Perso, j'étais plutôt convaincue par les arguments "pro" biberon que ceux pour l'allaitement. Rationnellement, c'est vers ça que je pensais tendre.
Finalement, elle est née, et je l'ai allaitée un an, et ça a été si naturel (j'ai bien eu mal au tétons quelques jours/des tranchées toussa) et facile que ça a duré une année. J'avais besoin de cette fusion, et j'aimais, je pense, le fait qu'inévitablement, ça excluait un peu le reste du monde. Ca a aussi, je pense, réparé un peu cette grossesse que j'ai détestée. Rationnellement, je me retrouve toujours dans ce que
@Lilliy met en avant, ça me parlait tout à fait. Mais ma façon d'être maman ne m'a pas permis de vivre les choses différemment, et je pense que je referais tout pareil pour un second. Peut-être même un peu plus longtemps. Mais je ne trouve pas que ce soit "mieux" ou supérieur au biberon. Je pense que ça l'est dans plein de régions du monde, mais que par ici, pour peu qu'on ait des notions d'hygiène plutôt basique et un bon accès aux soins ben.. c'est vraiment kif kif.
Ma sœur donne le biberon depuis le début et son fils m'a l'air tout aussi cool que ma fille, par exemple.
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Clap de fin.
Ce matin, mon père est venu garder l'arsouille pour que mon mari et moi puissions aller ensemble voir la directrice.
En arrivant, à part l'instit de ma fille qui m'a parlé gentiment, PERSONNE ne m'a dit bonjour. J'étais à la fois un peu agacée, et malgré tout, un peu triste devant un comportement si puéril.
On a du fait la file, il y a avait 5 ou 6 parents qui venaient se plaindre de la séparation petits & grands (


) : ambiance devant la porte, bonjours froids et distants. JOIE.
Les surveillantes évitaient mon regard. Mon mari a du me dire : "tu as fait ce qu'il fallait, ils sont en tort" pour que je ne me décompose pas, je me sentais tellement pestiférée (je me suis félicitée de ne pas avoir mis ma fille ce dernier jour, je ne doute pas de son instit mais les autres..

)
On a vu la directrice, sèche de prime abord, qui me refout sous le nez 'j'ai plein de soucis avec les parents, alors que j'ai fait ça pour vous, et vous partez quand même' (mon mari a dit : je vous arrête, vous faites ça pour la sécurité des enfants dont vous avez la responsabilité, pas pour nous faire plaisir), puis elle est revenue sur le discours "un enfant ça tombe, ça se blesse bla bla" donc on a remis les pendules à l'heure, en disant qu'on était bien d'accord, mais qu'il y avait eu des manquements graves, notamment en ne nous prévenant pas. Elle a réussi à dire qu'on avait soigné ma fille (euh oui on a mis de l'eau froide sur sa joue avant de la foutre à la sieste sans surveillance particulière..) et que si ça avait été grave, ils auraient appelé.
Mon mari (que j'appelle "Placide" en temps normal) lui a dit : "bon, on va arrêter ça tout de suite, je suis médecin, je suis habitué à évaluer des traumatismes, le sien était important, et pour le même prix, elle saignait dans sa tête et ne se réveillait pas de sa sieste, vous avez manqué gravement à vos obligations, et on est bien gentils d'en rester là", ça m'a permis de me recentrer, et j'ai dit ce que j'avais sur le cœur, en restant calme et posée (ce que je souhaitais, je voulais rester droite dans mes bottes et n'avoir rien à me reprocher au final).
J'ai pu dire que j'avais l'impression d'avoir été correcte, conciliante et droite, que je n'avais chargé personne et que l'attitude des profs et surveillants (en disant que les parents réagissaient bien comme ils voulaient après tout c'est leurs gosses pas les miens) m'avait profondément blessée.
Bref, elle a signé sans faire d'histoire, on a quand même mis les motifs réels (ça a été trop loin pour qu'on noie le truc) et on est allés récupérer ses affaires. L'instit a dit que c'était une super petite fille. J'ai eu sa farde de dessins, et travaux, et quand l'instit a décroché ses étiquettes/photos du porte manteau et tout, j'ai eu les larmes aux yeux tellement j'ai trouvé tout ça si.. triste.
Bref, j'ai dit à ma fille qu'on était en congé, que lundi on allait dans une nouvelle école, avec des lapins et plein de sorties à la bibliothèque, et elle dit qu'elle a envie d'y aller..
La directrice de là bas est chaleureuse et rassurante.
Un nouveau chapitre dès lundi, donc
