J’aime ma fille mais je regrette d’être devenue mère

9 Janvier 2020
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@Andrealphussette est ce que tu peux éventuellement lui écrire? Je trouve ça très bien formulée dans ton post et j’espère qu’elle sera capable de recevoir ce que tu as à lui dire. :jv:

Ma mère ne nous a jamais caché qu’elle regrettait la maternité, pas nécessairement de nous avoir car elle nous aime. Mais plus la partie contraignante de la maternité. Et j’ai toujours compris. Elle disait « plus jamais je me foutterais dans les couches... la galeeeere!! » sur un ton qui se voulait dédramatisant. Elle nous parlait de ça depuis l’enfance. Donc cette information ne m’a jamais tourmentée. Au contraire ça m’a aidé dans mon propre parcours de mère que j’ai, au contraire, embrassé sans ces pensées et sans regret.
 
Dernière édition :
28 Décembre 2012
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@MorganeGirly non ton post ne m'a pas irritée, au contraire :happy:
Je suis pas aigrie d'être mère, je fais avec, elle grandit et HEUREUSEMENT ce n'est plus aussi compliqué pour moi car elle est bien plus autonome et en plus ça commence à être possible d'avoir de vraies discussions. Et je fais à nouveau des grasses mat. Et on vit à plusieurs avec d'autres enfants, ce qui me facilite énormément le quotidien.
En fait pour moi c'est pas du tout incompatible de ne pas aimer être maman et en même temps de vouloir faire le mieux pour elle (comme au boulot, on peut me donner un job hyper pourri, je vais quand même faire de mon mieux :dunno:). Mais aussi vous ne voyez pas notre quotidien, je l'envoie chier hyper souvent par exemple, en ce moment on doit passer moins de 30 min par jour de temps de qualité juste toutes les 2, si elle est si autonome c'est aussi parce que souvent bah si elle veut un gouter elle a intérêt à se le faire elle-même car je ne suis pas dispo :shifty:
Je sais pas comment le dire autrement que "j'aime pas ce rôle de maman", ça ne m'épanouit pas du tout de faire ses repas ou de lire une histoire tous les soirs etc. Mais je le fais. Forcément je le fais... Forcément puisque dans ma tête c'est hyper clair qu'elle n'a rien à voir avec ça : elle y est pour rien elle.. donc je la gère au mieux et je gère de mon côté ma frustration d avoir cette responsabilité.
Après le temps arrange les choses et clairement plus elle grandit plus je récupère ma liberté.
Et aussi moi je ne comprends pas pourquoi les gens font des enfants :dunno: j'entends et respecte profondément le désir viscéral d'enfant, et pourtant je ne le comprends pas, j'ai des copines qui veulent d'autres enfants et chaque fois on rigole bien car je les regarde en mode "mais POURQUOI veux tu t'infliger ça ???". C'est dailleurs super clair pour moi et mes co habitant.es : je suis là dernière personne à qui on demande de garder les enfants (même si ça arrive bien trop souvent :lol:) et si l'une d'entre elle a à nouveau un enfant, j'ai exprimé clairement que je ne serais pas dispo pour m'en occuper (par contre je sais me rendre vachement dispo pour aider la maman, m occuper de la maison ou de la cuisine pour la soulager etc. Mais je veux pas porter le bébé + d'un quart d'heure quoi :shifty:)

@Kettricken c'est vrai qu'on a une super relation et je pense que le fait que ça a été si difficile pour moi a énormément joué justement dans cette confiance réciproque et dans son sentiment de liberté. Sincèrement combien de fois je me suis demandé si j'étais une mère négligeante ou juste une mère qui fait confiance à son enfant.. y'a aussi le fait que je n'ai jamais eu de sentiment de possessivité vis à vis d'elle et que je l'ai toujours vue comme une personne que je dois accompagner pendant son enfance mais qui est foncièrement libre et indépendante. Je l'ai vue comme ça depuis bébé donc c'est comme ça qu'elle a grandi (contrairement par exemple a moi qui ai grandi en entendant que je n'étais QUE la fille de ma mère, et qu'à part ça je n'étais Rien).

Bref oui moi aussi je suis assez contente de notre relation, je suis curieuse de voir comment ça évoluera plus tard, j'ai arrêté de culpabiliser sur qui je suis en tant que maman : je sais que je suis assez bonne, parfois j'ai des doutes mais je suis bien entourée par des gens qui me rassurent, et clairement ma fille est extraordinaire.


