@Dame Verveine : Oh mais non, je n'avais pas du tout ressenti ton post comme culpabilisant pour les personnes monogames qui seraient "banales", j'ai juste vu que certaines personnes avaient pu relever cette dimension-là et je voulais rebondir là-dessus. J'ai trouvé le débat vraiment très intéressant, et c'était super que tu ajoutes une petite histoire du couple, c'était hyper intéressant ! En plus on est sur MadmoiZelle, forum le pls tolérant et bienveillant du monde, c'étit évident que tu ne voulais pas blesser. Faut pas paniquer comme ça

!
@Nedjma : On a régulièrement ce débat sur le forum, et on l'a aussi eu côté asexuel, et il est toujours aussi intéressant. Pour moi, les étiquettes "principales" (genre lesbienne, bi, trans, non-binaire, asexuel) sont importantes, parce qu'elles nous permettent de dire YOUHOU J'EXISTE JE SUIS PAS CIS/HETERO COMME VOUS ET C'EST PAS GRAVE. Notre société est trop normée pour qu'on puisse s'en passer, malheureusement... Après, il y a les nuances. Moi je suis asexuelle autochorisexuelle. Le premier mot est hyper important pour moi, pour les raisons que j'ai mentionnées. Il fait partie de mon identité. Si je devais arrêter de l'utiliser, c'est comme si je disais "J'arrête d'utiliser le mot fille pour me définir, car je suis un être humain avant tout". C'est vrai, mais je suis une fille et je ne supporterais pas d'arrêter de le dire, car que je le veuille ou non, il y a une différence énorme entre être une fille et ne pas l'être. Par contre, autochorisexuelle, il ne me sert à rien et il est compris par peu de gens. Je ne l'utilise que sur le topic Asexualité, tout simplement parce que ça va plus vite. Quand je veux raconter comment je vis quelque chose, c'est beaucoup plus rapide de dire "en tant qu'autochori je pense que" que "En tant que fille qui peut parfois être excitée par des situations mais jamais par des gens et qui contrôle entièrement ce désir, je peux dire que".
Tu vas me dire : d'accord, mais comment tu peux prétendre être objective dans ta distinction "étiquette importante/pas importante" ? Et bien oui, c'est tout le problème ! On n'a pas fini d'en débattre ! En tout cas, c'est comme ça que je ressens cette histoire d'étiquettes ; évidemment chacun a un avis différent et c'est tant mieux, je ne considère pas du tout cette petite réponse comme objective et exhaustive !
Après c'est sûr qu'il y a des dérives. Je pense que c'est parce que ça touche l'identité profonde. Avez-vous déjà essayé de faire des équipes filles/garçons lors d'un jeu d'enfants avec une compétition ? Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à faire l'expérience. Vous verrez qu'ils prendront tout beaucoup plus au sérieux que si vous aviez fait "rouge/bleu", et beaucoup plus vite, et que ça peut dégénérer rapidement. Un conflit causé par "c'est qui les mieux entre les filles et les garçons" va être plus violent et plus rapidement violent qu'aucun autre. Je l'ai testé plusieurs fois, en tant qu'enfant et part du combat, comme en tant qu'aînée responsable. Je pense que c'est comme ça dès qu'on touche à l'identité. Je parie tout ce que vous voulez que si on faisait des équipes "blancs/racisés" dans une école ça marcherait pareil. Cette susceptibilité, cette importance de ce qu'on est, de cette couleur, ce genre, cette orientation sexuelle qui nous définit, qui forge le regard des autres sur nous et dont dépend notre bonheur, continue une fois adulte. Et y compris dans les milieux LGBT+, hélas...