C'est choquant et triste pour les femmes de la Sarthe, mais pour moi le fautif c'est le chef de l'établissement hospitalier (ou directeur regional?). C'est à lui de s'assurer que tous les actes médicaux sont possibles et de faire les recrutements nécessaire comme un chef d'entreprise.
il ne faut surtout pas remettre en cause la clause de conscience. Et oui pour un médecin pratiquer un IVG n'est pas un acte similaire aux autres actes (tuer la vie versus sauver la vie)
On ne peut pas non plus dire "si tu veux pas pratiquer d'IVG, ne devient pas gynéco ou médecin"... la vocation c'est pas l'IVG vous vous en doutez bien.
Je travaille dans une entreprise dans le secteur de la defense. J'aime mon métier, une vocation, mais j'ai toujours été très claire que je refuserai de travailler sur une mission "de guerre" (fabrication de missiles ou autre armes) car ça me pose un probleme de valeurs. Je n'imagine meme pas qu'on me force à le faire, qu'on me punisse ou qu'on remette en cause ma vocation! Par contre mon entreprise gagne des contrats et doit s'assurer qu'ils recrutent des personnes qui accepte de le faire! Ce n'est pas MON probleme.
"Il ne faut surtout pas remettre en cause la clause de conscience" ==> Pourquoi ?
Sinon, pincez-moi, je suis bien sur un forum féministe ? Déjà, "tuer la vie" c'est hyper limite comme expression en plus d'avoir des relents anti-choix bien nauséabonds, mais en plus le mettre en opposition avec "sauver la vie", comme si tous les médecins étaient de grands sauveurs sur leur cheval blanc, animés des intentions les plus pures et les plus louables (spoiler : non, pas tous)… C'est hyper manichéen et simpliste comme façon de voir les choses.
D'ailleurs, sauver la vie ça peut être aussi pratiquer une IVG sur une femme pour qui la mise au monde d'un enfant serait destructrice (je ne parle pas seulement de santé physique, mais aussi mentale : rien de pire que de se retrouver avec un gosse non désiré, qui va chambouler tous nos plans et/ou nous mettre dans la merde financièrement. Sans même parler de l'intérêt de l'enfant, qui mérite d'être désiré et aimé et non pas d'être une conséquence dommageable). Mais c'est bien connu que pour les praticiens qui refusent de pratiquer cet acte, la vie de la femme en question n'a aucune valeur. Précisément parce qu'elle est une femme. (je vous renvoie aux analyses de la féministe radicale Andrea Dworkin à ce sujet, tout le monde n'y souscrira pas mais je trouve ses théories intéressantes).
Et enfin, pour le reste… Je me doute que pratiquer des IVG n'est pas une vocation en soi (et encore, ça pourrait très bien l'être), mais comme je l'avais dit dans un précédent message le métier de médecin ne devrait jamais être à la carte. Oui, tu peux être confronté à des choses difficiles, qui entrent en conflit avec tes valeurs, oui, tu peux être amené à pratiquer des actes que tu ne cautionnes pas personnellement. Et ? Ce n'est pas le cas de tous les métiers ?
C'est aux médecins de s'adapter à leur métier et à ce qu'il implique, et certainement pas l'inverse. On a toujours le choix de faire un autre job, au cas où ce serait vraiment insurmontable.
Si encore cette clause de conscience (dont je trouve l'existence choquante, à titre personnel) était "correctement" utilisée, mais même pas. Les mecs qui l'utilisent ne se donnent même pas la peine de renvoyer les femmes vers des confrères/consoeurs qui pratiquent les IVG, alors que cela fait normalement partie de leurs obligations. C'est d'une profonde lâcheté.
) et puis parce que ça dépend des affinités de chacun, des compétences aussi (on ne peut pas être "bon" partout, ça arrive qu'on soit mal à l'aise avec une procédure en particulier pour des raisons techniques).