Ah et je voulais rebondir sur l'aspect maman solo souligné par une madz : alors oui clairement si son père avait été à la hauteur ça aurait été moins difficile, mais pour autant je ne crois pas que je me serais réellement épanouie dans ce rôle. Je croise des tas de femmes qui ADORENT leur maternité et je ne les comprends pas :dunno: pour tout vous dire je ne vois pas l'intérêt de faire des nouvelles personnes pour qu'elles souffrent dans leur vie (car franchement, qui n'en chie pas ???), j'ai une vision plutôt sombre de la vie, je n'aime pas le bruit et le mouvement des enfants (hypersensible), j'aime être entre adultes à discuter et refaire le monde ou seule à m occuper seule. Et puis alors j'aime ma liberté et avec un enfant, ma liberté est amputée. Et puis on ne le dira jamais assez mais les gosses c'est chiant :lunette: et ça a une voix beaucoup trop aiguë :lunette:
 
27 Avril 2021
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Les différents témoignages sur l'annonce à l'enfant adulte qu'on aurait préféré ne pas être mère me font penser à ma tante. Elle a deux enfants qu'elle a eu sur le tard (passé 40 ans), elle avait été mariée deux fois avant de rencontrer le père de ses enfants, qui est toujours son mari actuel.
Dejeuner chez eux à l'occasion de vacances dans leur région, ma cousine (30 ans) et une amie de mon oncle et de ma tante étaient présentes. Ils ont une piscine et des différences de niveaux terrasse-jardin non sécurisées alors qu'il y a plus d'un mètre de dénivelé (ce que je trouve dangereux, il y a d'ailleurs eu DEUX chutes d'adultes qui ont reculé dans le vide par inadvertance à leur pendaison de crémaillère).
Leur amie, dans la conversation, dit un truc sur le fait que s'ils ont des petits enfants, ce sera nécessaire de sécuriser pour le coup (ce qui devrait déjà être le cas, mais c'est plus joli quand on ne respecte pas les normes...).
Et là ma tante répond que de toute façon elle ne veut pas de petits-enfants, que les enfants c'est beaucoup trop pénible, ça fait du bruit, que les jouets des enfants sont moches, qu'elle ne veut pas enlaidir sa maison et son jardin à cause d'eux, qu'elle ne voudra même pas en entendre parler.
Malaise général, on a changé de sujet immédiatement, mais j'ai trouvé ça hyper dur à entendre de but en blanc comme ça, et je me souviens m'être dit qu'elle avait dû détester la maternité (pourtant tardive, que j'imaginais donc pleinement choisie). Je me souviens avoir surtout pensé à ma cousine qui était présente. Je ne sais pas si elles en avaient échangé au préalable ou si ma cousine souhaite avoir des enfants ou pas, mais à sa place, m'entendre dire si brutalement les choses, en public, sans contexte particulier, je l'aurai vraiment mal vécu. Je peux parfaitement comprendre qu'elle ne veuille pas de petits enfants ou qu'elle n'ait pas apprécié être mère, et finalement, à la réflexion je n'en suis pas si étonnée, mais la façon de dire les choses était très dure. J'aurai eu le sentiment que ma mère ne m'aimait pas sur le coup si j'avais été à sa place.

@Azurhibis
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Kettricken

Hate is always foolish. Love is always wise
13 Avril 2011
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@Lenehän Merci pour ton témoignage, que j'ai trouvé très intéressant moi qui pense qu'il vaut mieux dire que taire. C'est vrai que j'ai beau être dans cette position, je pense aussi qu'il y a des choses que je n'ai pas envie de savoir sur mes parents parce que ce ne sont pas mes affaires (leur vie intime et amoureuse). Peut-être que les regrets de parentalité devraient s'inscrire la dedans aussi.
Après comme le dit @Azurhibis j'imagine que ça dépend aussi bcp de la manière dont s'est dit, du timing, du contexte avant cette discussion (est-ce que l'enfant le savait de toutes façons sna suqe ça soit dit), de l'enfant qui reçoit cette confidence...


