Je comprends franchement le dilemme de la Madz de l'article, même si c'est peut-être formulé de façon un peu maladroite. C'est quand même un métier très particulier. Je comprends qu'elle s'interroge sur ses valeurs, celles de son copain et l'impact qu'elle veut que ces valeurs aient sur leur vie, et, tout en étant désapprouvant personnellement l'idée de contacter un psy à sa place (à moins que ce nouveau désir professionnel soit accompagné de changements inquiétants dans son comportement qui ne sont pas mentionnés là, ce qui est possible) et de "pathologiser" tout un corps de métier, je pense que c'est une conversation importante à avoir tous les deux, que cela finisse par la rassurer sur les motivations de son copain ou que ça les aide à déterminer qu'il vaut mieux se séparer. Et je comprendrais qu'elle s'inquiète également sur le plan personnel, le possible éloignement a déjà été évoqué, mais peuvent aussi se poser des problèmes de stress et de fatigue, de difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, de potentielles expériences traumatisantes qui peuvent laisser des séquelles, aux scandales de bizutages et d'agressions sexuelles sur les deux sexes... Il y a plein de gens qui s'épanouissent dans l'armée, mais quand ce n'est pas le cas, ça peut vite être difficile à vivre.
Je suis d'accord avec
@Esturgeon que c'est important que des profils différents intègrent des corps de métiers qui seraient trop homogènes (ici on parle particulièrement d'une dominance de l'extrême droite, mais la féminisation de certains domaines professionnels est un beau combat également), c'était même un objectif assez courant au siècle dernier dans les milieux de gauche et communistes en particulier, d'avoir un poids dans le plus d'endroits possibles et de ne rien laisser tomber aux mains de l'extrême droite, y compris l'armée. Bon, ça n'a pas eu l'air d'être un succès dans ce cas-ci.

Mais je pense que c'est bien plus facile de se lancer avec ce genre d'objectif dans d'autres professions qui n'ont pas un devoir de réserve aussi stricte que l'armée et n'ont pas (ou moins) cette position difficile "d'outil" de l'Etat avec l'aspect obéissance qui va avec. Ne serait-ce que la police, par exemple, qui a, elle, le droit d'avoir des syndicats (même si c'est un peu la foire et qu'on entend toujours parler que d'Alliance, il y a d'autres syndicats, y compris des syndicats qui ne sont pas de droite) (oui, il y a une CGT Police

). La culture de gauche est quand même particulièrement éloignée de celle de l'armée.
(Et pour participer au HS sur les profs, ne vous inquiétez pas, en 2017 ils ont voté Macron, ils ne sont plus si à gauche que ça.
Et qu'on soit d'accord ou non, on s'appelle l'EDUCATION Nationale, donc oui, il y a une partie éducation, pas juste remplissage de cerveau avec des formules mathématiques et des pièces de Molière, ce que je trouve personnellement normal et essentiel, mais même si j'étais pas d'accord ben, on respecte quand même les programmes (
à mon grand désespoir, je ne peux pas unilatéralement décréter de ne pas enseigner le programme de géographie en cycle 3 qui m'ennuie abyssalement et sur lequel je râle bien trop souvent à la maison). Oui, sans doute que nos opinions politiques influence nos pratiques professionnelles (après, je suis du camp "tout est politique" donc je ne vais pas dire le contraire

), que ce soit dans la relation avec les élèves et les parents, dans les pédagogies choisies, dans les œuvres étudiées... Mais 1. pas forcément de la même manière en fonction des personnes, et pas forcément dans le sens qu'on croit (je suis de gauche et pourtant perçue comme très vieux jeu sur certains trucs

), et 2. on ne passe pas toute sa scolarité avec un même prof, c'est bon et important pour un élève de découvrir différentes façons de faire cours et d'apprendre, d'avoir à s'adapter à un style d'enseignant différent, à d'autres rapports à l'autorité. On ne cherche pas à leur refiler la carte d'un parti politique, on respecte les programmes, mais on n'est pas des robots. Ma personnalité influence ma pratique aussi, ma propre expérience de ma scolarité, mes études à la fac, mon humeur du jour influencent ma pratique professionnelle aussi. Les profs sont des humains, pas des robots distributeurs de savoirs (mais qui sait, certains parviendront peut-être à nous en faire arriver là).
Pour ce qui est des profs de droite et du fait qu'ils seraient de moins bons profs ou que sais-je : je ne pense pas qu'être économiquement de droite fasse de quelqu'un un mauvais prof (au pire un prof d'économie ennuyeux

). En revanche, j'ai travaillé dans une classe où il y avait 2 élèves blancs sur 30, la plupart des parents d'élèves étaient étrangers, beaucoup de situations économiques précaires. Est-ce que quelqu'un qui pense que ces enfants ne devraient pas être là, qui compte sur la prochaine présidentielle pour les renvoyer dans un pays dont ils n'ont aucun souvenir ou qui pense que leur place future sera à l'usine pour les garçons ou à la cuisine pour les filles... est-ce que quelqu'un comme ça serait véritablement un bon prof pour ces élèves ?
Notamment au collège et au lycée quand les questions d'orientations se posent et qu'on sait que les profs ont un impact là-dessus, que les filles sont orientées différemment des garçons, que les enfants des quartiers populaires sont orientés différemment que les enfants de bourgeois ? Est-ce qu'ils leur expliqueront ce qu'est une prépa si leurs parents ne connaissent pas ? Est-ce qu'ils encourageront une ado noire à poursuivre une voie qui lui permette de devenir vétérinaire, ou est-ce qu'ils l'enverront en CAP Services à la personne ?)