@Destiel Mok´ : Oui, c'est vrai que ce n'est pas évident. Et j'écris alors que ma fille a trois ans déjà.. mais les premières fois que j'ai ressenti ça, moi aussi, ça me mettait mal à l'aise ! Mais comme ça a été dit, ça nous arrive aussi de ressentir ça envers notre amoureux, et on ne remet pas en question notre amour pour lui.
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Pour les limites, le fait de dire non, l'autorité, toussa.
La première année, à peu près, j'ai trouvé que de ce point de vue là, c'était facile, car j'étais au clair avec le fait que pour moi, ce n'était pas l'âge adapté pour introduire la notion d'autorité. Je posais forcément certains interdits (quand elle a commencé à se déplacer, il a bien fallu assurer sa sécurité, et donc, poser quelques interdits pour la maintenir en vie

) mais c'était tout. Ensuite, c'est venu en suivant sa capacité à entendre/comprendre/raisonner.
Je me souviens du point auquel j'ai été choquée quand à 9 mois, alors que je préparais les accessoires du bain (un thermomètre, une brosse à dents, son dentifrice, son peigne) et que je la voyais y toucher, je lui ai dit : "prends le dentifrice" et qu'elle l'a pris, et pareil pour chaque objet sans erreur.

J'ai pris une grosse claque quant à l'intelligence de la bête

et je me suis dit qu'on allait commencer à pouvoir introduire quelques "règles" compatibles avec son degré de compréhension des choses.
C'est suite à ça qu'on a commencé doucement à introduire des interdits, toujours lié à la sécurité, et petit à petit, à ce qui nous semblait capital et non négociable (donner la main là où il y a des voitures, rester dans son lit quand il est l'heure d'y aller, manger à des moments +- établis,.. ) il y en avait peu, c'était donc facile de les tenir, et de rester constants. Jusque là, c'était facile.

Puis.. elle a grandi peu à peu, elle compris plus de choses, on a donc voulu commencer la partie "éducation" et ça s'est corsé

Globalement, d'un jour à l'autre euuuh, ben j'ai l'impression de ne pas toujours savoir ce que je fais. Et parfois, clairement, je fais n'importe quoi. Parce qu'il est difficile d'anticiper les réactions d'un tout petit, parce que parfois elle est tellement relou que la Dalaï Lama aurait envie de l'emplâtrer, mais qu'on est anti-violence éducative quelle qu'elle soit, et qu'on apprend tous les jours à être parents. Bref, c'est parfois franchement pas simple.
Je me rassure en me disant qu'à part son caractère assez prompt à la colère (aux colères) (nombreuses) (longues) (chiantes) (

) (qui tend malgré tout à aller vers un mieux petit à petit, mois par mois) elle est une petite fille capable de nommer ses émotions, de mettre son ouragan sur pause pour écouter ce qu'on a à lui dire, et qu'elle ne dépasse pas les interdits fondamentaux de la maison (on ne frappe pas, les règles autour de la bouffe-du sommeil-de la sécurité) et qu'elle est bien dans ses pompes. (et que son instit' en voudrait 20 comme elle

)
Les bons jours, je ne crie pas, mon mari non plus, on explique, les colères sont peu nombreuses, il fait beau, elle entend raison, elle fait des bêtises de son âge qu'on autorise parce qu'on trouve ça cool d'expérimenter et que je n'associe pas le rôle de parents à celui de gendarme. On est dans la bienveillance telle que décrite par les gourous à la mode, toussa, on se sent pousser des ailes, elle est formidable et on est nés pour être parents.
Les moins bons jours, je suis moins patiente, elle est plus difficile (à noter que l'un entraîne l'autre, quel que soit le premier à entrer en jeu

), elle pique des colères, je crie, je dis des trucs pas cools (je dis parfois "t'es chiante" ou "t'es infernale") et mon mari crie aussi. On l'isole, on la met au coin, on confisque des trucs, on menace de punir, on a recours au 1.2.3 (et on fait quoi après, hein ?

), puis ça passe, mais on se sent les pires parents du monde, on se dit qu'elle va finir à la Une des journaux quand de délinquante elle sera passé à baron de la drogue, on se dit qu'on a été cinglés et qu'on y arrivera jamais... puis ça passe.
On fait front devant elle (enfin, c'est la règle, il m'arrive parfois d'y déroger, je m'en veux après, parce que je crois sincèrement qu'on doit faire front commun quitte à remettre les trucs en place après coup), on ne remet pas en question les décisions d'un parent, etc.
Je suis un peu plus détendue que mon mari (qui a des réflexes qu'il a du mal à expliquer aussi, genre il voudrait qu'elle vide son assiette, alors que j'en ai rien à foutre

mais je gagne, ouf) mais on est sur la même longueur d'ondes. Et ma chance, c'est qu'il accepte la remise en question quand je trouve qu'il fait un truc pas cool (moi j'ai plus de mal

mais j'y travaille, c'est lié au manque de confiance en soi).
Par contre, je ne m'en veux pas de dire non, de fixer des interdits, et d'édicter certaines règles arbitraires. Je crois aussi qu'on peut être très proche de son enfant, mais qu'en tout cas, pendant les jeunes années au moins, il faut qu'il y ait un cadre, des limites, une relation hiérarchisée et parfois un argument d'autorité (parce que c'est papa et maman qui décident, parce que c'est comme ça)
Je pense vraiment qu'un enfant en a besoin, et que c'est aussi notre rôle. Fixer un cadre que l'enfant cherchera à dépasser, parce que c'est comme ça qu'il grandit.
Mais au quotidien, je suis assez relax, elle peut essayer beaucoup de choses, faire pas mal d'expériences, je me fiche qu'elle se salisse (mon seul commentaire quand elle est crade après avoir joué sera : "c'est que tu t'es bien amusée !"), qu'elle monte le tobbogan à l'envers, qu'elle crie dans le jardin, qu'elle joue assise sur la table basse du salon, qu'elle se couvre le corps de marqueur, ce qui prime vraiment, c'est qu'elle soit en sécurité, en bonne santé, en forme, et qu'elle dispose des armes nécessaires pour vivre en société sereinement. Pour le reste, j'ai pas spécialement envie d'en faire une gamine trop polie pour être honnête.
