Avec cette position, tu seras toujours perçu comme une femme malade et non comme un homme aussi légitime qu'un homme cis.
Je ne trouve pas ça acceptable pour ma part.
Bah, le soucis c'est qu'aujourd'hui, qu'importe ce que je fasse, oui, je serais toujours très certainement femelle. C'est p'tête "pas acceptable" pour ta part, mais c'est la vérité. Je suis né femme, et même si j'essaie de rendre les choses mieux par rapport à mon corps etc, je serais jamais un homme cis, j'aurai jamais eu une puberté normale d'homme cis, j'aurai jamais de pénis biologique, de spermatozoïdes, je pourrais jamais produire d'enfants, tout ça c'est pas possible. C'est dur à comprendre, et c'est dur à écrire et à lire, mais c'est la vérité. C'est pour ça que la dysphorie de genre n'est pas guérissable, parce qu'on peut pas changer la manière dont on est né de façon fondamentale, et on peut pas changer le passé. C'est tout le problème du trouble en fait et oui, c'est déprimant. Est-ce que ça veut dire qu'il faut me mégenrer et m'empêcher de changer mes papiers et compagnie, non, parce que qui a une vérité biologique qui doit être prise en compte, que je transitionne, et qu'au bout d'un moment, bah voir mon gentil petit prénom de naissance et voir ma gueule de barbu, bah ça aura pas de sens et pourrait me mettre en danger. D'une façon générale, de plus, s'il n'y avait pas ces arguments-là, je dirais que c'est quand même plus moral de respecter les pronoms d'autrui même si on y croit pas (et c'est le droit de chacun).
Moi, honnêtement, je m'en fou, qu'on me dise "elle" ou "il", oui je dirais que c'est pas respectueux de le faire (pis ça me rappelle le fait que je suis femelle donc un peu aie), mais au pire, ça change rien à ma vie
tant que ça ne me met pas en danger. Les gens qui s'adaptent pas à mes pronoms et décident de ne pas me respecter, bah je leurs parlerai pas, et puis voilà. Je fais ma vie, ils font la leur.
Je me demande aussi dans quelle mesure, en "luttant contre les personnes non binaires qui volent la condition des personnes vraiment trans", tu ne règles pas en fait tes comptes avec toi-même.
Alors, non, je règle pas mes comptes avec moi-même, je n'ai pas honte d'avoir eu l'expérience que j'ai eu, je regrette d'avoir été homophobe, transphobe et intersexiste, mais on peut pas être parfait, et l'important, c'est que j'ai fais mieux. Je suis largement en paix avec tout ça.
Demander des preuves de l'existence de quelque chose, c'est pas "lutter contre les personnes non-binaires", je lutte pas, je pose des questions auquel je n'ai jamais de réponse. Je n'ai eu littéralement, aucune réponse, à part des attaques ad hominem et des hommes de paille, j'attends toujours, et je suis toujours ouvert aux arguments, mais il ne semble pas y en avoir.
S'approprier une condition neurologique, oui c'est questionnable dans le sens moral, mais de mon point de vue, vu que les 3/4 des gens se rendent pas compte de ça, je trouve ça pas très intéressant de leur en vouloir. En tout cas, j'essaie de ne pas le faire, parce que ça ne sert à rien.
Ce qui m'agace le plus c'est de se réclamer féministe tout en luttant pour les rôles genrés, pour moi c'est ça le véritable problème, c'est qu'on "lutte pour l'égalité des genres" mais au final, on créé des genres pour y mettre des personnes qui ne sont pas "100% homme/femme". Pour moi, c'est ça le gros problème, et ça dénature et décrédibilise le mouvement complètement. En plus de ça, ça divise, et certaines catégories de non-binaires sont différentes (genderfluid, neutrois etc etc), donc le mouvement féministe est plus divisé que jamais, alors que notre lutte à la base, elle passe par l'égalité des sexes, d'être traité pareil indifféremment de comment on est né.
Tout le monde est d'accord pour dire que les rôles genrés c'est nul et ça devrait pas exister, et à côté y'a cette dissonance cognitive d'être d'un troisième genre parce qu'on rentre pas dans ce qu'on pense être une femme ou un homme. Y'a de vraies problématiques dans le monde par rapport à la condition des femmes, et on se prend le chou sur le genre en tant qu'identité sociologique, qu'on est censé à la base combattre. Moi je trouve ça dommage.
Après, je pourrais me dire, je vais être un mec, donc au pire, moi je serais plus concerné par tout ça, mais quand je vois que ça va aussi loin que d'élever des enfants "sans sexe", ça me fait pas du bien.
Je comprends ton argumentation, je connais le DSM, revue de symptômes qui se veut atheorique mais ne l'est pas. On étudie ça en psycho socio et même s'il y a un fort courant atheorique dans la psychiatrie, ca pose débat dans la spécialité, chose que tu omets de préciser. Ca pose des débats qui depasse le cadre psychiatrique, comme ca a été vu dans la dernière édition d'ailleurs.
Je suis pas au courant de ça, ça m'intéresse, si tu veux bien en parler plus.
