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Bref merci Mymy, ça fait du bien.
Je trouve que ta démarche (avec The Boys Club par exemple) est super constructive et efficace. Le témoignage est une manière de militer qui me touche et qui est, pour moi, bien plus écoutable et beaucoup moins oppressive (tiens !) parce que sous cette forme la parole d'une personne n'engage qu'elle.
Ca apporte une diversité de points de vue et donc de la nuance, ce qui manque pas mal au milieu de tous ces conflits de principe.
 
Cette façon d'exiger de manière implicite que l'autre ait ces "badges de souffrance" afin de considérer son opinion comme recevable ou pas m'exaspère.
Je ne pense pas qu'il s'agisse de savoir qui a le plus souffert... J'imagine que tu raisonne ainsi car tu as peut être été confrontée à ce genre de rejet, mais je crois pas qu'il soit juste de dire que, de façon générale on exige des gens qu'ils aient souffert pour qu'ils puissent s'exprimer sur un sujet donné. Mais j'ai du mal à concevoir un cas de figure dans lequel la parole d'une victime serait moins pertinente que celle d'une personne qui n'a pas été confrontée à la problématique en question, et inversement. Si quelqu'un a un exemple je suis preneuse.
 
@-Soualo-

La parole des concernées est très utiles pour comprendre certains mécanismes, des souffrances, les effets que peuvent avoir X actions sur quelqu'un (alors que nous, non-concerné, on ne voit pas le problème parce que "à sa place je réagirais pas pareil" sauf qu'on a pas tout le passif derrière pour comprendre)
Par contre, quand il s'agit d'observer un problème plus globalement (donc nécessite des études), la parole des concernées ne prévaut pas sur celles des autres.
 
Dernière édition :
@Margay Effectivement elle ne prévaut pas sur les autres dans le cas d'une étude globale, mais les études se nourrissent de paroles de concernés. Donc dans tous les cas, difficile de s'en passer selon moi. Après j'ai peut-être du mal à me figurer où toi et d'autres voulez en venir parce que j'ai jamais été confrontée à quelqu'un qui m'a dit de fermer ma bouche parce que j'étais pas concernée. Par contre, ça m'est déjà arrivée de le dire à d'autres qui n'avaient par exemple pas vécu de viol et qui voulaient parler pour les victimes. Pour moi le danger il est là, et quand on prend part à un débat qui concerne des sujets difficiles à évoquer/violents pour les victimes, on marche sur des oeufs et c'est compliqué de pas heurter les personnes concernées. On peut le faire sans le vouloir.
 
Moi aussi, ça m'énerve, particulièrement quand le «t'es pas concerné.e» devient une attaque ad-hominem.

Je l'ai souvent observé quand des chercheurs ou vulgarisateurs scientifiques abordaient des thématiques liées à une oppression. Et sous prétexte qu'il n'était pas concerné, on lui faisait des tas de procès d'intention en lui attribuant faussement une volonté d'excuser lesdites oppressions ou de chercher à psychiatriser -voire «corriger»- certaines orientations sexuelles/de genre. Ce qui a le don de m'agacer car c'est une belle collection de biais argumentatifs.
 
Oui enfin... Mettre en avant la raison et la logique permet de faire quand même de fameux contre-sens dans la comppréhension des oppressions ( il n'y a rien de raisonnable dans les oppressions: ça fait perdre des potentialités, des capacités...).
La logique, ou plutôt une certaine logique, perçue comme l'alpha et l'omega, sert souvent de prétexte à un statu-quo.
Comme tu dis, "une certaine logique" - c'est à dire pas de la logique, juste un déguisement.
La logique ne peut pas faire de contre-sens (par définition, un contre-sens est illogique). La logique ce n'est pas un point de vue, c'est simplement la validité d'un raisonnement. Que des gens se cachent derrière l'apparence d'un raisonnement logique pour dire n'importe-quoi est une chose, mais l'apparence n'a pas de lien avec le processus.

