@Margay : Même sans avoir une approche particulièrement intersectionnelle, on peut avoir conscience que les hommes trans sont dans une situation différente et appréhender la masculinité toxique comme renforcée par l'hétéronormativité. Perso, je vois l'utilisation de cette expression plus comme une façon d'être plus précis.e dans ses propos que comme un aveu de notre souhait de rendre notre lutte plus intersectionnelle.
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a toutes autres choses égales, un homme a un avantage sur une femme, un blanc sur une POC… mais on n’est jamais dans une situation de toutes choses égales par ailleurs.
Je ne suis pas d'accord. Il n'y a pas besoin d'être "à tout choses égales" pour qu'un homme soit parmi le groupe dominant dans le cadre du sexisme. Passer d'une situation économique stable voire privilégiée à une situation économiquement précaire peut faire perdre à un homme les avantages propres à sa situation socio-économique passée, mais ne fera pas de lui une personne victime de sexisme. Et c'est pareil pour les autres discriminations. Subir une oppression n'annule ou ne compense pas les privilèges dont on peut bénéficier par ailleurs. Donc je ne comprends pas pourquoi tu sembles te servir des socio-économiques pour remettre en question la catégorie des hommes cis-het comme étant les dominants dans le cadre du sexisme. Par contre, parce qu'on fait partie du groupe dominant dans le cadre du sexisme, de l'homophobie et du racisme (le fameux homme blanc cis-het) ne veut pas dire qu'on n'est pas susceptible d'être victime d'oppression /de faire partie d'un groupe dominé par ailleurs. Ce n'est juste pas le cas dans le cadre de ces systèmes, et il se trouve que se sont ceux qu'on remet le plus activement en question dans les milieux féministes ces dernières années.
Quant à généraliser la situation de celleux qui identifient "homme cis-het" comme un catégorie dominante pertinente à nommer dans le cadre des luttes qu'iels mènent à un hashtag, je trouve ça un peu tiré par les cheveux. Surtout vu comment il a été repris. De la même façon que les tweet de James Gunn te paraissent être "de mauvais gout" (et pas l'expression d'une évidente pédophilie), le hashtag #killallmen est aussi devenu à mon avis une plaisanterie "de mauvais gout", ou d'un humour que je ne partage pas en tous cas. Mais c'est autant un appel au meurtre que #MenAreTrash est une incitation à abandonner les hommes dans des décharges.
D'ailleurs Emily McCombs ne travaille pas pour NYT (d'après sa bio et son LinkedIn), et le HuffPost n'a pas pris la défense de son tweet (qui a été effacé).