En tout cas, en te lisant de l'extérieur et sans faire de la psychologie de comptoir, ça se voit qu'autre chose se joue

Je crois vraiment qu'il faut s'interroger sur ça

La preuve, tu dis quand même que les psychiatres ne posent pas assez de questions sur les motivations pour dire ensuite qu'ils savent ce qu'ils font

Enfin bref, tu as mine de rien un double discours sur la psychiatrie et tu ne sembles pas t'en apercevoir
Où est-ce que j'ai dis que les psychiatres savent ce qu'ils font ? Je dis que le DSM est clair sur les symptômes de dysphorie de genre, mais que les psychiatres qui se réclament spécialistes, ne s'y connaissent pas. On ne m'a jamais diagnostiqué de dysphorie de genre, j'ai DEMANDE à l'être parce que mon psychiatre disait qu'on ne "diagnostiquait pas le fait d'être trans", parce que c'était "comme être gay".
Je dis que c'est important de faire du psy avant de transitioner parce que ça permet d'être sûr de son choix et de voir si c'est pas une autre cause guérissable, mais le psy, il est pas obligé d'être formé sur tout ça, moi j'y suis passé, mon psy était transphobe (genre réellement), pourtant, ça m'a quand même fait du bien et guidé dans mon choix.
Si tu pouvais vraiment arrêter de me faire des procès d'intention, je t'en remercierai, parce que c'est agaçant, je les ai dites, mes raisons. Y'a des raisons sur la moralité, l'accès à l'information, l'esprit critique, la recherche scientifique pour aider mieux les personnes trans et leur proposer de meilleures solutions, le féminisme. C'est beaucoup, mais c'est pas une question de "je veux blesser des gens mouahahah" ou "ma vie est trop nulle je dois faire chier des gens", c'est même totalement l'opposé de ça, même si c'est perçu autrement.
Evidemment c'est aussi chargé émotionnellement, à la fois parce que je sais ce qui se passe dans la tête des personnes auxquelles je parle car j'ai vécu les mêmes réactions et ressenti les même attaques.
Parce que c'est un sujet qui me concerne et avec lequel j'ai un passif et de l'expérience.
Parce que j'ai beaucoup à perdre dans l'histoire et que ça me fout la pression. J'ai pas de communauté.
Parce que j'ai vu ce que les erreurs pouvaient faire aux gens et à quel point on les laisse tomber et on les traite comme de la merde quand ça arrive. Qu'on les vire du mouvement comme des mal propres et qu'on les fait taire.
Parce que j'ai vu ces gosses qui pensaient de façon obsessive à leur genre et/ou sexualité jusqu'à inventer des nouveaux mots alors qu'ils étaient très vraisemblablement des personnes cis bisexuelles qui étaient largement perdues, très jeunes et/ou traumatisés sexuellement/dans l'enfance dans la majorité des cas.
Parce que j'ai vu l'homophobie que ça cachait surtout dans les mouvements lesbiens.
Parce que j'ai vu certaines TERFs "femmes dysphoriques" qui sont des hommes trans mais qui sont totalement perdu.e.s parce qu'on leur a martelé que le genre est une construction sociale.
Parce que j'ai vu la violence de certains mouvements trans et de la façon dont certain.e.s parlent aux autres et de comment à moi on me parle aussi et que ça m'horrifie. J'ai la "chance" d'être concerné, mais une personne cis, elle doit s'en prendre plein la tronche abusivement en ayant mes propos, alors qu'ils n'ont objectivement rien de méchant.
Parce que j'ai vu toutes ces personnes qui semblaient souffrir de dysmorphie de corps, notamment au niveau des seins, et qui passaient leurs temps à être obsédé.e.s par cette partie de ce corps là, estimant que du coup, ça les rendait trans quand bien même il n'y avait rien d'autre que ça qui l'indiquait, et continuaient d'obséder sur cette partie du corps, sans pouvoir sortir de tout ça.
Parce que j'ai vu toutes ces personnes qui souffraient du fait d'être homosexuelles et qui avaient tellement envie d'être hétérosexuelles qu'elles étaient prêtes à transitionner pour "se sentir mieux".
Parce que j'ai vu tous ces non-binaires qui prennent de la testostérone pendant juste 3-6 mois et qui finissent par haïr les changements, jusqu'à en pleurer, parce qu'iels deviennent plus poilu.e.s, avec une voix plus grave etc, et que c'est dramatique pour elleux, parce qu'iels ont pris un traitement non adapté à leurs problèmes et qu'elles vont le payer pour le reste de leur vie.
Parce qu'après ces personnes là nous dise qu'il faut qu'on "apprenne à s'aimer soi-même" plutôt que d'essayer de "se changer".
Parce que j'ai lu l'histoire d'une nana qui était abusée par son père et que la seule façon dont elle a réussi à se protéger, c'était en transitionant, puis ensuite en détransitionant parce qu'une fois hors de l'endroit où elle était abusée, elle a eu de la dysphorie de genre lié à sa transition.
Parce que tout ça, ça pourrait aller mieux si on informait mieux les gens sur ce que c'est d'être trans.
