@LauraMarie Il y a un aspect de ton positionnement moral qui m'interroge beaucoup : qu'est-ce que ça change que la femme ait été victime de viol ou pas ?
Autrefois, j'étais scandalisée par ceux qui refusent l'avortement même en cas de viol mais après réflexion, leur position est moralement beaucoup plus cohérente et prouve qu'ils sont vraiment dans le soucis de protéger la "vie".
Parce que si on part du principe que tu es contre l'avortement parce que l'embryon est déjà à tes yeux un petit être humain, quelle différence cela fait-il que cet embryon provienne d'un acte consenti ou d'un viol ? Il n'en est pas moins un être humain à tes yeux, si ?
Le fait d'accepter l'IVG dans certains cas, ça donne l'impression qu'il s'agit bien plus de "punir" les femmes qui ont eu des relations sexuelles (après tout, on sait tous "comment on fait les bébés, non?". Déjà non, aussi étonnant que ça soit, puis la contraception n'est jamais 100% fiable, puis si on le sait tous, pourquoi la punition est toujours pour les femmes ?) que de protéger une vie à naitre.
Sinon, je peux comprendre que certains actes soient difficiles à poser.
Mais je pense aussi qu'une grosse partie du soucis vient du fait que les médecins devraient un peu travailler sur le complexe de dieu tout puissant. Il y en a tellement qui deviennent médecins dans l'idée qu'ils vont "sauver des vies". Et de "sauver des vies", on passe vite à "sauver des gens" et insidieusement, à croire petit à petit qu'on sait mieux qu'eux ce qui est bien pour eux. Trop de médecins se placent encore en position de supériorité par rapport à leurs patients. Ils se voient comme "c'eux qui savent"
L'idée qu'ils sont là pour
servir leur est totalement étrangère.
Oui c'est dur de pratiquer une euthanasie. Oui c'est dur de faire une IMG. Mais si tu t'en sens incapable, idéalement tu ne te lances pas dans ce métier. Et si c'est trop tard, tu fais ton max pour trouver une alternative à ton patient. Or j'ai entendu trop de témoignages de femmes à qui ont a dit "non" sans les réorienter vers un confrère capable de poser ces actes.
Et pour finir, de manière pragmatique : oui, j'imagine très bien que pratiquer une IVG à passé 10 semaine soit très dur, je vois très bien à quoi ressemble un embryon à ce stade. Mais à mon sens, envisager la chose sous cet angle, c'est poser la question à l'envers.
L'avortement fait partie de la vie des femmes. Point. On constate que le nombre d'avortement reste sensiblement le même qu'il soit légal ou non. La question est donc de savoir si on veut que les femmes puissent le faire dans de bonnes conditions ou si on préfère que les "salopes" qui veulent avorter en meurent