Mon mec veut s’engager dans l’armée, et ça me dérange

M

Membre supprimé 332225

Guest
@Camility Jane Non, l'espe ne dit pas le mot "genre". Je n'enseigne d'ailleurs pas la théorie du genre (c'est quoi d'ailleurs ?) mais en tant que prof de SVT je leur parle de différences possibles entre sexe biologique, orientation sexuelle et identité sexuelle (le fait de se sentir en cohérence avec son sexe biologique ou pas). Je fais des encarts sur les personnes intersexes aussi.
Nous avons une liberté pédagogique.

À l'espe on nous enseigne les valeurs de la République, être un fonctionnaire éthique.
Mais ce n'est pas un manquement à l'éthique de parler aux élèves de la diversité des êtres humains qui existe.
 
2 Octobre 2020
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Pour en revenir à l'article, je me pose la question du si c'était un homme qui posait la question, la réponse aurait été la même ? Comme prendre rdv avec le psy pour elle car elle a forcément un problème...
Ou ça aurait été plus du genre de laisser la femme choisir son avenir, de la laisser faire son expérience de vie ?
Et si c'était un couple homosexuel (femme/femme et/ou homme/homme)? Car la question peut se poser pour tous les couples et si la réponse change en fonction du genre de la personne, c'est plus qu'un préjugé sur l'armée...

Et pour en revenir à certains commentaires, c'est loin d'être bienveillant...
 
M

Membre supprimé 350151

Guest
C'est indissociable selon moi.. Et j'irai même jusqu'à dire qu'heureusement que mes profs ne se sont pas limités à nous instruire selon le programme donné. On a appris à avoir un esprit critique grâce à eux. Quand il y avait des élections, certains avaient même pris quelques programmes au hasard pour nous apprendre à lire entre les lignes. Ce sont des choses que je n'aurais pas appris dans ma famille mais qui sont essentielles dans ma vie adulte. C'est plutôt naïf à mon avis de s'attendre à une instruction pure et dure. Un élève passe la journée entière, cinq jours par semaine à l'école et il faudrait que ce soit cinq jours sans un minimum d'éducation ?

La question des corps de métier qui vote plutôt d'un côté ou d'un autre est plutôt épineuse en revanche à mon sens. Certes, tant qu'une opinion n'est pas exprimé, ça peut ne pas poser de problème.. Mais si je regarde une profession comme policiers, il me semble très difficile de considérer que c'est juste une opinion quand on voit toutes les "bavures". Ce ne sera pas tous les policiers mais c'est quand même prendre le risque de bosser avec des collègues qui ne cacheront pas très bien leurs "opinions". Pour certains, c'est un détail qui a de l'importance et je peux le comprendre. Je voudrais en revanche souligner que ce n'est pas parce qu'un corps de métier ne présente pas d'opinion politique à priori "problématique" que ça le rends safe.
 
M

Membre supprimé 332225

Guest
@Bellinda Dernier commentaire et j'en ai terminé avec toi, tu répondras si tu veux, mais je reconnais bien dans cette crispation sur le fait de ne pas se cantonner aux enseignements "basiques" et d'enseigner les valeurs d'inclusion, un réel refus de ta part de prendre en compte l'humain et les valeurs altruistes qui existent encore dans notre société.
Je pense que tu es clairement dans autre chose. Si le seul fait d'enseigner des valeurs inclusives te fait dresser les poils, c'est que tu ne veux pas d'inclusion.
Ce que je trouve inquiétant, c'est que tes valeurs soit-disant neutres qui en cachent d'autres soient distillées tranquillement sur ce forum. Sous couvert d'arguments intellectuels et très procéduriers, je crois lire justement l'idéologie contre laquelle je me bats : la masculinité toxique et le suprémacisme blanc.
On n'est pas sur JVC.
 
2 Mars 2021
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Pour en revenir également à l'article, la situation est compliquée car je peux comprendre les réticences de la Madz sur le choix de carrière de son copain. A mon sens, elle doit surtout être prête à envisager que leur chemin se sépare, plutôt que de se mettre en tête de le faire changer d'idée/le changer lui.

Je suis d'accord avec les commentaires qui soulignent que la Madz a beaucoup de préjugés sur l'armée et sur le monde militaire, mais je peux aussi comprendre que cela soit un dealbreaker pour elle. Mais dans ce cas, la seule solution si le Monsieur est sérieux dans son engagement est de rompre car ce ne serait de toutes façons pas viable pour leur couple. L'un comme l'autre mérite d'être avec une personne qui les soutient, partage les mêmes valeurs, les mêmes envies, le même rythme de vie etc.