@Pinceau_ Ben tu vois, je suis aussi très pessimiste sur l'avenir (tout en pensant que la vie en elle-même est merveilleuse), je suis misophone, j'aime bcp mon temps seule même si ma liberté m'importe moins. Et malgré ça j'adore être mère.
Donc je pense que ça dépend d'énormement de facteurs. Clairement j'en peux plus quand il répète en boucle mille fois la même chose en 30 sec, de la même manière j'en ai ras-le-bol par moment qu'il soit collé à moi non stop (0 autonomie ici :rire: ) et je m'inquiète à mort pour son avenir
Mais la balance penche nettement plus du côté des pours pour moi
Comme quoi ça dépend réellement de 1000 facteurs qui sont difficiles à évaluer avant de devenir parent

C'est pour ça que je trouve très limite les commentaires visant à dire "ben vous le saviez, fallait pas vous plaindre'"
Non, c'est faux, on ne savait pas
On connaissait les inconvénients pratiques, mais les points positifs, c'est difficile d'évaluer leurs poids dans la balance avant de les avoir expérimenté. Certains point négatifs plus intangibles aussi : on sait qu'on risque de ne pas beaucoup dormir mais on ne sait pas ce que ça nous fera à nous

Avoir un enfant, c'est un leap of faith. On peut peser les pours et les contres mille ans, au final on n'est pas sûr de ce que ça va donner
 
28 Décembre 2012
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@Kettricken je suis totalement d'accord avec toi, on ne peut pas savoir du tout comment on vivra le fait de devenir parent. Une de mes meilleures amies a toujours été childfree et très au clair avec ça, elle a cédé à la pression sociale après ses 30 ans (parents, conjoint), et... Elle adore être mère :) elle n'en veut pas d'autres ahah, mais clairement elle s'y épanouit (et tant mieux pour elle ! :jv:)
 
20 Octobre 2017
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En fait je pense qu'il y a 2 composantes principales dans le regret d'être mère :

1- le fait que ce soient les mères qui se coltinent tout le boulot, et que beaucoup d'entre elles élèvent seules leurs enfants MEME quand elles vivent avec le père (comme l'ont souligné d'autres Madz)
2- le fait qu'on présente encore et toujours la maternité comme l'accomplissement absolu, le bonheur parfait, à coup de petites phrases sans substance : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", "il ne leur manque plus qu'un enfant", "son plus beau rôle : maman" (:sick:), "elle avait tout pour être heureuse : un mari et deux beaux enfants", etc etc. On ne dit rien, ou si peu, des difficultés et des contraintes qu'entraîne le fait d'avoir un enfant. Enfin la parole commence à se libérer (et tant mieux !), mais ça reste plutôt restreint au cercle féministe. Le jour où on pourra dire devant tout le monde : "bon, moi en fait ça me fait chier d'être mère" n'est pas encore arrivé à mon avis :cretin:

Ce serait intéressant de comparer la façon dont les femmes vivent leur maternité dans les pays très patriarcaux comme le nôtre vs. les pays plus égalitaires, types pays scandinaves (quand je vivais en Suède d'ailleurs je voyais tout le temps des pères se balader dans la rue avec des poussettes et des porte-bébés, alors qu'ici en France ça doit arriver quoi... une fois tous les 6 mois ? :rire:)

Ah et aussi il faudrait arrêter de faire comme si avoir des gosses était un passage obligé, et quelque chose qui convient à tout le monde. Comment ça pourrait l'être ? Il faudrait juste laisser le CHOIX aux gens, et particulièrement aux femmes, qui souffrent d'une pression monumentale à ce sujet. Aujourd'hui, je considère que les femmes ne peuvent pas exercer un choix libre et éclairé sur la question de la maternité (pression sociale, image de la femme comme mère avant tout, natalisme exacerbé, etc). Donc c'est bien normal si certaines regrettent.

En tout cas @Pinceau_ je trouve ton discours super, c'est vraiment génial de ta part d'oser briser ce tabou millénaire et de déconstruire le mythe de la maternité forcément heureuse. Des paroles comme la tienne, il en faudrait plus !
 

Asphodel.

(ex-Serena Snape)
3 Juin 2021
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Je me souviens très nettement de ce témoignage et, au contraire, il me semble que l'auteure avait reçu un bon nombre de messages de soutien de la part des Rockies (mais ça fait 2 ans et je n'ai plus tout le thread en tête).

A mon échelle, je regrette déjà d'être devenue marraine, avec la régularité et la disponibilité que ça demande, avec l'idée d'engagement qu'il y a derrière aussi (même si j'ai une grosse tendresse pour mon filleul par ailleurs), mais ça n'est absolument pas comparable avec l'investissement d'une mère solo au quotidien. Je n'ose pas imaginer ce que ça représente de nourrir ces sentiments contradictoires envers son propre enfant. A la (re)lecture de ce témoignage et au détour de certains de tes posts sur les forums Rockie, je suis juste impressionnée par ta force, ton courage et le cadre que tu offres à ta fille.

