@Trafalgar : Ma fille a la même robe avec les ratons laveurs
Pour la discussion en cours, sur la conciliation vie perso/vie pro.. : Bon, ben je suis mère au foyer, donc on va dire que je ne concilie rien du tout

Il y a des années, j'aimais l'idée du travail, et je tirais une énorme satisfaction du fait d'être indépendante financièrement, et de nous faire vivre tous les deux sur mon salaire quand mon mari était étudiant. Je pense que j'avais clairement quelque chose à me prouver à ce niveau (peut-être parce que je n'avais pas trouvé ma place dans la vie scolaire ? ça me rassurait d'assurer à ce niveau là)
Mais je n'ai jamais été très ambitieuse. Je gagnais correctement ma vie (1600 € pour un job d'assistante sociale sans expérience préalable) mais quand on m'a proposé un emploi payé double, mais demandant plus d'investissement (travailler le week-end, faire quelques soirées, avec des possibilité d'évolution importantes, et des responsabilités qui allaient augmenter au fil des ans) j'ai refusé. Nous n'avions pas encore d'enfants, mais j'avais envie de privilégier notre couple, et mon temps libre.
Puis, burn-out, dépression, trou noir. J'en suis sortie petit à petit, avec l'idée que je retournerais travailler un jour. On a voyagé, on s'est mariés, je suis tombée enceinte, et je me sentais bien dans cette vie là. On s'est dit avec mon mari que je resterais 6 mois à 1 an avec notre fille, puis que je retravaillerais. Je ne pensais pas être faite pour être mère au foyer. Puis, elle est arrivée, et je suis devenue "maman" à plein temps, et avec les mois qui passaient, j'ai réalisé que ça me suffisait. Que je tirais plus de bonheur à la voir évoluer au quotidien qu'à remplir des objectifs professionnels. J'étais présente pour chaque nouvelle acquisition, et ça m'importait beaucoup, d'autant qu'elle ne voit son papa qu'une heure par jour en moyenne.
J'ai une grosse incapacité à bousculer ma fille, à lui imposer les contraintes horaire d'un monde d'adultes. Je dis rarement "dépêche toi" et je détester avoir à le lui dire. C'est quelque chose qui me fait beaucoup culpabiliser.
Du coup, je pense que le "job" de mère au foyer me convient mieux, parce que ça m'a permis de coller au rythme de ma fille, jusqu'à son entrée à l'école. En fait, et c'est très personnel, c'est vraiment ma vision du truc, mais j'ai envie de permettre à ma fille de n'avoir qu'un job : être une enfant.
J'ai aussi l'impression que j'ai besoin de temps pour défusionner, simplement. Ca se fait petit à petit, mais je n'ai eu envie de faire quelque chose de tout personnel qu'il y a 9 mois : apprendre la couture. En Septembre, j'ai commencé des cours, et réalisé que cette journée de cours était la première activité où j'étais moi et juste moi que je m'octroyais depuis plus de deux ans. Je n'en avais pas eu besoin avant, je n'étais pas prête je crois. Pour le moment, je trouve mon équilibre comme ça.
Mon mari a un travail prenant, une formation qui ne sera enfin terminée que dans 7 mois (on y arrive !!

) et ça ajoute à ma volonté d'être là chaque jour pour récupérer ma fille à 15h30, pour avoir le temps de me poser à hauteur d'enfant et de parler avec elle pendant plus d'une heure de l'importance de colorier la queue du lapin en rouge plutôt qu'en orange. Je déteste le mépris sous jacent quand on entend "je ne suis qu'une mère", parce que moi, je me considère comme une mère, et j'ai l'impression de faire le job le plus important au monde

J'aide à la formation d'une citoyenne de demain

Je sais qu'on a une vie des plus traditionnelles (le mari qui bosse 70h/semaine, la femme au foyer

) mais je sais aussi, pour avoir rebondi et changé de cap plusieurs fois, qu'on peut faire tous les projets qu'on souhaite, la vie viendra bien assez tôt tout chambouler. Alors j'en profite.
J'ai aussi un rapport bien particulier au travail, parce que ce burn-out et ce trou noir m'ont ouvert les yeux sur ce que j'étais prête à donner pour un emploi, ou non. Et pour le moment, les choses sont claires : RIEN. Je n'ai rien à leur donner, je ne prendrai rien à ma fille pour un monde qui a bien failli me tuer.
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Il y a une petite mordeuse/tapeuse dans la classe de ma fille. Apparemment, elle frappe/mord chaque jour.. (jusque là, apparemment, ma fille n'est pas dans son viseur, ouf ^^)
J'ai déjà vu les parents à la sortie (et on va dire poliment qu'on comprend assez bien d'où vient le souci.. "me casse pas les couilles putain" à 8h du mat' en déposant sa gamine de trois ans..

ce sont les seuls à sortir du lot, et c'est pas vraiment un bon point.. ) et elle m'a fait de la peine tantôt. Quand je déposais ma fille, un petit garçon pleurait (et puté, y avait de quoi, on voyait le tracé des dents dans son bras, et il était tout bleu

) et la directrice est venue chercher la petite fille pour l'emmener dans son bureau et parler de tout ça.
J'ai juste envie de tataner la gueule aux parents.. Elle a trois ans, et elle est déjà vue comme une gamine à problèmes..
(et accessoirement, j'espère qu'elle ne tapera pas ma fille, parce que j'ai peur de perdre toute empathie dans ce cas là

)
Elle habite plus loin dans le quartier.. Je ne sais pas trop ce qui pourrait l'aider..