@Lady Stardust Je ne sais pas trop ce que ça apporte en soi. Je n'ai pas envie de croire que les violences sont simplement le fait d'individus violents infiltrés, elle a toujours une source.
Du côté de ma mère, c'est le monde ouvrier, les crédits, la pauvreté, les chambres qu'on se partage à trois ou quatre enfants, la télé qui tourne toute la journée, les milliards de trucs inutiles achetés à bas prix chez Gifi. Du côté de mon père, le capital culturel est bien plus important, même si il a galéré dans un premier temps, il a fini par accéder à un meilleur niveau de vie. Maintenant il a un joli pavillon, une bibliothèque pleine de classiques qui fait bien, c'est la gauche classe moyenne, presque bourgeoise dans les idées.
Je suis l'héritière de ces deux milieux, qui sont vraiment très différents, au point de m'être sentie dans ma très jeune jeunesse "chez les ploucs" quand j'étais chez ma mère, "chez les bourges" quand j'allais visiter la famille de mon père.
Ayant vécu pendant longtemps chez mon père, on ne m'a rien refusé même si c'était pas l'opulence. J'avais les livres que je voulais quand je voulais, j'ai été dans un lycée publics très réputé. Je suis toujours partie en vacances. Chez lui, ça parlait bien et ça critiquait "les smicards qui se payent des Iphone alors que nous, au moins, on est pas riches mais on se sert de notre argent pour bien manger" (papa
)
En soi je n'ai aucune légitimé à parlé des classes populaires, et à parler pour elles. Mais c'est quand même ma famille. C'est quand même mes proches, c'est quand même mon quartier. Ma conscience politique et mes connaissances à ce niveau m'empêche de fermer les yeux, et même si ça ne me concerne pas entièrement et directement, je suis en colère. Très en colère. Y'a milles et unes façon d'être opprimé et c'est pour ça que ce mouvement est intéressant : des tas de problématiques différentes sont soulevées en même temps.
Pour moi, par exemple, être étudiant c'est déjà être privilégié. C'est avoir réussi à avoir son bac. C'est pouvoir se payer un logement. Ca n'empêche que les étudiants sont totalement légitimes à gueuler sur leurs conditions d'études. Peut-être aussi qu'eux ça va, mais qu'ils ont leur voisin d'amphi qui galère. Peut être qu'il y en a qui pensent, c'est mon avis et c'est l'avis de pas mal d'étudiants que j'ai rencontré, que la fac devrait être un lieu de développement critique ouvert à tous, et que le systeme actuel est mauvais.
Tous ces gens là ont leur mot à dire, et tous ces gens là, à défaut de vivre eux memes la pire des violences, sont capables de la voir et de s'en insurger. Ca ne me dérange pas perso d'avoir des alliés dans les classes moyennes qui partagent ma rage. On ne choisit pas où on est, mais on peut choisir comment on vit et comment on veut vivre.
Du côté de ma mère, c'est le monde ouvrier, les crédits, la pauvreté, les chambres qu'on se partage à trois ou quatre enfants, la télé qui tourne toute la journée, les milliards de trucs inutiles achetés à bas prix chez Gifi. Du côté de mon père, le capital culturel est bien plus important, même si il a galéré dans un premier temps, il a fini par accéder à un meilleur niveau de vie. Maintenant il a un joli pavillon, une bibliothèque pleine de classiques qui fait bien, c'est la gauche classe moyenne, presque bourgeoise dans les idées.
Je suis l'héritière de ces deux milieux, qui sont vraiment très différents, au point de m'être sentie dans ma très jeune jeunesse "chez les ploucs" quand j'étais chez ma mère, "chez les bourges" quand j'allais visiter la famille de mon père.
Ayant vécu pendant longtemps chez mon père, on ne m'a rien refusé même si c'était pas l'opulence. J'avais les livres que je voulais quand je voulais, j'ai été dans un lycée publics très réputé. Je suis toujours partie en vacances. Chez lui, ça parlait bien et ça critiquait "les smicards qui se payent des Iphone alors que nous, au moins, on est pas riches mais on se sert de notre argent pour bien manger" (papa
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En soi je n'ai aucune légitimé à parlé des classes populaires, et à parler pour elles. Mais c'est quand même ma famille. C'est quand même mes proches, c'est quand même mon quartier. Ma conscience politique et mes connaissances à ce niveau m'empêche de fermer les yeux, et même si ça ne me concerne pas entièrement et directement, je suis en colère. Très en colère. Y'a milles et unes façon d'être opprimé et c'est pour ça que ce mouvement est intéressant : des tas de problématiques différentes sont soulevées en même temps.
Pour moi, par exemple, être étudiant c'est déjà être privilégié. C'est avoir réussi à avoir son bac. C'est pouvoir se payer un logement. Ca n'empêche que les étudiants sont totalement légitimes à gueuler sur leurs conditions d'études. Peut-être aussi qu'eux ça va, mais qu'ils ont leur voisin d'amphi qui galère. Peut être qu'il y en a qui pensent, c'est mon avis et c'est l'avis de pas mal d'étudiants que j'ai rencontré, que la fac devrait être un lieu de développement critique ouvert à tous, et que le systeme actuel est mauvais.
Tous ces gens là ont leur mot à dire, et tous ces gens là, à défaut de vivre eux memes la pire des violences, sont capables de la voir et de s'en insurger. Ca ne me dérange pas perso d'avoir des alliés dans les classes moyennes qui partagent ma rage. On ne choisit pas où on est, mais on peut choisir comment on vit et comment on veut vivre.