J'allais te répondre que non, elles ne subissent pas plus d'agression que les hommes (surement faute à un troll sexiste qui m'a un jour mis ça dans la tête), mais, après recherche, les chiffres parlent d'eux mêmes (source: INSEE):
Dans tous les cas, je pense que le rôle des parents n'est pas de protéger leur fille si ça doit impliquer de la limiter dans sa liberté, mais au contraire de lui apprendre qu'elle est aussi libre que n'importe lequel de ses camarades de genre masculin, et de lui donner les armes pour réagir en cas de problème (Self defense, bombe lacrymo dans le sac ou CNV, l'important est de se sentir parée et prête à réagir face à une agression).
EDIT: Le lien "
Femmes et hommes face à la violence" par l'INSEE pour celles que ça intéresse, c'est
ici.
Je reviens à ce message : en fait, ce n'est pas un propos de "troll sexiste" de dire que les femmes ne subissent pas plus de violences
dans l'espace public. Les chiffres de l'INSEE que tu as linké ne précisent pas où ont lieu les violences, or il y a une claire différence entre le violences dans l'espace privé (largement tournées vers les femmes) et dans l'espace public (plutôt tournées vers les hommes).
Du coup, les femmes ne sont pas plus en danger que les hommes dans la rue contrairement aux idées reçues, c'est même peut-être l'inverse. En revanche, les femmes sont plus victimes de violences à caractère sexuel.
Contrairement aux différentes formes d’intimidations et d’atteintes sexuelles, les brutalités physiques (gifles, coups) exercées dans le but d’un vol, ou gratuitement, de même que les menaces ou attaques exercées avec une arme sont relativement rares. Moins de 1 % des femmes ont été ainsi agressées dans l’espace public au cours de l’année et la quasi totalité ne l’a été qu’une seule fois.
http://books.openedition.org/pufr/382
Je copie-colle ce que j'avais écrit dans la précédente Veille il y a deux ans :
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"Pour commencer par très large, l'Organisation Mondiale pour la Santé indique que les morts par assassinats dans le monde concernent environ 16% des hommes contre 6% des femmes. Aux Etats-Unis, un homme a trois à cinq fois plus de chances d'être assassiné qu'une femme. Or dans l'esprit de beaucoup de gens, une femme a plus de chance de se faire assassiner qu'un homme et c'est pourquoi la rue est dangereuse pour elle.
Pour ratisser un peu moins large, je n'ai pas 36 références car je crois qu'il y a là une vraie réflexion qui doit encore être faite mais la sociologue Marylène Lieber a étudié le sentiment d'insécurité des femmes dans la rue et l'a mis en lumière avec les chiffres de la criminalité. Elle en a parlé notamment dans son livre
Genre, violences et espaces publics. La vulnérabilité des femmes en question.
Elle pense que le sentiment de violence dans les lieux publics n'est pas forcément un sentiment basé sur une expérience de la réalité mais sur des "rappels à l'ordre" tels que le harcèlement de rue. Ainsi, la rue n'est pas dangereuse en elle-même mais son appropriation par les hommes donne la sensation qu'elle l'est pour les femmes.
Son étude a été relayée par quelques journaux comme ici :
http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/04/la-rue-fief-des-males_1770418_3246.html
Ici :
http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...emme-sur-3-craint-de-sortir-seule-le-soir.php
"
Elles sont deux fois plus nombreuses à craindre d'être agressées ou volées dans les transports en commun et 36,7 % des Franciliennes interrogées ont peur d'être seules le soir dans leur quartier, contre 9,7 % des hommes. Elles évoquent pourtant (hors domicile) moins de violences physiques: 54 % des femmes agressées n'ont subi ni coups ni blessures, contre 43 % des hommes. Ce fort sentiment d'insécurité s'explique en revanche par la nature des atteintes dont elles sont l'objet. 15 % des violences déclarées par les Franciliennes agressées sont d'ordre sexuel, contre 2 % pour les Franciliens.
(...)
Le sentiment d'insécurité ressenti par les Franciliennes n'est pas impacté par les risques. Ainsi, c'est en Seine-Saint-Denis que les femmes évoquent le plus ce sentiment d'insécurité, alors que ce sont les Parisiennes qui subissent le plus d'agressions. "
"En 2011, selon l'Insee, 1,9 % des femmes ont déclaré avoir subi une agression physique, alors que 10 % subissent des violences conjugales. Pourtant, et même si la révolution sexuelle a atténué les choses, la représentation sociale fait du foyer le havre de paix et, de l'extérieur, un espace dangereux."
Entre parenthèse, ma perception et celle de beaucoup de gens que je connais, c'est que les agressions contre le femmes dans la rue sont majoritairement sexuelles or on voit là qu'il s'agit d'une minorité (même si non-négligeable) des agressions subies qui sont de cette nature (15%).
Vous pouvez aussi consulter des comptes rendus sur cet ouvrage :
http://gss.revues.org/index1694.html
http://lectures.revues.org/695
http://cybergeo.revues.org/23402"
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D'autre part, les hommes sont plus souvent victimes d'agressions d'inconnus que les femmes alors que les femmes sont victimes d'agresseurs qu'elles connaissent déjà.
Les hommes signalent majoritairement des violences à caractère physique (57 % des faits), les femmes plus de violences d’autres natures comme celles verbales ou encore des comportements menaçants (54 %). Et il apparaît que pour les Franciliens, plus fréquemment que pour les Franciliennes, l’agresseur était armé (34 % des agressions envers des hommes contre 19 % de celles visant des femmes).
https://hal.archives-ouvertes.fr/ha...hR_et_al-L_insecurite_en_IDF_2009_IAU-IDF.pdf
Donc ce n'est pas un propos masculiniste que de dire que les femmes ne subissent pas plus de violences dans l'espace public
en général. En revanche, elles subissent plus d'agressions à caractère sexuel (harcèlement, attouchements, insultes plutôt que viol) ce qui a un côté plus systémique et les maintient dans un climat de peur. Et elles sont plus victimes au domicile, ce qui augmente les chiffres quand on prend en compte tous types de violences.
Mais en conclusion, la rue n'est pas plus dangereuse pour une femme que pour une homme, c'est le domicile qui l'est!