@Nedjma Je comprends ton raisonnement (d'ailleurs je l'ai partagé pendant longtemps) mais dirais-tu d'un homosexuel qu'il se stigmatise car il se définit comme tel? Je ne pense pas, et pour les autres appelations, il faut les voir de la même façon. Si on dit de moi que je suis asexuelle, ce n'est pas stigmatisant, c'est seulement la vérité. Par contre dire que je suis "coincée", "prude", "frigide" ou que sais-je encore, car on envisage pas une seconde les différents spectre de la sexualité, là ça l'est. D'où l'importance de les connaître et de les définir, ces différents spectres. Les étiquettes sont nécessaires au début car c'est seulement comme ça qu'on comprend que l'on n'est pas "anormal" mais qu'on correspond juste à une "norme" différente. Un polyamoureux n'est pas une personne incapable d'être fidèle, mais une personne qui fonctionne différemment qu'une autre qui serait "monogame" par exemple.
Evidemment que dans un monde parfait, tout le monde pourrait être ce qu'il souhaite sans avoir besoin de le justifier, mais en attendant pouvoir ne serait-ce que se dire à soi-même "ah d'accord, je suis
ça" c'est déjà beaucoup. Avant que je découvre l'asexualité, j'errais sans but en me sentant complètement en décalage avec le monde entier (surtout avec le sex positif comme en parle
@Dame Verveine mais qui pour moi ressemblait à des coups de couteau dans l'abdomen genre "t'as vu t'es différente t'as vu t'as vu"). Alors cette étiquette, j'en ai juste eu
besoin comme de me retrouver -pendant un temps- uniquement en communauté avec d'autres A, par lassitude de devoir toujours expliquer aux autres en quoi j'étais différente.
Par contre il y a d'autres domaines où je ne ressens pas le besoin de m'inclure dans un groupe précis. Par exemple toutes les définitions du genre : je pense être une personne non binaire, ça ne se voit pas forcément, je ne le définis par forcément. Mais que d'autres gens veulent LE terme qui les définit EUX je trouve ça tout à fait justifié et approprié.