@Kaus Australis : Je ne comprends pas pourquoi tu assimiles la défense d'une meilleure diversité dans les défilés de promotion des marques à l'action de forcer quelqu'un à nous trouver beau. Pour moi ce sont 2 choses très différentes, donc j'ai du mal à comprendre tes commentaires en relation avec l'article.
Qui est "forcé.e à aimer" selon toi ? Et comment s'exerce cette coercition exactement ? J'ai du mal à voir dans quelle mesure être exposé.e à plus de diversité peut se traduire comme une contrainte exercée quant à nos gouts. Quand une personne dont tu n'apprécies pas l'apparence a son corps présenté de manière valorisante, tu le ressens comme une contrainte sur tes gouts ? Ou alors ton propos était de défendre la liberté artistique d'Ed Razek spécifiquement ?
Tes messages me semblent très simplistes dans leur appréciation de la beauté. Les jeunes filles (puis femmes) se construisent aussi par rapport aux attentes liées au groupe auquel elles sont associées. Et actuellement, la beauté est encore présentée (à travers les média et dans le discours populaire) comme une caractéristique féminine quasiment essentielle. On ne naît pas forcément avec le recul nécessaire pour se protéger des discours identifiés comme sexistes. Par contre, le sexisme n'attend pas qu'on apprenne à parler pour conditionner nos vies et la manière dont on sera traité.e dans ce monde. Certain.e.s sont plus réceptif.ves que d'autres, et ça ne dépend pas d'un choix. La remise en cause de la pertinence de la beauté dans la façon d'appréhender notre propre valeur peut d'ailleurs arriver "tard" dans une vie (tout comme le féminisme de façon générale d'ailleurs). Et une fois que la démarche est enclenchée, et qu'on est convaincu.e qu'un changement est nécessaire dans notre façon d'appréhender notre propre apparence, il y a toute une partie émotionnelle à aligner sur cette pensée. Ca peut prendre beaucoup d'efforts et de temps.
Alors quand j'ai lu
J'étais un peu comme ça :
Tu imagines bien que la plupart des personnes considérées comme moches y ont pensé, à se dire que les canons de beauté n'avaient aucune importance ? C'est super s'il t'a suffit de ça pour te persuader, mais c'était nécessaire d'être aussi condescendante par rapport à l'expérience de celleux qui galèreraient plus ?
De mon expérience de personne id femme (mince mais) moche, qui c'était résignée à accepter son apparence, c'est d'autant plus difficile que quand on est identifié.e comme une femme, la laideur est pratiquement pathologisée. Non seulement on ne te laisse pas oublier ton physique, mais on ne te laisse pas non plus oublier qu'il est un problème qui demande à être résolu. Et se contenter de ce qu'on a, quand on est considérée comme laide... ça peut aussi entrainer des réactions négatives voire agressives. C'est comme si on perdait quoiqu'il advienne.
Il ne s'agit pas seulement de canons de beauté portés par une entité abstraite que serait la société. La valorisation continue de ces seuls canons de beauté se traduit aussi par des comportements concrets, défavorables à celleux qui s'en détacheraient trop.
Il y a des personnes qui arrivent à faire fi des remarques (voire insultes) régulières, mais je ne pense pas qu'on puisse reprocher aux autres leur vulnérabilité. Puis, même en étant soi-même convaincu.e que notre apparence n'est pas un soucis, on reste exposé.e à des expériences négatives qui peuvent nous marquer. Une portion de nourriture dont tu es privée parce que tu es suffisamment grosse comme ça ne reviendra pas parce que dans ton coeur tu te dis que peu importe les canons de beauté, par exemple.
Le pouvoir de la volonté ne résout pas tous les problèmes, mais je pense que la représentation peut aider à résoudre celui-ci. Banaliser les représentations positives de corps plus variés pourrait atténuer la hiérarchie entre les corps (les corps montrables vs ceux qui ne le sont pas ou moins, les qualités et défauts associés à certains types de corps), grâce à un traitement similaire entre eux. A défaut de les rendre beaux auprès de tous, ceux qui attirent moins pourraient au moins ne plus être aussi dévalorisés.
