Je reviens vous parler de ce coup de téléphone
Je lui ai donc écrit quelques jours après la réception de ce fameux message pour lui dire que j'aimerai l’appeler et savoir ses dispo. On s'est un peu parlé de manière assez naturelle+sympa, et j'ai senti un grand poids s'enlever de mes épaules - ce conflit sous-jacent qui pesait quand même beaucoup. Mon cerveau envoyait à vrai dire deux signaux contraires : la joie et la peur que cette joie soit liée à un sentiment amoureux toujours présent. Ça a duré quelques heures, puis c'est retombé, et ensuite j'y ai quasi plus pensé jusqu'au fameux coup de téléphone, samedi.
La conversation était bien, un peu gênée quand même (surtout de sa part, j'ai l'impression). J'ai un peu évité de revenir sur les évènements, j'avais pas envie. Au début, j'ai un peu perdu contenance parce que c'est elle qui m'a appelé finalement et que
Donc, on s'est donné de nos nouvelles, on a ri (ça changeait de nos conversations interminables par texto), elle m'a parlé de son engagement politique de cette année, elle m'a dit qu'elle devait aller dans la même fac que moi l'année prochaine au Canada

Mais que son copain voulait pas donc elle s'était pas inscrite, et qu'elle regrettait. Et ensuite elle m'a dit que ça lui manquait de m'avoir dans sa vie, qu'elle pense qu'on devrait se revoir mais ne veut pas me l'imposer, qu'elle pense qu'on devrait "vivre une expérience forte toutes les deux, ça nous ferait vraiment du bien", du type festival. Après, elle a dit qu'elle viendrait me voir au Canada et qu'elle voudrait y faire un stage au second semestre et qu'on pourrait se voir (elle s'enflammait quoi ... mais après elle revenait sur ses propos en disant "si tu veux bien"). A un moment, on a parlé d'une de mes/nos copines et elle a dit "ça me paraît tellement loin, maintenant ma vie est trop pleine, je ne pense jamais à elle" et du coup j'ai rien répondu, puis elle s'est excusé pendant dix minutes en s'entremêlant les pinceaux, disant qu'elle ne voulait pas dire que le passé n'existait pas à ses yeux, que c'était loin d'être le cas. Et elle a pas parlé de sa vie amoureuse comme je craignais qu'elle le fasse. Enfin, voilà, c'était pas non plus fantastique, en tout cas j'ai pas ressenti de sentiments très très forts, c'était juste chouette de pouvoir parler de ces choses-là calmement, même si j'ai eu envie de pleurer bizarrement à la fin, quand on parlait de choses plus sensibles (genre notre dernière dispute), et du coup je n'arrivais plus à parler. J'ai dit que je réfléchirai à ce qu'on se voit, mais que je ne promettais rien, que j'avais peur que ce soit bizarre pour moi. Mais je me suis pas appesantie sur mes sentiments et ma douleur passée.
Après, quand j'ai raccroché, elle m'a envoyé un sms qui disait :
J'étais avec ma pote en week-end, et elle a toujours "défendu" la fille dont j'étais amoureuse, enfin plutôt elle disait qu'elle comprenait ses réactions (car elle a une personnalité un peu similaire) et que notre incompréhension naissait plutôt de l'inadéquation de sentiments que d'une méchanceté de sa part. Mais là quand je lui ai raconté ça, elle a un peu tiqué et a dit "tu sais depuis combien de temps ils sont séparés? ça m'intéresserait vraiment de le savoir. Parce que fais attention à ce qu'elle revienne pas vers toi parce qu'elle a besoin d'attention et qu'elle va mal à cause de la rupture. C'est pas forcément voulu, mais moi j'ai déjà fait ça par le passé, et j'ai pas envie que tu sois à nouveau mal." ou elle a dit que peut-être elle comptait tenter un truc et n'avait pas osé le dire par téléphone parce qu'elle m'avait déjà fait du mal. Que sa formulation était comme délibérément ambigüe.
On était au resto, et j'y ai oublié mon portable (je l'ai récupéré le lendemain matin). Comme un acte manqué, un peu.
Mais ça va. Je me suis baignée longtemps dans la mer et je me sentais juste en harmonie avec moi-même et parfaitement bien dans ma vie. J'ai passé un week-end super beau, à plein d'égards, et je me sens juste bien, apaisée, j'ai pas besoin de plus que ce que j'ai. On est allées voir le coucher de soleil sur la ville, j'ai passé du temps avec mon père et ma famille, j'ai beaucoup parlé avec mon amie. Je crois que mes sentiments sont amenuisés, et c'est comme si sa présence réelle l'avait désacralisée, supprimé sa présence fictive très pesante. Enfin, je n'y pense presque pas, et même le fait que même si elle a rompu avec son copain elle ne veuille quand même pas être avec moi me fait plus une petite blessure d'égo qu'une blessure d'amour.
Donc voilà, merci pour vos conseils, je crois que c'était une bonne idée de l’appeler, ça remet des choses à plat. Ça met un point final à ma guérison et j'ai l'espoir d'une amitié future, un jour.
Par contre, j'avais pensé lui proposer venir un week-end de ce mois (avant que toutes les deux on déménage, je n'ai aucune envie d'aller chez ses parents, sa mère avait deviné mes sentiments, pas envie qu'elle vienne non plus chez les miens) mais maintenant j'hésite, car je me dis que si ma pote (qui ne fait jamais ça) a pris la peine de me prévenir, c'est que je devrais peut-être suivre ses conseils. Après, je me dis :
- que ça sera supportable car elle n'est plus avec son mec
- que je n'attend rien
- qu'après je me barre un an, donc normalement on se verra pas ...
Je vais réfléchir.
