aurais été totalement d'accord avec le principe, avant.
Mais la réalité, c'est que le "dominant" (pour reprendre ce terme que je n'aime pas trop) est appelé ainsi parce que justement il vient écraser les autres de sa bonne parole trèèès intéressante. Et quand on se fait mansplanner ou manterrupter non stop par exemple, je comprends aussi, à un moment donné, qu'on ait envie d'exclure totalement parce que sinon c'est ingérable, d'autant que c'est bien souvent à côté de la plaque.

Bon sinon ça me fait penser que j'ai été
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(Pensée pour toi @adita et notre handicap qui va, vient, ne nous cloue pas sur un fauteuil mais peut nous clouer à la maison, avec des longues périodes valides, chose totalement incomprise des non concernées pour le coup, à moins de leur raconter.. et là je vous le donne en mille : ils rigolent... )
 

Marie

Tu viens à la Grosse Teuf ?
Équipe madmoiZelle
La richesse des discussions ici, merci pour ça @Mymy.
J'avais pas lu un point de vue aussi intéressant sur le sujet !
 
  • Big up !
Reactions : Mymy and Fab
A la lecture de l'article, j'ai quand même la nette impression d'évoluer entre deux mondes.

Le monde militant auquel appartiennent en vrac Madmoizelle et surtout son forum, une partie des comptes Twitter que je suis/de mes contacts facebook, quelques ami-es, des bénévoles de différents assoces pour lesquelles j'ai œuvré, certains médias, beaucoup de sites de militant-es... C'est sûr que sur le forum ou en lisant des articles militants de ci de là, je vois nettement la mise en avant de la parole des concerné-es. En même temps, heureusement pour moi. Perso j'ai évolué et formé ma pensée critique dans un environnement culturel qui disait que l'homosexualité est un choix et la transidendité un trouble psychiatrique. Quelque part, heureusement qu'il y a eu un jour quelqu'un sur ce forum pour dire "ta gueule, écoute ce que les gens qui vivent ça ont à dire sur leur situation". A ce titre, les veilles permanentes sont un réel bienfait tant que tout le monde respecte la règle de "pas concerné-e, pas prioritaire" (ça ne veut pas dire que les non concerné-es n'ont pas la parole, mais qu'ielles ne sont pas prioritaires dans la prise en compte de leurs ressentis). D'ailleurs, le forum lui-même obéi à cette mise en avant de concerné-es, avec la règle de non mixité.
Là c'est un monde où, oui, parfois il faut être concerné-es et le justifier pour pouvoir l'ouvrir. Et c'est sûr que ça fait mal quand on n'est pas concerné-es et qu'on estime avoir des trucs intéressants à dire également.

Et de l'autre côté, le monde extérieur : au travail, dans ma famille, dans les commerces, dans les médias dominants... Là, je peux cocher quotidiennement toutes les cases du bingo oppressif : sexisme, racisme, homophobie, transphobie, slutshaming... et j'en passe. Là, j'entends et je lis tous les jours des hommes blancs expliquer aux femmes comment elles doivent se battre pour leurs droits, aux racisé-es qu'ielles exagèrent un peu quand même, aux personnes handicapées que "10% de logement c'est déjà pas mal, vous voulez couler l'immobilier ou quoi ?", aux LGBT qu'ielles devraient déjà être bien content-es d'avoir le mariage (sous-entendu : pourquoi nous les casser avec vos droits procréatifs ?)... Globalement un monde où les concerné-es sont exclu-es et où il leur est demandé de pas trop faire chier avec leurs problèmes.

Alors oui, il faut des études, il faut des sources, il faut être spécialiste, il faut se renseigner et s'instruire. A cela, je répond qu'il est plus facile de se conformer au discours dominant sans y réfléchir car le discours dominant s'auto-justifie (le fameux bon sens, sens commun, la coutume, ce bon sens qui fait dire à LMPT : "un enfant c'est le fruit d'une procréation sexuée entre un mâle et une femelle", oui, c'est du bon sens non ? ), se conformer au discours dominant ne soulève pas ou peu de résistance institutionnelle. On ne court aucun risque en se conformant au discours dominant et personne ne demande de se justifier si on s'y conforme. Au contraire, se trouver dans une position divergente par rapport au discours dominant est compliqué et force les gens à argumenter, à chercher des études scientifiques pour prouver que "non les enfants élevés par deux parents du même sexe n'ont pas de séquelles", parce qu'on se retrouve dans une position de résistance à la norme, et on doit prouver que la divergence par rapport à la norme n'est pas mauvaise, qu'elle est aussi respectable que la norme elle-même : la charge de la preuve repose sur la personne qui remet la norme en question. Il est plus facile de dire "les femmes ne peuvent pas faire de grands écrivains, la preuve il y a beaucoup moins de femmes que d'hommes dans nos grands écrivains" que d'aller chercher dans les tréfonds de l'Histoire qui étaient les femmes qui écrivaient et pourquoi une grande partie d'entre elles est tombé dans l'oubli.

