@Nastja Je travaille dans le milieu, je me permets donc de te répondre
L'eau qu'on utilise (eau potable) provient majoritairement des ressources souterraines. Les prises d'eau en rivière existent, mais la grosse grosse majorité des captages d'eau destinée à la consommation humaine ce sont des forages.
Déjà, il y a énormément de pertes entre le captage et nos robinets. On estime qu'un rendement de 80% c'est un excellent rendement (donc 20% de l'eau captée perdue, c'est peu au regard des chiffres moyens et de la réglementation). C'est extrêmement fréquent qu'un tiers (voire beaucoup plus !) de l'eau captée n'arrive jamais à ton robinet (beaucoup de communes ont des vieux réseaux fuyards). Du coup pour subvenir aux besoins on capte plus que nécessaire, et l'eau qui est "perdue" ne retourne pas aussi facilement à la nappe.
Cette eau est traitée avant distribution (le niveau de traitement dépend de la qualité de l'eau, souvent un peu de javel/chlore ajouté dans le réservoir par les services municipaux suffit), ce qui peut entraîner des pollutions du milieu naturel (par exemple, les eaux de lavage d'une station de potabilisation rejetées dans le milieu sont forcément un peu polluées).
Ensuite, les eaux usées sont traitées en station puis rejetées dans les cours d'eau (qui finissent ensuite dans la mer, et non l'inverse). Il y a quelques stations qui infiltrent leurs eaux traitées, mais la très grosse majorité rejette en ruisseau/rivière. Donc on capte dans les eaux souterraines pour rejeter dans les eaux superficielles. Such logic

Il y a beau avoir des communications entre les eaux superficielles et les eaux souterraines, ça pose des problèmes au niveau quantitatif pour les eaux souterraines (et aussi pour les eaux superficielles, qui ont notamment des problèmes quantitatifs l'été en période d'étiage. Si on les utilise moins pour l'eau potable, il y a d'autres usages : irrigation agricole, hydroélectricité, industrie. Dans certaines régions on est obligé de faire du "soutien d'étiage" l'été, c'est à dire envoyer de l'eau dans les cours d'eau pour qu'ils continuent à fonctionner).
Et on a beau traiter nos eaux usées, on rejette quand même des eaux polluées. Les stations d'épuration sont incapables de rendre une eau parfaitement pure. Elles sont dimensionnées pour que leur rejet n'aggrave pas l'état du milieu récepteur (en gros on regarde la pollution rejetée qui est fonction du nombre d'habitants, le débit du rejet, le débit du cours d'eau et la pollution de la rivière pour vérifier qu'on aggrave pas trop trop) mais ça reste polluant, et des stations dont la capacité est dépassée (donc qui n'arrivent plus à traiter toute la pollution qu'elles reçoivent) ou qui fonctionnent mal, il y en a des tas. Sachant qu'en plus il y a plein de polluants qu'on ne sait pas traiter (les hormones dues à la pilule par exemple. On les retrouve telles qu'elles en sortie de station, et ça pose par exemple beaucoup de problèmes de d'hermaphrodisme chez les poissons). On traite surtout la pollution organique en fait. J'avais un prof qui disait qu'en cas de mal de tête le doliprane ne servait à rien, il suffisait de boire un verre d'eau d'une rivière en sortie de ville, la quantité de paracétamol est la même (il exagérait sûrement un peu mais tu vois l'idée).
Donc en gros théoriquement l'eau est parfaitement recyclable, mais en pratique une surconsommation entraîne une pression importante (d'un point de vue quantitatif et qualitatif) sur les ressources en eau souterraines et superficielles. Nous on s'en sort bien, de l'eau on en a, même si de plus en plus de communes mettent en place des restrictions d'usage ou des "Plans sécheresse" quand les ressources diminuent trop (en été notamment). Dans des pays plus secs, les conséquences sont bien plus graves.
J'espère que j'ai été claire et que ça répond (en partie) à tes interrogations