Quand j'avais 25 ans, mon père m'a dit qu'il regrettait d'avoir eu des enfants et qu'il nous avait conçus pour de mauvaises raisons. Je suis la seule de la fratrie à avoir cette info et, effectivement, je pense que mes frères ne l'auraient pas pris avec le même détachement que moi. Son honnêteté m'a aidée à mettre des mots sur une impression floue que j'avais depuis longtemps, à avoir un éclairage sur mon enfance, à pardonner également quelques manquements en ayant enfin tous les éléments. A mieux comprendre aussi la dynamique qui s'est mise en place entre nous (pas nécessairement celle de parent/enfant) et pourquoi. C'était instructif et ça m'a permis d'avancer, en définitive. Je sais que ça n'a rien à voir avec nous en tant que personnes, mais que ce n'était pas merveilleux pour un childfree dans l'âme de se retrouver parent solo du jour au lendemain. Quand j'avais 15 ans et que nos relations étaient parfois conflictuelles, je n'aurais pas aimé entendre "moi je ne te voulais pas, par contre le parent qui te désirait très fort n'est plus là, bisou". Ça aurait évidemment été destructeur. Avec 10 ans de plus, dans un contexte bien différent, au détour d'un échange sur la parentalité, ça n'a pas eu le même impact. Au regard de tout ça, je trouve qu'il a extrêmement bien géré. Tout n'était pas parfait, c'est sûr, mais il a fait au mieux avec ce qu'il avait et ce qu'il était, il nous a transmis des valeurs positives et nous a rapidement rendus autonomes/acteurs de nos vies (bon il le faisait sans doute pour lui aussi, chaque petit pas vers plus d'indépendance devait le soulager, mais ça nous a rendu service pour la suite). Je n'ai jamais ressenti qu'il nous faisait payer son erreur et notre existence. Je n'aime pas trop ce que ça dit de moi, mais dans sa configuration j'aurais sans doute été incapable de faire les choses aussi proprement. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne veux pas d'enfant. Si je détestais être parent (comme je le pressens), voire si je venais à ne jamais réussir à m'attacher à l'enfant, je ne crois pas que je pourrais lui apporter tout ce dont il aurait besoin pour se construire sainement. Autant éviter.

Je comprends les arguments qui défendent l'idée de ne pas en parler à l'enfant, même si ce n'est pas ma conception (mais elle dépend beaucoup de notre propre éducation, à mon sens). Pour moi, c'est un peu trop réducteur de résumer éternellement 2 personnes, avec chacune sa propre expérience de la vie, sous le prisme parent/enfant et de toujours entretenir cette hiérarchisation à l'âge adulte. En fait, ça me met un peu mal à l'aise. C'est très personnel et sûrement discutable, mais je crois que je me sentirais trop infantilisée et que je ne le prendrais pas très bien. De mon point de vue, grandir, évoluer, c'est aussi ça : accepter que les choses ne sont pas toujours telles qu'on aimerait qu'elles soient, comprendre que tout n'est pas noir ou blanc, se rendre à l'évidence (les parents ne sont que de simples humains, pas des figures sacrées). Forcément, il y a des façons de le dire, des mots à choisir en fonction de l'âge et de la sensibilité de l'enfant pour ne pas écorner sa confiance en lui. Des moments plus opportuns que d'autres, aussi. Mais je crains que ce ne soit pas non plus très sain de taire ces choses qui, fatalement, se ressentent et de pérenniser ce tabou (encore plus lorsqu'il concerne les femmes). L'enfant d'hier est l'adulte d'aujourd'hui, il peut potentiellement devenir parent à son tour ; ça peut être bénéfique de libérer la parole au sein de la cellule familiale, d'aborder la question de la charge mentale et de ne plus sacraliser la parentalité comme on le faisait par le passé. Sans la dépeindre comme un calvaire sans nom, dramatiser et faire culpabiliser l'enfant, mais nuancer cette expérience me semble très nécessaire. Et puis, je trouve que c'est une preuve de confiance assez forte que d'aborder avec lui un sujet aussi délicat.

(Mon dernier paragraphe ne s'appliquant pas aux familles dysfonctionnelles et/ou toxiques, puisqu'il y a bien d'autres mécanismes et blessures en jeu, mais seulement aux configurations non-violentes comme celles décrites par l'auteure du témoignage.)
 
