Pour la victimisation, je voulais dire que ça en devenait presque une quête identitaire. Tout le monde a envie d'être victime reconnue pour s'attirer de la sympathie (car "victime" aujourd'hui attire tout de suite un sentiment positif).
Parler de ses problèmes de manière individuelle, ok.
Mais ce qui me dérange (un peu, ça ne me bouffe pas la vie non plus, il se trouve juste que je suis sur un forum et ça m'a traversé l'esprit à ce moment là) c'est cette étiquette que les gens se collent à coup de hashtags, ces prises de parole en commun, ces témoignages éclair sur les réseaux sociaux... Je n'arrive pas vraiment à expliquer en quoi ça me dérange. Je m'en veux un peu de le penser car j'imagine que les gens ont souffert mais c'est peut-être l'effet de groupe.
Et j'y vois aussi une façon d'être moins résilient, de se coller soi-même un stigmate.
Moi qui ai toujours fui et détesté les étiquettes de peur qu'on m'identifie trop bien, voire de m'identifier moi-même, j'aimerais pas avoir comme attribut le mot victime quel qu'il soit (peu importe ce que j'aie vécu et qui ait encore des séquelles aujourd'hui ou non. D'ailleurs si je m'étais positionnée en victime aussi longtemps et de manière aussi publique, probablement qu'aujourd'hui je serais en stress post traumatique.)
Parler de ses problèmes de manière individuelle, ok.
Mais ce qui me dérange (un peu, ça ne me bouffe pas la vie non plus, il se trouve juste que je suis sur un forum et ça m'a traversé l'esprit à ce moment là) c'est cette étiquette que les gens se collent à coup de hashtags, ces prises de parole en commun, ces témoignages éclair sur les réseaux sociaux... Je n'arrive pas vraiment à expliquer en quoi ça me dérange. Je m'en veux un peu de le penser car j'imagine que les gens ont souffert mais c'est peut-être l'effet de groupe.
Et j'y vois aussi une façon d'être moins résilient, de se coller soi-même un stigmate.
Moi qui ai toujours fui et détesté les étiquettes de peur qu'on m'identifie trop bien, voire de m'identifier moi-même, j'aimerais pas avoir comme attribut le mot victime quel qu'il soit (peu importe ce que j'aie vécu et qui ait encore des séquelles aujourd'hui ou non. D'ailleurs si je m'étais positionnée en victime aussi longtemps et de manière aussi publique, probablement qu'aujourd'hui je serais en stress post traumatique.)
Perso, je ressens aussi cette "épée de Damoclès" au dessus de la tête quand j'écris. Au final, je m'en suis pas mal détaché parce que je sais quand un des mes messages va faire réagir ou pas et ça ne m'empêche plus de défendre mon point de vue, mais ce n'était pas forcément le cas au début, et je suppose que c'est le cas pour d'autre Madz 

Dans ce cas-là, ce qu'elle attend de nous, ce n'est pas qu'on se limite à jamais pour ne pas heurter sa sensibilité, mais davantage un petit coup de pouce à un instant T pour pouvoir mener sa barque dans l'existence de manière un tout petit peu apaisée. J'avoue que l'idée qu'une personne s'enfermerait dans une relation de dépendance aux autres parce qu'elle demande des balises spoilers me semble exagérée : c'est pas tout ou rien, il y a des alternative entre l'option "je me repose sur les autres sans prendre sur moi pour m'en sortir" et l'option "je me démerde tout seul avec mes phobies et mes traumatismes sans jamais demander de l'aide parce que c'est la seule manière de surmonter ses problèmes". Les triggers c'est aussi une forme de compromis, je trouve. Comme 