Bien sûr que la parole des concerné-es n'est pas parole d'évangile (ironie), et bien sûr qu'il y a des paroles de concerné-es, qu'il n'y a pas de discours homogène. Mais il faut quand même continuer à lutter pour que ces paroles soient portées le plus possible contre le discours dominant, dans la mesure où ce discours dominant est oppressif.
Et là je me demande si ça ne vaut pas le coup de subir le
jeu des oppressions
dans les cercles militants parce que la visibilité des personnes subissant ces oppressions en dehors de ces cercles est à ce prix ?
C'est une vraie question, j'ai pas de réponse à ça. Rien ne devrait nous empêcher de débattre, de se faire une idée, d'avoir une opinion. Rien de devrait nous forcer à nous révéler pour voir nos propos plus légitimes. Mais rien ne devrait s'élever entre une personne et le vécu dont elle témoigne.

Juste une remarque perso et pas hyper optimiste, @Mymy quand tu écris
je me dis que ce sont les derniers sursauts absurdes d’un monde bientôt mort.
ben franchement, je fais partie des gens qui ne voient pas du tout la même chose. C'est pas pour bientôt, je pense que je verrai pas une société égalitariste de mon vivant, j'espère juste qu'on en fait assez pour que ce soit l'horizon de la prochaine génération. Je suis peut-être très pessimiste et j'espère de tout cœur que j'ai tort.
 
Dernière édition :

Mymy

Équipe madmoiZelle
Juste une remarque perso et pas hyper optimiste, @Mymy quand tu écris

ben franchement, je fais partie des gens qui ne voient pas du tout la même chose. C'est pas pour bientôt, je pense que je verrai pas une société égalitariste de mon vivant, j'espère juste qu'on en fait assez pour que ce soit l'horizon de la prochaine génération. Je suis peut-être très pessimiste et j'espère de tout cœur que j'ai tort.
Oh bah c'est l'intérêt du terme « bientôt », il est vague ! À l'échelle d'une société, « la prochaine génération » c'est bientôt pour moi :happy: disons qu'on avance dans le bon sens, je trouve, et que si je commence à être pessimiste, ça m'ôtera le courage de continuer à lutter. Mais je comprends bien les gens qui ont moins d'espoir :erf:
 
Merci pour cet article, qui porte sur un point qui me hérisse le poil de façon régulière.
Cette façon d'exiger de manière implicite que l'autre ait ces "badges de souffrance" afin de considérer son opinion comme recevable ou pas m'exaspère. Parce que cela consiste, comme tu l'as dit, à devoir s'exposer et étaler son passé et ses souffrances alors que l'on en a pas forcément envie (ou même que l'on refuse de le faire) si l'on veut que sa parole soit prise au sérieux.
Mais également, parce que je trouve que cela provoque un côté malsain de "concours de qui a souffert le plus" pour avoir de la "légitimité" (en particulier en cas de désaccord). Et cela entraîne une tendance à voir la souffrance perçue et exprimée, comme l'alpha et l'oméga de l'argumentation.
 
Au delà de la question d'être obligé de dire qu'on est concerné. et de celle du fait que tous les concerné.e.s n'ont pas forcément les mêmes avis sur la question, une chose que je vois quand même pas si rarement et qui m'interroge, c'est que les gens qui demandent "tu es concerné.e?" ou qui répondent en mode "TG t'es pas concerné.e" ne sont pas forcément concerné.e.s eux-mêmes...
Donc en gros il faut "écouter les concerné.e.s"... et les non-concerné.e.s? Mais juste un type de non-concerné.e.s, hein, pas les autres.
Idem pour les concerné.e.s pas tous d'accord entre eux : j'ai souvent l'impression de voir classer "bons" concerné.e.s vs "mauvais" concerné.e.s" : t'es concerné.e mais t'es pas d'accord avec moi? C'est que t'es pas déconstruit!

Résultat dans des milieux où on fait de "la parole des concernés" comme valeur cardinale on se retrouve paradoxalement parfois dans des situations où c'est la parole de non-concerné.e.s "déconstruits" qui va être considérée et la parole de concerné.e.s "pas déconstruits" qui va être dénigrée :lol:

Il y a donc un espèce de tri entre "parole valable" et "non-valable" qui au final ne dépend pas vraiment j'ai l'impression d'être concerné.e ou non mais plutôt de quel type de discours / quelles idées on parle, et de dans quel mouvement on s'inscrit : la fameuse "déconstruction" dans certains milieux féministes intersectionnels je dirais (dans d'autres milieux ce sera "l'objectivité / la neutralité" qui servira de "caution" par exemple).

Tout ça me donne l'impression que le "t'es pas concerné.e" est parfois plus utilisé comme une "carte à abattre" pour "gagner" une argumentation qu'un réel principe moteur, puisqu'au final ça compte pas tant que ça face au "déconstruit / pas déconstruit" :ninja:
 

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