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Kettricken

Hate is always foolish. Love is always wise
13 Avril 2011
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e fait qu'on présente encore et toujours la maternité comme l'accomplissement absolu, le bonheur parfait, à coup de petites phrases sans substance : "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants", "il ne leur manque plus qu'un enfant", "son plus beau rôle : maman" (:sick:), "elle avait tout pour être heureuse : un mari et deux beaux enfants", etc etc. On ne dit rien, ou si peu, des difficultés et des contraintes qu'entraîne le fait d'avoir un enfant. Enfin la parole commence à se libérer (et tant mieux !), mais ça reste plutôt restreint au cercle féministe. Le jour où on pourra dire devant tout le monde : "bon, moi en fait ça me fait chier d'être mère" n'est pas encore arrivé à mon avis :cretin:
Tiens ce que tu dis fais écho à un truc dont j'ai discuté avec mon compagnon récemment.
Je lui disais que je mettrais bien des baffes à la moi de quand j'avais 15 ans qui assénait à mon amie "mais non, c'est im-pos-s-ible que ta tante aime être enceinte ! C'est pas logique. On est grosse, on a mal, on vomit... Ca doit être les hormones qui la font parler parce que c'est pas possible!'"
Mon compagnon se moquait de moi en disant que j'avais été une insupportable Miss-je-sais-tout. Et je me suis défendue en disant
- Oui mais personne ne te donne de bonnes raisons de pourquoi c'est génial. Tout le monde te dit que c'est merveilleux mais c'est une phrase convenue. Alors que les inconvénients, ben on les voit facilement

Et j'ai réalisé que dans mon parcours, ça avait été pareil pour la parentalité en général
J'avais été hyper consciente très tôt de tous les inconvénients, et quand on me disait "oui mais c'est merveilleux"... ben c'était pas un argument pour moi (personne trop logique represent :shifty: )

Et un jour une collègue qui n'essayait pas du tout de me convaincre d'avoir des enfants (et me défendait face au collègue qui tenait de le faire) m'a dit dans une discussion random
- Tu sais, moi c'est un des trucs que j'aime dans le fait d'avoir des enfants : je revis un peu la magie des fêtes de Noel et de l'enfance par leurs yeux
Et là boum ! Soudain j'ai eu l'impression d'avoir un vrai argument (autre que "je pourrai mourir pour mes enfants" asséné par l'autre collègue)
C'est pas forcément un argument qui parlera à tout le monde, loin de là. Mais rétrospectivement, je crois que c'est la 1ère fois qu'on m'a parlé d'un point positif concret

Et on devrait à la fois + parler des parents qui regrettent, des points négatifs de la parentalité (même si ça on en parle bcp depuis Foresti) mais aussi des points positifs concrets (qui dépendent de chacun bien sur)
Que ça donne de vrais moyens de réfléchir à ceux qui hésitent
Même si comme je disais, on peut réfléchir mille ans et quand même ne pas savoir à quoi s'attendre

Et oui, c'est hyper important qu'on puisse dire en public "oui je regrette d'être parent"
Ma collègue de 65 ans l'avait lâché devant un collègue de 20 qui l'avait regardé avec des yeux ronds. Le choc total apparemment
Ben j'avais trouvé ça hyper cool qu'elle le dise tel quel, sans s'excuser ni se flageler, et qu'elle s'en foute de son avis
 
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Tiens ce que tu dis fais écho à un truc dont j'ai discuté avec mon compagnon récemment.
Je lui disais que je mettrais bien des baffes à la moi de quand j'avais 15 ans qui assénait à mon amie "mais non, c'est im-pos-s-ible que ta tante aime être enceinte ! C'est pas logique. On est grosse, on a mal, on vomit... Ca doit être les hormones qui la font parler parce que c'est pas possible!'"
Mon compagnon se moquait de moi en disant que j'avais été une insupportable Miss-je-sais-tout. Et je me suis défendue en disant
- Oui mais personne ne te donne de bonnes raisons de pourquoi c'est génial. Tout le monde te dit que c'est merveilleux mais c'est une phrase convenue. Alors que les inconvénients, ben on les voit facilement

Et j'ai réalisé que dans mon parcours, ça avait été pareil pour la parentalité en général
J'avais été hyper consciente très tôt de tous les inconvénients, et quand on me disait "oui mais c'est merveilleux"... ben c'était un argument pour moi (personne trop logique represent :shifty: )