Qui est "forcé.e à aimer" selon toi ? Et comment s'exerce cette coercition exactement ? J'ai du mal à voir dans quelle mesure être exposé.e à plus de diversité peut se traduire comme une contrainte exercée quant à nos gouts. Quand une personne dont tu n'apprécies pas l'apparence a son corps présenté de manière valorisante, tu le ressens comme une contrainte sur tes gouts ? Ou alors ton propos était de défendre la liberté artistique d'Ed Razek spécifiquement ?
Tes messages me semblent très simplistes dans leur appréciation de la beauté. Les jeunes filles (puis femmes) se construisent aussi par rapport aux attentes liées au groupe auquel elles sont associées. Et actuellement, la beauté est encore présentée (à travers les média et dans le discours populaire) comme une caractéristique féminine quasiment essentielle. On ne naît pas forcément avec le recul nécessaire pour se protéger des discours identifiés comme sexistes. Par contre, le sexisme n'attend pas qu'on apprenne à parler pour conditionner nos vies et la manière dont on sera traité.e dans ce monde. Certain.e.s sont plus réceptif.ves que d'autres, et ça ne dépend pas d'un choix. La remise en cause de la pertinence de la beauté dans la façon d'appréhender notre propre valeur peut d'ailleurs arriver "tard" dans une vie (tout comme le féminisme de façon générale d'ailleurs). Et une fois que la démarche est enclenchée, et qu'on est convaincu.e qu'un changement est nécessaire dans notre façon d'appréhender notre propre apparence, il y a toute une partie émotionnelle à aligner sur cette pensée. Ca peut prendre beaucoup d'efforts et de temps.
Alors quand j'ai lu
il suffirait juste de s'en foutre des canons de beauté
J'étais un peu comme ça :
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Tu imagines bien que la plupart des personnes considérées comme moches y ont pensé, à se dire que les canons de beauté n'avaient aucune importance ? C'est super s'il t'a suffit de ça pour te persuader, mais c'était nécessaire d'être aussi condescendante par rapport à l'expérience de celleux qui galèreraient plus ?
De mon expérience de personne id femme (mince mais) moche, qui c'était résignée à accepter son apparence, c'est d'autant plus difficile que quand on est identifié.e comme une femme, la laideur est pratiquement pathologisée. Non seulement on ne te laisse pas oublier ton physique, mais on ne te laisse pas non plus oublier qu'il est un problème qui demande à être résolu. Et se contenter de ce qu'on a, quand on est considérée comme laide... ça peut aussi entrainer des réactions négatives voire agressives. C'est comme si on perdait quoiqu'il advienne.
Il ne s'agit pas seulement de canons de beauté portés par une entité abstraite que serait la société. La valorisation continue de ces seuls canons de beauté se traduit aussi par des comportements concrets, défavorables à celleux qui s'en détacheraient trop.
Il y a des personnes qui arrivent à faire fi des remarques (voire insultes) régulières, mais je ne pense pas qu'on puisse reprocher aux autres leur vulnérabilité. Puis, même en étant soi-même convaincu.e que notre apparence n'est pas un soucis, on reste exposé.e à des expériences négatives qui peuvent nous marquer. Une portion de nourriture dont tu es privée parce que tu es suffisamment grosse comme ça ne reviendra pas parce que dans ton coeur tu te dis que peu importe les canons de beauté, par exemple.
Le pouvoir de la volonté ne résout pas tous les problèmes, mais je pense que la représentation peut aider à résoudre celui-ci. Banaliser les représentations positives de corps plus variés pourrait atténuer la hiérarchie entre les corps (les corps montrables vs ceux qui ne le sont pas ou moins, les qualités et défauts associés à certains types de corps), grâce à un traitement similaire entre eux. A défaut de les rendre beaux auprès de tous, ceux qui attirent moins pourraient au moins ne plus être aussi dévalorisés.
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On ne peut pas se permettre de dire qu'on est moche et tant pis tant qu'on a pas pris un super recul sur soi et sur les attentes de la société tout ça au coût d'années de harcèlement et de dommages psychologiques, ce qui pourrait éventuellement avoir été évité si on était plus habitués à voir plus souvent plein de physiques différents.