Je trouve plutôt inquiétant que le magazine cautionne et encourage des comportements de couple absolument pas sains, comme prendre rdv pour son (ou sa) conjoint.e chez un psy/un coach. C'est très contrôleur et infantilisant, en plus d'être une forme de gaslighting ("tu ne veux pas vraiment faire ça, tu es juste perdu dans ta tête, regarde c'est normal tu sors d'un burn out"). Ce n'est pas la position de la Madz que de faire ça : oui, elle aime son copain mais l'amour ne justifie pas tout.

D'ailleurs, elle souligne elle-même dans son message qu'elle a soutenu son copain tout le long de sa dépression, ce qui est un super comportement de sa part. Néanmoins, entre ça et les inquiétudes sur une charge mentale grandissante, je me pose des questions sur la réelle équilibre de leur couple, d'ores et déjà... Elle finit son témoignage par "Je suis tiraillée entre accepter et dire basta." Je pense que si elle y pense déjà (et elle doit y penser suffisamment pour contacter des inconnu.es sur internet pour demander des conseils), c'est qu'elle connait déjà la réponse. En tout cas, de mon côté, je pense que ce n'est pas utile de jouer les "Bob the Builder" pour son ou sa partenaire. Que la Madz qui témoigne a d'ores et déjà l'air de supporter une grosse charge mentale émotionnelle au sein du couple. Que ce n'est pas à elle d'accepter et de supporter tout ça. Que si l'armée est un dealbreaker pour elle, même si c'est fondé sur des préjugés, c'est aussi son droit et je comprends qu'elle souhaite être avec quelqu'un qui partage ses projets de vie. Mais dans ce cas, oui, la seule solution "saine" à mes yeux est d'arrêter là et de trouver un compagnon plus compatible avec ses désirs.
 
29 Octobre 2021
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@Matilda Verdebois

Mon propos est le suivant: le travail d'un enseignant est d'instruire, donc de transmettre des savoirs, le rôle des parents est d'éduquer. Dans l'anecdote que tu racontes, tu es dans ton rôle en ne répondant pas à la question de l'élève, parce que répondre aurait été équivalent à donner une opinion personnelle à un élève qui n'a pas encore les connaissances et l'indépendance d'esprit suffisantes pour apprécier ta réponse avec un regard critique.

Quand je vois où se situe la France au classement PISA, que de plus en plus d'élèves entrent en 6ème sans savoir lire, écrire ou compter, que le niveau de difficulté des épreuves de maths au bac ou au brevet est en chute libre et la consigne donnée aux professeurs de français pour donner la moyenne aux élèves de STI à l'écrit s'ils sont capables d'articuler une phrase "sujet - verbe - complément" correctement, je m'interroge sur les raisons de la baisse de niveau. Ce n'est pas une attaque personnelle - je sais bien que les enseignants la déplorent aussi - mais une inquiétude sur la formation des enseignants et ce qu'on leur demande de faire avec les élèves.

Mon propos est une réaction à celui de @Sophie L qui estime qu'avoir une majorité d'enseignants de gauche est nécessaire pour instaurer une "sécurité émotionnelle", ce que je ne crois pas. Je rappelle quand même ce qu'elle écrit:
Tous les enseignants ne sont pas de gauche, mais effectivement on est assez nombreux. Et tant mieux, les élèves ont le droit de se sentir en relative sécurité émotionnelle.
Pour répondre de manière plus générale à @Destiel Mok´ , @Pipistrelle. et @Alzire : je suis d'accord pour dire qu'une enseignant doit créer les conditions d'une vie de classe qui rend possible la transmission des savoirs et que ça passe aussi par encourager la tolérance entre les élèves et prévenir toute forme de discrimination pour éviter qu'un élève soit harcelé pour quelque raison que ce soit.

Sauf qu'il y a une différence entre, d'une part, montrer de la fermeté et faire preuve de pédagogie face à un comportement raciste ou homophobe, et, d'autre part, délivrer un enseignement idéologique. Comme l'a noté @Camility Jane , l'anti-racisme est une idéologie qui va bien au-delà de la lutte contre le racisme et il est naïf de croire qu'on peut enseigner l'anti-racisme en se limitant simplement à expliquer qu'il ne faut pas discriminer un élève en raison de sa couleur de peau. Plus concrètement: je trouve très bien qu'un enseignant reprenne un élève qui tient des propos racistes, je trouve en revanche problématique qu'un professeur d'anglais passe l'année à faire étudier à ses élèves des articles qui font la promotion du "melting-pot" ou qui expliquent à quel point Obama est extraordinaire (situation vécue, au collège et au lycée).

