@Pipistrelle. C'est exactement ce que je trouve alarmant chez mes étudiant.e.s aussi. Les fautes d'orthographe, honnêtement iels en font tou.te.s, à tel point que je n'y prête plus trop attention (bien que je les repère toutes un peu malgré moi, j'ai un radar à fautes intégré il semblerait
), et cela n'empêche pas de voir l'intelligence du propos, le sérieux du travail (d'ailleurs, j'ai des profs que j'admire énormément qui font beaucoup beaucoup de fautes d'orthographe par ailleurs). En revanche, les phrases sans verbe ou avec pour seul "verbe" un participe présent, les connecteurs logiques mis là au hasard, les gros problèmes de concordance de temps, les "ce dernier" renvoyant à un mot trois lignes plus haut, ça c'est déjà plus préoccupant. Je sais que la syntaxe, la grammaire, l'aisance rédactionnelle en gros, c'est aussi influencé par la classe sociale, mais avec le bac en poche pas un.e étudiant.e ne devrait avoir ce niveau préoccupant qui fait que je ne comprends même pas (avec la meilleure volonté du monde) ce qu'iels essaient d'écrire. Et moi je ne peux pas rattraper, avec une heure et demie de cours avec elleux chaque semaine, toute une scolarité au primaire et au secondaire, quand en plus je leur enseigne une matière où la maîtrise du français est un prérequis
J'ai conscience d'avoir été privilégiée sur ces points, mais malgré tout je me demande comment on peut avoir des compétences rédactionnelles aussi inexistantes tout simplement parce que hormis certaines tournures soutenues et inhabituelles, les phrases qui leur posent problème sont des phrases qu'iels pourraient aussi bien dire à l'oral, et iels semblent savoir s'exprimer plus ou moins correctement quand je leur parle 
), et cela n'empêche pas de voir l'intelligence du propos, le sérieux du travail (d'ailleurs, j'ai des profs que j'admire énormément qui font beaucoup beaucoup de fautes d'orthographe par ailleurs). En revanche, les phrases sans verbe ou avec pour seul "verbe" un participe présent, les connecteurs logiques mis là au hasard, les gros problèmes de concordance de temps, les "ce dernier" renvoyant à un mot trois lignes plus haut, ça c'est déjà plus préoccupant. Je sais que la syntaxe, la grammaire, l'aisance rédactionnelle en gros, c'est aussi influencé par la classe sociale, mais avec le bac en poche pas un.e étudiant.e ne devrait avoir ce niveau préoccupant qui fait que je ne comprends même pas (avec la meilleure volonté du monde) ce qu'iels essaient d'écrire. Et moi je ne peux pas rattraper, avec une heure et demie de cours avec elleux chaque semaine, toute une scolarité au primaire et au secondaire, quand en plus je leur enseigne une matière où la maîtrise du français est un prérequis
J'ai conscience d'avoir été privilégiée sur ces points, mais malgré tout je me demande comment on peut avoir des compétences rédactionnelles aussi inexistantes tout simplement parce que hormis certaines tournures soutenues et inhabituelles, les phrases qui leur posent problème sont des phrases qu'iels pourraient aussi bien dire à l'oral, et iels semblent savoir s'exprimer plus ou moins correctement quand je leur parle 
L’orthographe et la grammaire existent pour des raisons, l’une d’entre elles étant la compréhension commune. Désolée mais je trouve que le discours « il n’y a pas vraiment de bonne manière d’écrire/de parler » est hypocrite et empreint d’une fausse bienveillance, car on sait très bien à quel point la maîtrise de la langue française est importante (et j’ai envie d’ajouter : à raison). Et pour avoir un peu vécu dans un pays anglo-saxon et lire pas mal en anglais, je peux t’assurer que le souci de respect de la langue existe tout autant là-bas, et que les gens qui font des fautes se font tout autant reprendre. Je pense que ça existe dans quasiment tous les pays, en fait.



Je ne sais pas trop de quels pays tu es originaire et où tu as vécu mais je reconnais que la question de l'orthographe est différente en Angleterre. Par contre, j'ai travaillé un bon moment dans des pays anglophones qui n'était pas le RU et je peux vraiment garantir que l'orthographe est un plus secondaire, pas un critère aussi primordial qu'en France. D'ailleurs, pour dire que parfois je lis des débats anglo-américain sur comment signer une lettre et genre ce serait malpoli d'écrire "Regards" ou autres nuances de ce genre et ça me stupéfie à chaque fois car dans les pays où j'ai bossé, mon banquier natif anglophone et non bilingue signait limite "allez tchuss ma grosse" (je caricature bien sûr hein mais comparé à l'Angleterre élitiste ça fait un peu cet effet-là
Donc oui y'a des débats anglophones élitistes du même ordre que ces gens en France qui trouvent extrêmement grave d'écrire cordialement en fin de lettre mais le monde anglophone étant très loin de se résumer à l'Angleterre et à l'Amérique BCBG, je pense quand même que la pratique de l'anglais natif en général dans les milieux éduqués est plus décontractée que le français de France. Après, peut-être que le français de Suisse, Belgique et Québec est aussi plus relax, j'avoue que je sais pas trop! Mais la différence aussi je pense c'est que les pays francophones autres que la France ont plus ou moins tous une langue nationale ou maternelle en plus du français, donc le français a un statut particulier. A l'inverse, il y a un certain nombre de pays anglophones autrefois colonisés par l'Angleterre qui ne sont pas franchement bilingues et je pense que beaucoup de gens dans ces pays perçoivent l'élitisme linguistique comme une sorte d'héritage colonial imposé à leur langue maternelle avec lequel ils prennent donc facilement de la distance.
A quoi ça me sert de m'envoyer ce genre de signaux sérieux?? Quand y'a une fracture ok, faut bien me prévenir pour que je me soigne, mais là, bah y'a rien à faire, laisse moi tranquille purin
).