@lafeemandarine je salue le message sur le fond mais je ne pense pas vraiment que ce soit constructif, peut-être que c'est surtout lié à ma vision de la pudeur et du militantisme, mais si j'étais mère d'une de ces lycéennes je ne la laisserais certainement pas arriver au lycée avec une tenue très courte.
Personnellement je n'ai pas forcément envie de voir les nombrils de mes collègues, mais je n'ai rien contre voir leurs bras/chevilles/cheveux/autre donc c'est une notion évidemment subjective, et le fait que je n'aime pas voir de la nudité dans ma vie quotidienne/professionnelle ne signifie absolument pas que je devrais refuser que les autres s'habillent comme ils le veulent. Donc évidemment que dans un lycée je suis globalement contre toute limitation vestimentaire dans la limite du raisonnable ; que ce soit pour les jupes courtes ou pour le port du voile d'ailleurs.
Le vrai message de fond est qu'il faut refuser de se limiter à cause du regard masculin, et qu'il faut refuser de s'y conformer ; derrière il pourrait même y avoir une forme de refus aussi du classisme qui pousse à considérer des tenues comme trop "vulgaires" en opposition à un style vestimentaire raffiné plus proche de l'esthétique bourgeoise.
Mais pourtant, un défilé de lycéennes qui s'habillent très court, ça ne me fait absolument pas rêver. Peut-être parce que voir des mineures s'habiller avec des tenues sexualisées, et s'imaginer que ce serait ça la liberté, ça me gêne. Je sais qu'il y a une part d'irrationnel dans ce que j'écris, parce que d'un côté je veux refuser l'idée selon laquelle s'habiller court serait se sexualiser, et en même temps je suis mal à l'aise à l'idée de voir dans un événement qui consiste à ce que des mineures se mettent en jupes courtes/croptop un acte militant valorisant. Je peux comprendre qu'on perçoive cet événement comme une voie d'émancipation parmi plusieurs possibles (se voiler et affirmer le fait qu'afficher sa religion dans un pays laïc ne devrait pas être interdit, se dévoiler et contredire une certaine forme de puritanisme et de contrôle des autorités sur le corps des filles/femmes), mais pour moi pas grand-chose n'est dit/fait pour mettre les hommes en face de leurs responsabilités et pour se réapproprier l'espace public.
Voilà c'est purement objectif de ma part ; je serais davantage convaincue par exemple par un cortège de jeunes filles dans les rues très tard le soir, pour porter le message qu'il faudrait idéalement arrêter d'apprendre aux femmes à être prudentes et plutôt faire comprendre aux hommes que le rapport de force qu'ils font peser sur les femmes dans l'espace public (et ailleurs aussi d'ailleurs) est une violence qui n'a plus/pas sa place.