De même, la logique n'a rien à voir avec le fait de "nier ce que disent" qui que ce soit. Au contraire, un raisonnement valable prend en compte le vécu des personnes. La différence se situe entre "prendre en compte une expérience" et "faire d'une expérience la conclusion absolue". Le premier est nécessaire à tout argument pertinent, le second est le refus de toute argumentation.
Je ne pense pas qu'il s'agisse de savoir qui a le plus souffert... J'imagine que tu raisonne ainsi car tu as peut être été confrontée à ce genre de rejet, mais je crois pas qu'il soit juste de dire que, de façon générale on exige des gens qu'ils aient souffert pour qu'ils puissent s'exprimer sur un sujet donné.
Ce n'est peut-être pas juste, mais c'est clairement quelque-chose que je rencontre très souvent.
Il y a des sujets entiers que j'évite complètement, parce que je sais que rien de ce que je ne dis ne sera pris en compte tant que je ne raconterais pas ma vie et mes expériences vécues dans ces domaines. Or :
- Il s'agit précisément de passages dont je n'ai absolument pas envie de parler.
- Je segmente très fermement ma vie réelle et ma vie virtuelle (je veux bien raconter des anecdotes assez vagues sur ma vie, mais je limite cela à des détails assez peu reconnaissables, et surtout à des passages qui restent léger et ne sont pas vraiment lourds dans ma vie).
- C'est particulièrement significatif dans ce sujet, mais j'ai HORREUR que l'on ignore mes arguments pour les filtrer en fonction de ce que l'on sait de moi. Si j'argumente que [action X] est moralement inacceptable (ou au contraire si je relativise), je refuse que l'on se dise "ah, elle dit cela parce qu'elle a subit l'action X, je comprends" (ou "elle est dans le déni" ou "elle ne sait pas de quoi elle parle, pas besoin de réfléchir on peut ignorer") au lieu de lire pourquoi j'ai cette opinion. Je ne suis pas intéressée par avoir ce que je dis être accepté (ou refusé) aveuglément parce que "je suis concernée". Je veux qu'on voit le raisonnement que je tiens, les arguments que j'utilise et que l'on valide ou invalide en fonction de ce que je dis, pas en se disant "oh la pauvre, si je ne suis pas d'accord elle va souffrir". De fait, je trouve d'ailleurs cette "bienveillance" comme insultante et infantilisante (et pas bienveillante du tout).
Mais j'ai du mal à concevoir un cas de figure dans lequel la parole d'une victime serait moins pertinente que celle d'une personne qui n'a pas été confrontée à la problématique en question, et inversement. Si quelqu'un a un exemple je suis preneuse.
S'il s'agit de décrire une expérience, effectivement la parole d'une victime sera forcément pertinente. S'il s'agit d'une réflexion globale, l'expérience est utile (indispensable même) pour savoir de quoi l'on parle et les enjeux, mais elle ne valide pas par elle-même un raisonnement ou une conclusion. La quantité de souffrance n'est pas un argument, c'est un élément.
 
@Madthilde Je comprends que t'ai pas forcément envie de parler de ton expérience perso sur certains sujets, ça ça te regarde. Maintenant, quand une personne parle de son expérience perso c'est pas pour avoir de la légitimité, ou pour éviter qu'on l'interrompe en disant qu'elle sait pas de quoi elle parle. C'est pour partager une expérience dans un but d'extériorisation, ou d'aider par des conseils les personnes traversant des choses semblables. De plus, la vigilance des non-concernés à l'égard des concernés c'est parfois maladroit, mais dire que c'est infantilisant et insultant, c'est une généralité que je trouve exagérée. Je pense que ça dépend de comment c'est fait. Du coup on en revient à ce que je disais : quoi qu'on dise en tant que non concerné, y aura toujours un concerné qu'on mettra à mal.
 
Je trouve l'article très pertinent!

Ici sur le forum je ne remarque pas vraiment cette injonction à être concerné pour pouvoir se prononcer sur un sujet, que les concernés soient en priorité oui je le remarque et je trouve ça on ne peut plus logique :top:
Dans la vie courante il y a en revanche une vraie plaie qui mériterait qu'on se penche dessus (pour éventuellement en faire un article? ;)) : à savoir le phénomène inverse, s'entendre dire "oh mais toi comme tu es concernés c'est un sujet trop sensible pour que tu puisses être objective, tu auras une réaction épidermique, et gnégnégné..." qui amène à la non prise en compte de la parole des concernés puisqu'on part du principe que leur vécu brouillé leur jugement. C'est tellement présomptueux et infantilisant!
 
Je vais parler en général (pas des milieux militants) mais je suis pas d'accord avec l'idée de base de l'article.

Je vais rejoindre @-Soualo- sur pas mal de points (et d'autres filles dont j'ai zappé les pseudos)
A mon sens la plus grande expertise scientifique ou un savoir important peut vous donner des informations certes très pertinentes, mais qui resteront au stade du théorique. L'expérience, à mon sens, n'a humainement pas d'équivalent lorsqu'il s'agit d'un fait, et je parle pas uniquement de ressenti mais de vécu concret intérieur.

Personnellement j'accorderais souvent plus d'importance à l'avis d'une personne directement concernée par le problème.

Pour essayer de trouver un exemple rapidement, j'étais à un moment très intéressée par le harcèlement scolaire, je lisais beaucoup là-dessus, j'avais acquis un certain niveau de connaissances sur le sujet et pourtant, lorsque mes amis en ayant subi m'en parlaient (car je n'ai pas été harcelée), c'était toujours différent, et bien souvent au-delà de mon imaginaire. De ce fait, je considère en quelque sorte mon opinion comme moins pertinente, puisqu'elle est basée sur : Un ressenti que je n'ai pas vécu, des faits que je n'ai pas eu à vivre, que je peux au mieux me contenter d'imaginer en me reposant sur des paroles et des infos, bref cela reste spéculatif et abstrait (même si ça peut être correct).

L'expérience pourrait certes aussi amener à un avis biaisé, ou il peut y avoir des avis divergents même au sein d'un même groupe d'oppressés (bien qu'en général il y aura quand même des facteurs communs), mais en un sens je comprends cette validation supplémentaire qu'on peut accorder aux personnes directement concernées, c'est une recherche de concret et de pragmatisme.

Je dirais qu'au final, les 2 sont valables et complémentaires, mais la théorie amenant beaucoup plus facilement à des spéculations erronées (en fait c'est là le point négatif principal je pense) je comprends qu'on puisse accorder une valeur supplémentaire à une opinion basée sur un fait réellement vécu.
 
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