Et un jour une collègue qui n'essayait pas du tout de me convaincre d'avoir des enfants (et me défendait face au collègue qui tenait de le faire) m'a dit dans une discussion random
- Tu sais, moi c'est un des trucs que j'aime dans le fait d'avoir des enfants : je revis un peu la magie des fêtes de Noel et de l'enfance par leurs yeux
Et là boum ! Soudain j'ai eu l'impression d'avoir un vrai argument (autre que "je pourrai mourir pour mes enfants" asséné par l'autre collègue)
C'est pas forcément un argument qui parlera à tout le monde, loin de là. Mais rétrospectivement, je crois que c'est la 1ère fois qu'on m'a parlé d'un point positif concret

Et on devrait à la fois + parler des parents qui regrettent, des points négatifs de la parentalité (même si ça on en parle bcp depuis Foresti) mais aussi des points positifs concrets (qui dépendent de chacun bien sur)
Que ça donne de vrais moyens de réfléchir à ceux qui hésitent
Même si comme je disais, on peut réfléchir mille ans et quand même ne pas savoir à quoi s'attendre

Et oui, c'est hyper important qu'on puisse dire en public "oui je regrette d'être parent"
Ma collègue de 65 ans l'avait lâché devant un collègue de 20 qui l'avait regardé avec des yeux ronds. Le choc total apparemment
Ben j'avais trouvé ça hyper cool qu'elle le dise tel quel, sans s'excuser ni se flageler, et qu'elle s'en foute de son avis
Je trouve ton intervention très intéressante car globalement je n'ai pas le même ressenti sur la valorisation extrême de la maternité dont on parle beaucoup ici.



Je ne sais pas si c'est dû à mon entourage et à mes réseaux assez "féministe" mais j'ai surtout eu l'impression d'entendre parler du poids de la maternité, des responsabilités, du manque d'épanouissement, du ralentissement de carrière et des projets de voyage, etc..



Très personnellement tous ces discours m'ont pesé pendant ma grossesse, au point où j'ai eu l'impression de faire un baby-blues avant même le bébé.

J'ai été très soulagé d'avoir une amie devenue maman avant moi qui partageait les moments difficiles mais aussi tout son émerveillement de voir son bébé grandir et évoluer...



Je trouve donc fou comme les ressentis peuvent être différents entre celles qui ont l'impression de devoir surjouer le bonheur d'être mère et moi qui me sens presque coupable de parler de mon bonheur d'être maman quand je parle à mes proches qui sont childfree...
 
2 Août 2011
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J'aime beaucoup ce témoignage, je le trouve très touchant et je comprends ce que la Madz veut dire. On peut aimer son enfant mais pas les obligations/le statut de mère qui va avec.
De plus, j'ai souvent l'impression que ce statut, cette maternité, doit nous définir en tant que femme une fois qu'on est devenu mère mais je trouve ça débile. Quand j'aurais mon enfant, je serais sa mère oui, mais pas que ça (de la même façon que ma profession ne me définit pas en tant que personne). Je ne sais pas si la maternité va m'épanouir, je sais que je vais tenter d'être la meilleure mère possible pour mon enfant, ce sera déjà bien.
Je ne sais plus qui disait qu'on entend toujours parler des bons côtés de la maternité, que c'est magique mais sans jamais donner d'exemples concrets ou encore expliquer le pourquoi les gens ont voulu des enfants et je suis d'accord avec ça. On demande toujours aux gens (aux femmes) de justifier leur choix de ne pas avoir d'enfant mais jamais l'inverse, je trouve ça d'une stupidité sans nom. Perso, avec mon compagnon, nous avons réfléchi ensemble sur le pourquoi on veut un enfant. On sait ce que ça implique et on sait aussi que ça ne sera pas que paillettes et licornes (après par exemple, je ne suis pas une grande fan des bébés et je vais essayer d'être la plus disponible possible pour mon enfant mais ça ne m'empêchera pas de parfois lui dire que là non je ne veux pas jouer ou faire telle ou telle chose quand il sera plus vieux)

Ce regret de la maternité me fait peur mais, au moins, je vais dans cette "aventure" avec pas mal d'infos sur les mauvais côtés, je me dis que ça devrait me servir ! (à côté de ça j'ai hâte de voir mon futur enfant dans certaines situations, de partager des expériences avec lui et que lui puisse grandir ensemble tous les 3)

(big up à mes collègues qui se plaignent et qui sont franches sur leurs ressentis et qui parlent aussi des trucs mignons. J'aime bien quand ce n'est pas édulcoré.)

(je ne sais pas trop où je suis partie avec ce post mais tant pis)
 

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