@Esquisse rose Je connais relativement bien les théories du genre. Elles sont encore différentes du concept d' "identité de genre" dont on parle. Justement on mélange tout:
1) On pars du postulat que le "genre masculin" et le "genre féminin" sont représentés dans la langue alors que c'est faux:
louve/loup, poule/coq, chienne/chien, jument/cheval, vache/taureau, femme/homme, madame/monsieur... Ce n'est pas une question de genre c'est une question de sexe.
La louve n'est pas un "être vivant de l'espèce canis lupus qui se définie de genre féminin".
C'est un individu de l'espèce canis lupus et de sexe féminin.
C'est parce-qu'on colle aux sexes des stéréotypes sexistes, aka des "genres", que cette distinction de sexe est parfois confondue avec une distinction de genre.
D'ailleurs ces stéréotypes changent selon les cultures et les époques. Alors que le sexe non. Il y a des variations entre individus, mais elle ne dépendent pas de la société.
Et d’instinct on sait faire la différence entre une personne de sexe masculin ou féminin, tu l'as dis. Notre cerveau le fait automatiquement. Alors que pour savoir si une personne a un "genre", et quel est-il, il faut, soit se reposer sur des stéréotypes, soit sur le sexe de la personne, soit demander.
2) Croire qu'une personne a un genre c'est aujourd'hui dire qu'elle née avec une âme, et que cette âme a un sexe, et en effet c'est une croyance. C'est l'inverse des théories de genre.
Après on peut parler d’âme ou de cerveau ça revient au même. Croire qu'un bébé né avec une identité de genre, c'est une croyance, pas un fait scientifique.
Passionnée par la recherche fondamentale sur le cerveau, la neurobiologiste Catherine Vidal était l'invitée d'Elodie Font pour son émission "Chacun sa route". Elle explore et vulgarise le rôle de la plasticité cérébrale dans l'élaboration des comportements et des aptitudes de chaque personne.
www.radiofrance.fr
Il n'y aucun test permettant de déterminer de manière scientifique le genre d'une personne. Ni même que le genre existe en dehors de l'esprit de quelqu'un. La nature même du genre, tel que développée par "l'identité de genre" est basée sur l'autodétermination (=il n'y a que la personne qui peut le dire). Ce qui est incompatible avec la démarche scientifique. C'est complètement différent des démarches sociologiques des théories du genre.
Et, comme les religions, une personne peut en avoir un, de genre, mais peut aussi ne pas en avoir du tout.
Elle peut ne pas croire en l'existence des genres, comme les athées ne croient pas en l'existence de dieux.
Ça ne veut pas dire nier l'existence des personnes cis et trans. Comme être athée ne nie pas l'existence des personnes religieuses.
Les croyances aussi sont importantes. Surtout pour notre espèce. Mais faut pas les confondre avec les faits, sinon on les dénature:
Les croyances dépendent de la pensée des individus alors que les faits existent même en dehors.
Par exemple: une personne n'a pas besoin de savoir qu'elle est de sexe féminin pour risquer de tomber enceinte. Elle pourrait ignorer tout sur tout, que ça ne changerait rien en cas de relation sexuelle.
Alors que pour être d'un genre, ex: féminin, la personne a besoin de le penser. Et pour que les autres le sache, de le dire.
Ou que encore certaines personnes imposent sur une personne de sexe féminin*, la pensée a un genre féminin vu qu'elle coche certains stéréotypes.
*ou masculin
3) A aucun moment je ne parle de "lobby lgbt". Je trouve que c'est important de le noter.
4) Les personnes intersexes n'ont rien à voir avec la croyance de genre et ne devrais pas être utilisés comme argument:
Le croyance de genre prétend que chaque individu a un genre (2 pour les réacs, une infinité pour les progressistes) en plus de son sexe.
Et que chaque genre a autant de valeur que l'autre.
Alors que ce qu'on appelle "intersexe" c'est des variations sur le plan génétique, chromosomique, anatomique, hormonal...
Il s'agit pas d'un 3ieme, 4ième ou Xième sexe. Sinon on parlerait d'autre type de gamètes que les spermatozoïdes et les ovules.*
Le concept même d'intersexe est critiquable. Il s'agit d'individus victimes de malformations au niveau des caractéristiques sexuelles. 90% des individus dit "intersexe" n'ont pas d’ambiguïté génitale: on connait leur sexe. Cependant ils ont d'autres soucis de santé, notamment l'infertilité.
Donc, si, le sexe est binaire. Dire le contraire ça serait comme dire "L'être humain n'a pas 5 doigts à chaque mains parce que certains naissent avec 6 doigts"... La variation n’empêche pas la regle générale.
Maintenant le sexe est une réalité; le genre un concept/croyance/idée. Donc le genre n'a pas a reposé sur les mêmes bases. Il peut être binaires, non-binaire, il peut y a avoir 2 genres ou 500000, en soit rien n'est définitivement vrai ou faux lorsqu'on parle d'une croyance. Ca depend de ce que les gens qui y croient pensent.
Et si, de tout temps, des personnes "s'amusaient" à se travestir c'est peut-être que le concept de vêtements "pour femme" ou "pour homme", et les autres concepts genrés, ne convenaient pas aux esprits non conformistes.
Pour donner un exemple concret volontairement provocateur, cela veut dire concrètement qu'une association de promotion de l'écriture inclusive (ce qui n'est pas du tout interdit !) ne pourra pas rédiger ses statuts en utilisant les points médiants ou des néologismes.
Je suis d'accord avec ça.
Ce que je voulais dire par imposer c'est que si une personne, dans une administration, rédige en format inclusif (avec formes nouvelles) elles l'impose à une autre personne qui a besoin de l'info sur ce document.
Pour l'éducation je trouve grave qu'un enseignant se sent légitime à enseigner en langage inclusif. Il peut en parler avec ses élèves et en montrer le fonctionement, évidemment, mais il peut pas les faire lire et écrire en points médians. C'est pas dans le programme car c'est pas reconnu comme une orthographe correcte (et c'est pas ses gosses sérieux!).
Je trouve dommage de devoir faire des lois pour dire aux gens de ne pas déconner.
C'est comme si, parce-que je suis végétarienne, je refuserai de servir de la viande aux patients. Je peux militer pour des repas végés mais je peux pas jeter en douce le poisson avant de tendre l'assiette.
Un doc en langage inclusif venant d'une asso pour c'est normal.
Dans les dernières modifications de circulaires ou les cours de Teddy en CE2, non.