@just_in_case Je pense que les cas que tu cites qui, pour toi, démontreraient un danger d'effacement du mot "femme" et de toute l'histoire (de luttes, d'oppressions, de discriminations) qu'il y a derrière, sont trop isolés pour refléter une véritable tendance. C'est, à mon sens, la même chose que lorsque des personnes veulent dénoncer le """wokisme""" et la "cancel culture" en énonçant des micro-évènements ayant eu lieu, en majorité, dans des contextes universitaires américains.
Par exemple, quand on s'alarme parce que tel titre de livre a été changé pour éviter les mots comme "nègre" ou que des trigger warning sont utilisés pour alerter de l'éventuelle violence sexiste ou homophobe d'une oeuvre.
C'est une manière de discréditer des mouvements divers de reconnaissance des minorités en disant "mais regardez jusqu'où ils vont, il y a de vrais extrémistes il faut absolument déradicaliser tout ça". Parce que oui, en effet, certains faits listés comme cela peuvent effrayer toute personne avec du bon sens, militante ou pas. Sauf que ces micro-faits ne sont pas suffisamment nombreux et forts pour signifier une dynamique ou une réalité sociale.
En revanche, les cas de "cancel culture" dans l'autre sens, c'est-à-dire d'ouvrages censurés dans les écoles à cause de présence de messages LGBTQ+, sont suffisamment spectaculaires et chiffrés pour faire état d'une tendance dominante sexiste, homophobe, raciste, etc.
Bref, en tant que femme cisgenre, je peux avoir des instincts irrationnels de "possessivité" de ce qu'est être une femme, c'est un mot important dans ma construction personnelle et j'ai même tendance à idéaliser un peu ce terme. Mais déjà :
- en suivant un peu vos débats, on voit bien que chercher une définition au mot "femme" est un réel problème ontologique. D'ailleurs c'est comme la définition du mot "humain", finalement tout est largement plus complexe si on creuse la question.
- ce qu'on estimait être "à nous" (les femmes cisgenres) dans le mot femme ne peut qu'être enrichi par différents vécus. Ces vécus peuvent nous permettre à toustes, selon moi, de gagner en liberté sur ce qu'est "se comporter en femme" ou être une femme tout simplement.