@Plouckinette Merci pour ton message

Je me reconnais beaucoup dans tout ce que tu décris (le cerveau qui essaie de te convaincre que tu es nulle et inintéressante, la difficulté à rester seule face à soi-même, les appels trop fréquents où on a rien à se raconter, les moments plus si spéciaux que ça...) On en a déjà pris conscience à plusieurs reprises et on essaie du coup d'espacer tout ça, mais ces derniers temps j'ai eu beaucoup de mal à respecter cette distance avec les chamboulements émotionnels qui m'ont traversée... J'étais complètement à fleur de peau, déprimée, incapable de rester seule avec moi-même, inquiète, stressée, et forcément ça a rejailli sur lui, même si j'essaie de le préserver... (je suis tout à fait heureuse qu'il passe une chouette soirée avec ses amis, je ne lui souhaite que du bonheur et des bons moments mais au milieu de mon humeur de chiotte et de ma déprime je lui en "voulais" quelque part de réussir à s'amuser, j'enviais son insouciance, mais je sais que c'était juste un ressenti pourri induit par ma déprime et c'est pas cool)
Je veux bien discuter par MP parce que je vois que tu as réussi à trouver un équilibre dans ton couple avec des problématiques un peu similaires
Sinon je crois que je remonte la pente.
Même si mon copain m'a de nouveau fait peur le dimanche soir (il fait souvent des déclarations un peu flippantes du style "j'ai plus l'envie d'essayer de t'aider" ou des trucs dans le genre, je commence à comprendre que je ne dois pas accorder trop de crédit à ce genre de phrases car souvent il revient dessus par la suite et nuance son propos).
J'ai réussi à lui expliquer que non, je n'allais pas bien en ce moment, et qu'il fallait l'accepter, me laisser du temps, ne pas me brusquer, que sa présence me suffisait (il est toujours persuadé qu'envoyer un SMS ne "sert à rien" alors que je lui répète que pour moi c'est beaucoup, je vois qu'il pense à moi, et je me sens mieux même avec un simple émoji caca).
Je lui ai aussi dit que j'allais m'aider moi-même, que lui n'avait pas à faire quoi que ce soit, juste cette histoire de SMS si il peut, je n'en demande pas beaucoup mais c'est une différence de fonctionnement. Lui apprécie plus les sorties, les restos, les moments qu'on passe ensemble et n'a pas forcément besoin de beaucoup de contact en dehors, moi j'ai besoin d'avoir quelques nouvelles et des petites attentions (pas grand-chose hein, un petit sms par ci par là). On a reparlé des différents langages de l'amour, il avait un peu oublié cette histoire et ça l'a aidé à me comprendre un peu mieux.
Depuis je remonte, J'ai bien touché le fond ce week-end, et depuis lundi je note des améliorations: j'ai fait un boulot difficile physiquement et très fatiguant, mais l'employeur était content de moi, j'ai gagné des sous et je n'ai même pas eu trop mal au dos après (alors que j'aurais souffert le martyre avant).
Malgré des journées longues et peu intéressantes à la fac, je suis contente d'avoir trouvé un stage, de bien m'entendre avec mes camarades de promo... Ce soir on m'a fait des compliments sur une chose artistique que j'ai faite, c'était sincère et désintéressé et ça m'a fait chaud au coeur.
Je me sens plus légère, je suis heureuse de constater ces améliorations, heureuse d'être plus légère dans mes échanges avec mon copain (en plus je lui ai trouvé un nouveau surnom trop mignon et parfait pour lui

), heureuse de ne plus avoir trop mal au dos, heureuse d'avoir passé une journée presque normale, d'avoir parlé et ri avec des gens, de me sentir moins isolée, moins en décalage avec le reste du monde. C'est encore ténu comme sensation mais je crois que j'en ai marre d'être triste. ça fait quand même plus de deux semaines que je me traîne comme une âme en peine, c'est long et pas intéressant.
Alors tout n'est pas réglé, mais j'ai confiance en l'avenir, même si je sais que tout ne va pas être simple
