@adita ,
@Lilou la licorne Je me permet de vous répondre en même temps.
Alors non, je ne suis pas diplômée, je n'ai pas de métier. Ma famille est dans ce qu'on appelle la classe moyenne et j'ai de la chance de les avoir. Je galère largement niveau boulot/formation pour des raisons x et y qui m'ennuient beaucoup. Mais là n'est pas tellement le sujet.
Pour les cas que j'ai cité, je pense que le côté financier joue énormément.
Prenez des filles qui n'ont pas de logement, en froid avec leur parent, le gars est parti et ne veut pas assumer, elles n'ont aucun revenus et savent que dans leurs foyers où elles sont hébergées, il y a des filles qui se sont faites virées parce qu'elles sont tombées enceintes (vraiment) et l'équipe d'éducateurs a jugé qu'elles ont fait exprès d'alourdir leur situation déjà pas top. C'était dans une grande ville où les filles doivent se mettre sur liste d'attente pour avoir une place, tandis que certains centres fermaient. Pourquoi vouloir faire un enfant dans cette situation sachant que l'on peut être mise à la rue du jour au lendemain et ne pas être sûre de retrouver un logement pendant des semaines ?
Reprenons le cas de A., 17 ans, encore en plein dans ses études (on était en 1ère pro si je me souvient bien), entre la rue et des épisodes au foyer où les études sont la seule chose qui l'ont aidée, pourquoi vouloir tout foutre en l'air en faisant un enfant si tôt ?
Et grand bien leur fasse si elles s'habillent chez Leclerc et se nourrissent chez Lidl, ça reste de la nourriture et des vêtements ! Vraiment, je ne vois pas où est le mal là en allant dans ces enseignes...
Le côté financier est important pour moi pour : avoir un logement (locataire ou non) qui ne dépend pas d'un foyer où tu ne sais pas si demain tu y seras encore (et ce que ça comporte : pouvoir payer ses factures, par exemple), pouvoir se nourrir sans devoir se mettre à pleurer devant un éducateur pour qu'il consente à donner 10€ pour la semaine (j'ai tellement aidé A. dans cette période, je la revois demander toutes les semaines à son éduc de bien vouloir lui donner des fois ne serait-ce que 2€ pour qu'elle puisse s'acheter du shampoing... alors avec un bébé ! Heureusement qu'elle a son gars).
Profiter de sa jeunesse, qu'importe les études que l'on fait, c'est parce qu'il y a tellement de choses à découvrir, à faire. Je ne parle pas d'aller jusqu'à faire le tour du monde, même juste les petits bonheurs simples de la vie. Quand t'es déjà en situation précaire et que tout ton argent passe dans les achats pour ton bébé sans pouvoir se payer une séance de ciné, un bouquin, une petite sortie où tu ne peux pas emmener ton enfant car c'est pas praticable en poussette, par exemple... Ou pour certaines aller en boîte, au restaurant,... C'est ce genre de regrets que A. a depuis qu'elle est maman. Son rêve était de passer une journée à Londres par exemple, maintenant elle regrette de ne pas pouvoir le faire parce que le bébé demande beaucoup de ressources.
Après je conçois totalement que ça se joue suivant l'éducation, le milieu où elles ont grandi... Mais je n'arrive pas à accepter qu'on parte d'une situation ultra-précaire et qu'on se mette à vouloir des enfants alors que ça te mettra dans une situation encore plus compliquée
Je pense qu'il faut arrêter de regarder ce genre de situation de ces yeux de diplômés/classe moyenne/transfuge/etc et calquer ses standards et ses aspirations sur ceux des autres On ne vient pas des mêmes milieux, on a pas les mêmes références, pas les mêmes modèles, pas les mêmes aspiration.
J'en parlais plus haut du fait que je n'arrivais pas à me mettre à la place des autres et que ça affectait mon jugement, je me doute bien que ces choses-là rentrent en comptent dans tout ça