Je n'ai aucun problème à ce que les enseignants incitent les élèves à être tolérants les uns envers les autres et à se respecter.

@Sophie L
Si le seul fait d'enseigner des valeurs inclusives te fait dresser les poils, c'est que tu ne veux pas d'inclusion.
C'est un procès d'intention complètement gratuit, d'autant plus que je dis radicalement le contraire puisque je rappelle le rôle que doivent jouer les parents dans l'apprentissage de la tolérance et de la bienveillance.
Ce que je trouve inquiétant, c'est que tes valeurs soit-disant (sic) neutres qui en cachent d'autres soient distillées tranquillement sur ce forum. Sous couvert d'arguments intellectuels et très procéduriers, je crois lire justement l'idéologie contre laquelle je me bats : la masculinité toxique et le suprémacisme blanc.
Tu as vu de la "masculinité toxique" et du "suprémacisme blanc" dans ce que je dis? Simplement parce que je considère que l'instruction des savoirs fondamentaux doit être prioritaire? Ou parce que je suis en désaccord avec toi quand tu affirmes qu'un enseignant doit être de gauche pour la "sécurité émotionnelle" des élèves?

Je veux bien échanger et discuter, mais je ne vois pas vraiment l'intérêt si tu me prêtes des opinions qui ne sont pas les miennes à grand renfort de sophisme de l'Homme de paille.
 
J

Jesilma

Guest
@Belllinda
Tu n'as pas mis les pieds dans une salle de classe depuis combien de temps, en fait ?

Désolée mais tes propos sont complètement en dehors des réalités du métier. Et je ne comprends juste pas le vieux poncif du "niveau qui baisse" et le lien avec l'égalité des sexe, la lutte contre l'homophobie, le racisme etc. etc. C'est limite malhonnête et vraiment ridicule. Sur ce point il faudrait plutôt s'attaquer aux classes surchargées, aux profs non remplacés, aux restrictions de budgets...
Et juste pour clarifier : oui, c'est important pour la sécurité émotionnelle des élèves. Je dirais même que c'est indispensable, parce que c'est des sujets qui les concernent en fait. Je vois mal comment une petite fille peut étudier les mathématiques, les sciences, de manière optimale avec un prof qui pense qu'elle sera de toute façon nulle à cause de son sexe, comment un élève peut apprendre sereinement dans un milieu raciste ou homophobe etc. etc. C'est quand même une base.
Ce n'est même pas une question d'être un enseignant de gauche ou pas. Enfin oui, c'est être de gauche mais selon moi ça ne devrait pas, c'est juste que tu as des humains en construction en face de toi, avec leurs différences.
Et ça n'a rien à voir avec un prof qui passerait son temps à donner ses opinions politiques sur tout. Qui fait ça, en vrai ? J'imagine que ça peut exister chez les profs comme partout. Mais là bonjour ton mépris du métier quoi.
 
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J

Jesilma

Guest
Je crois que personne n'a dit qu'une personne de gauche ne peut pas être toxique ?
Par contre, oui, j'ai dû mal à imaginer comment une personne raciste, homophobe, sexiste peut assurer la sécurité affective des élèves ? Au bout d'un moment ça va quand même apparaitre dans son discours et sa relation aux élèves et ce sont ces derniers qui seront en première ligne.
 
Dernière modification par un modérateur :
17 Décembre 2021
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Je comprends franchement le dilemme de la Madz de l'article, même si c'est peut-être formulé de façon un peu maladroite. C'est quand même un métier très particulier. Je comprends qu'elle s'interroge sur ses valeurs, celles de son copain et l'impact qu'elle veut que ces valeurs aient sur leur vie, et, tout en étant désapprouvant personnellement l'idée de contacter un psy à sa place (à moins que ce nouveau désir professionnel soit accompagné de changements inquiétants dans son comportement qui ne sont pas mentionnés là, ce qui est possible) et de "pathologiser" tout un corps de métier, je pense que c'est une conversation importante à avoir tous les deux, que cela finisse par la rassurer sur les motivations de son copain ou que ça les aide à déterminer qu'il vaut mieux se séparer. Et je comprendrais qu'elle s'inquiète également sur le plan personnel, le possible éloignement a déjà été évoqué, mais peuvent aussi se poser des problèmes de stress et de fatigue, de difficulté à concilier vie familiale et vie professionnelle, de potentielles expériences traumatisantes qui peuvent laisser des séquelles, aux scandales de bizutages et d'agressions sexuelles sur les deux sexes... Il y a plein de gens qui s'épanouissent dans l'armée, mais quand ce n'est pas le cas, ça peut vite être difficile à vivre.

