@mag1angel J'suis contente que tu sois dans un espace safe maintenant!

Je me rends compte, et ce malgré mes lectures régulières avec vous et d'autres sites intelligents, que j'occulte toujours (oui, y a pas d'autres mots, c'est facile d'oublier les oppressions qu'on ne subit pas) à quel point la négrophobie est violente, à quel point les gens ne se gênent pas, à quel point on ne vous renverse pas juste un café dessus, on vous crache dessus aussi avec. Te dire "non merci, j'ai vu mieux", oh mais MY. GOSH

Et l'islamophobie rampante... Moi à côté, c'est "gentil", j'ai juste droit à l'indifférence et l'ignorance... on me le dit pas mais on me le fait vivre.
(bon après ça prend plus de temps à comprendre que si, c'est pas plus normal que la violence, même si je reste privilégiée dans le racisme que je subis). Vous êtes tou.te.s des survivant.e.s du racisme et vous êtes des personnes bien plus fabuleuses que n'importe quel type lambda privilégié qui finit avec une médaille ou un prix. Coeur sur vous 
Tu sais, ton expérience avec ton ex (de 8 ans si j'ai bien lu), ça me rappelle ce que disait la mère de mon copain, et plusieurs fois, comme quoi elle en avait marre de l'attitude de son mari avec elle, de la considérer juste comme la femme à la maison et tout (elle travaille à temps partiel mais du coup c'est quand même elle qui investit le plus l'espace privé). Elle disait un truc du style que c'est bien beau d'être communiste, progressiste et tout mais qu'en vrai, dans le privé, ces hommes-là, souvent syndicalistes et ou anciens communistes, étaient souvent des connards, que c'était même souvent les pires. Oh ironie, quand tu nous tiens... (d'ailleurs, ça me fait penser avoir lu plusieurs articles qui essayaient d'analyser la place de la femme dans les mouvements progressistes, typiquement le communisme, mais aussi le dadaïsme. C'était vraiment pas bô...). Je la comprends, je vois souvent les femmes de l'âge de ma mère pousser des gueulantes. Mais ça ne l'a pas empêchée d'élever son fils, mon copain donc, dans un environnement très prégnant de machisme ordinaire, plus à la grecque qu'à la française, où leurs enfants sont surchouchoutés (les deux étant des mecs, en plus). Comment tu veux que l'intersectionnalité soit pas indispensable dans ces moments-là...
(et par rapport à ton article, c'est "marrant", c'est un des rares d'everydayfeminism sur les femmes asiat' que j'ai jamais osé lire... et j'ai essayé là, mon café dans mon ventre s'est retourné vers le tiers

. C'est vraiment trop violent, pour moi ça culmine vraiment que la "colonisation du vagin"...)
Sinon, mode intellectualisation introspectif: bon en fait, j'ai compris pourquoi ça me gênait de parler chinois avec des inconnu.e.s (non-chinois.es s'entend bien sûr). Pourquoi je ne parle chinois qu'avec ma famille, et parfois avec des Chinois.es s'iels le veulent. J'ai toujours cru que c'était parce que j'étais complexée par rapport à ma mauvaise maîtrise de la langue. Mais ce n'est qu'une toute petite partie. Maintenant que je suis plus déconstruite, je crois que je définis mieux mon appréhension. Donc:
Peut-être que ça amuse ces personnes blanches de parler 5 minutes chinois avec moi mais pour moi, cette langue a un sens, un contexte, une signification très particulière. C'est presque une langue sacrée, qui représente aussi beaucoup de souffrances. Ce n'est pas un jeu, c'est mon héritage, c'est mon histoire, c'est ma vie. Et je refuse qu'on y touche. Et peu importe la maîtrise de la langue qu'auront ces personnes, iels ne partageront jamais cet héritage douloureux avec moi. Je me suis rendue compte qu'à défaut d'avoir une spiritualité (je pense au yoga et au bouddhisme) spoilée par l'appropriation culturelle, ça doit être pourtant ce genre de sentiments qui s'empare de moi en pensant à la façon dont les gens abordent ma langue
Moui, il faut que j'arrête de trop vous parler, même si j'aime bien, ça me régénère pas mal, mais bon, faut que j'avance dans mes autres trucs ^^