J’ai regardé le reportage d’Envoyé Spécial, et je vous conseille de le regarder jusqu’à la fin parce que le début est alarmiste et part un peu dans tous les sens … “non assistance à personne en danger”, “autisme” ,”héroïne numérique”, “dopamine hormone des drogués”.
Quelques points qui m’ont hérissé le poil :
Bon déjà, on ne sait toujours pas vraiment ce qui provoque les troubles autistiques, et si c’était simplement les écrans, ça se saurait. Concernant la dopamine, si on doit restreindre tout ce qui nous fait en produire, bonjour la vie de merde (pour info on en produit quand on fait pipi…). Et enfin les vrais comportements addictifs ne concernent qu’un pourcentage réduit de la population, qui ont de toute façon un terrain favorable.
Je trouve aussi dommage qu’ils n’expliquent pas la différence entre les écrans, notamment entre regarder la télé (passif) et jouer à un jeu ou une app (actif). Les effets cognitifs chez les enfants ne sont pas du tout les mêmes, et c’est d’ailleurs l’une des conclusions du rapport sur lequel a travaillé Serge Tisseron, qui est invité à la fin. Je vous conseille son résumé disponible
ici.
Là où ils ont raison, c’est qu’il faut effectivement avertir les parents sur le fait qu’il faut mettre des limites et qu'il ne faut pas laisser les enfants seuls face aux écrans. Tout comme on ne laisse pas son enfant acheter lui-même ses jouets, il faut prendre le temps de choisir les contenus qu’il va consommer sur ces écrans. Et c’est pas toujours facile : comment savoir si tel film, vidéo, jeu, app est adapté à mon enfant ?
Cela me fait penser à une discussion que j’avais l’autre jour avec des collègues qui parlaient du club Dorothée, des Minikeums et consorts. J’ai l’impression que notre génération a grandit devant la télé, à une époque où nos parents se posaient vachement moins la question des écrans. Sommes-nous tous devenus des psychopathes autistes ?
Du coup, j’espère qu’Élise Lucet va proposer de ce pas à sa direction de mettre des avertissements sur tous les programmes jeunesse de France TV, et de supprimer Tchoupi, Trotro et Peppa Pig qui sont destinés aux enfants de moins de 3 ans ?
Bref, encore une fois, tout est dans la modération, si un enfant regarde quelques vidéos avant 3 ans ou joue à quelques jeux-vidéo avant 6 ans, il est très peu probable qu’il développera des troubles. Le simple fait que ses parents se soient posé la question et soient conscients des limites permet, je pense, d’éviter les dérives !