Je suis d'accord avec @Esturgeon que c'est important que des profils différents intègrent des corps de métiers qui seraient trop homogènes (ici on parle particulièrement d'une dominance de l'extrême droite, mais la féminisation de certains domaines professionnels est un beau combat également), c'était même un objectif assez courant au siècle dernier dans les milieux de gauche et communistes en particulier, d'avoir un poids dans le plus d'endroits possibles et de ne rien laisser tomber aux mains de l'extrême droite, y compris l'armée. Bon, ça n'a pas eu l'air d'être un succès dans ce cas-ci. :lunette: Mais je pense que c'est bien plus facile de se lancer avec ce genre d'objectif dans d'autres professions qui n'ont pas un devoir de réserve aussi stricte que l'armée et n'ont pas (ou moins) cette position difficile "d'outil" de l'Etat avec l'aspect obéissance qui va avec. Ne serait-ce que la police, par exemple, qui a, elle, le droit d'avoir des syndicats (même si c'est un peu la foire et qu'on entend toujours parler que d'Alliance, il y a d'autres syndicats, y compris des syndicats qui ne sont pas de droite) (oui, il y a une CGT Police :cretin:). La culture de gauche est quand même particulièrement éloignée de celle de l'armée.

(Et pour participer au HS sur les profs, ne vous inquiétez pas, en 2017 ils ont voté Macron, ils ne sont plus si à gauche que ça. :lunette:
Et qu'on soit d'accord ou non, on s'appelle l'EDUCATION Nationale, donc oui, il y a une partie éducation, pas juste remplissage de cerveau avec des formules mathématiques et des pièces de Molière, ce que je trouve personnellement normal et essentiel, mais même si j'étais pas d'accord ben, on respecte quand même les programmes (à mon grand désespoir, je ne peux pas unilatéralement décréter de ne pas enseigner le programme de géographie en cycle 3 qui m'ennuie abyssalement et sur lequel je râle bien trop souvent à la maison). Oui, sans doute que nos opinions politiques influence nos pratiques professionnelles (après, je suis du camp "tout est politique" donc je ne vais pas dire le contraire :yawn:), que ce soit dans la relation avec les élèves et les parents, dans les pédagogies choisies, dans les œuvres étudiées... Mais 1. pas forcément de la même manière en fonction des personnes, et pas forcément dans le sens qu'on croit (je suis de gauche et pourtant perçue comme très vieux jeu sur certains trucs :coiffe:), et 2. on ne passe pas toute sa scolarité avec un même prof, c'est bon et important pour un élève de découvrir différentes façons de faire cours et d'apprendre, d'avoir à s'adapter à un style d'enseignant différent, à d'autres rapports à l'autorité. On ne cherche pas à leur refiler la carte d'un parti politique, on respecte les programmes, mais on n'est pas des robots. Ma personnalité influence ma pratique aussi, ma propre expérience de ma scolarité, mes études à la fac, mon humeur du jour influencent ma pratique professionnelle aussi. Les profs sont des humains, pas des robots distributeurs de savoirs (mais qui sait, certains parviendront peut-être à nous en faire arriver là).
Pour ce qui est des profs de droite et du fait qu'ils seraient de moins bons profs ou que sais-je : je ne pense pas qu'être économiquement de droite fasse de quelqu'un un mauvais prof (au pire un prof d'économie ennuyeux :lol:). En revanche, j'ai travaillé dans une classe où il y avait 2 élèves blancs sur 30, la plupart des parents d'élèves étaient étrangers, beaucoup de situations économiques précaires. Est-ce que quelqu'un qui pense que ces enfants ne devraient pas être là, qui compte sur la prochaine présidentielle pour les renvoyer dans un pays dont ils n'ont aucun souvenir ou qui pense que leur place future sera à l'usine pour les garçons ou à la cuisine pour les filles... est-ce que quelqu'un comme ça serait véritablement un bon prof pour ces élèves ?
Notamment au collège et au lycée quand les questions d'orientations se posent et qu'on sait que les profs ont un impact là-dessus, que les filles sont orientées différemment des garçons, que les enfants des quartiers populaires sont orientés différemment que les enfants de bourgeois ? Est-ce qu'ils leur expliqueront ce qu'est une prépa si leurs parents ne connaissent pas ? Est-ce qu'ils encourageront une ado noire à poursuivre une voie qui lui permette de devenir vétérinaire, ou est-ce qu'ils l'enverront en CAP Services à la personne ?)
 

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