Voilà, c'est ma collection d'expérience de ces quelques années, mais ça va vraiment pas beaucoup plus loin que ça. C'est subjectif en plus, même si ça peut te permettre de mieux me comprendre, ça n'a pas trop d'intérêt pour moi parce que c'est pas des choses que je peux prouver qui existent vraiment.
Roulement des yeux. A mon avis, c'est dû au fait que la transité est de mieux en mieux connue, que les infos dessus sont de mieux en mieux accessibles (vive l'internet!) et donc qu'il y a plus en plus de gens qui ont trouvé des réponses et qui cherchent à avoir un traitement. Pour prendre mon exemple, je crois pas qu'avant l'internet (et la possibilité de parler à une femme trans en vrai!) j'aurais eu la moindre chance de comprendre que je suis trans, entre l'environnement naze et les idées reçues sur la question. Heureusement que je suis pas née vingt, quarante ans plus tôt... L'augmentation de la demande ne prouve pas en soi que cette augmentation est forcément faite de gens qui ne sont pas trans pour de vrai de vrai. C'est pourtant ce que tu sous-entends, non?
Je vais te citer le poste que tu n'as pas lu du coup, parce que j'ai couvert ces points-là :
Deux hypothèses du coup qui jouent très certainement :
- Les personnes qui étaient trans mais qui ne le réalisaient pas, ont pu le réaliser plus facilement.
- Il y a des personnes qui ne sont pas trans dans le lot (295 personnes, c'est énorme).
Ce qui allonge la liste d'attente des cliniques de façon énorme, au moins deux ans maintenant. Ce qui fait que les personnes qui ont vraiment besoin de ce service ne peuvent plus y accéder aussi rapidement qu'avant. De même en France, il faut au moins attendre un an et demi avant d'avoir son premier rendez-vous avec l'organisme public (la SOFECT).
Moi non plus j'aurai sans doute pas compris que j'étais trans sans internet, mais ça veut pas dire que seule UNE hypothèse est vraie. Les deux peuvent l'être, et c'est bien plus logique de dire que sans doute que les deux jouent, plutôt qu'une seule. Tu n'as pas lu mon poste, donc tu n'as pas reçu les informations que j'avais transmis.
Et c'est toujours l'impression que tu me donnes ... tu te réfugies dans une position d' "objectivité" de "c'est la science!" et tu n'admets pas que tu ne présentes pas que des faits, mais aussi des réflexions, des conclusions, des opinions à toi...
Ce qui fait que ça bah... Pas
ici en tout cas. Si j'ai des biais d'objectivité, j'en ai, et j'arrête pas de demander, oui, mais dans ce cas-là, faut me corriger, et je corrigerai les postes correspondant.
Ce qu'on dit, c'est que le genre n'est pas le sexe du cerveau, ou que plus exactement la biologie n'est pas la seule chose qui fait l'identité d'une personne. Ou que, plus exactement, on peut pas dissocier la nature & la culture chez l'être humain, sa culture ayant des conséquences sur sa nature. Parce qu'un être humain ne grandit pas dans le vide, il se forme (littéralement, biologiquement) via des interactions avec autrui, à l'enfance comme à l'age adulte, toute sa vie en fait, et sans ces interactions avec autrui il devient cassé.
Les études sur l'identité de genre ne sont pas d'accord avec ton opinion.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0091302211000252
Testosterone in the fetal stage determines sexual differentiation of the human brain. ► The degree of genital
masculinization does not necessarily reflect that of the brain. ► No evidence indicates social environment affect gender identity or sexual orientation. ► Sex differences in the brain determine sex-specific prevalence of brain disorders.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25667367
OBJECTIVE:
To review current literature that supports a biologic basis of gender identity.
METHODS:
A traditional literature review.
RESULTS:
Evidence that there is a biologic basis for gender identity primarily involves (1) data on gender identity in patients with disorders of sex development (DSDs, also known as differences of sex development) along with (2) neuroanatomical differences associated with gender identity.
CONCLUSIONS:
Although the mechanisms remain to be determined, there is strong support in the literature for a biologic basis of gender identity.
Je traduis : "Aucune preuve n'indique que l'environnement social affecte l'identité de genre ou l'orientation sexuelle" & "Même si les mécanismes sont encore obscurs, il y a un grand support dans la littérature sur la base biologique de l'identité de genre".
Je ne peux pas faire plus clair que ça. Si tu n'es pas d'accord, soit, mais dans ce cas-là, j'ai besoin de preuves. Tu me dis que ce n'est pas ça qui fait l'identité d'une personne, les recherches sur le sujet te contredisent. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Ce que tu dis, c'est
vrai pour beaucoup de choses chez les êtres humains, mais ça n'est pas le cas pour l'orientation sexuelle ou l'identité de genre. Tu n'as pas de preuve à apporter pour aller dans ton sens, donc je reste sur l'hypothèse bien plus crédible de base.
Et tu piges pas que dire "il y a deux sexes disponibles" c'est déjà avoir tracé une ligne, créé un classement - parce que la nature elle s'en fout, elle fait ses individus avec leurs corps et leurs cerveaux, et c'est toi qui les classe en deux groupes ensuite (et ça te fait chier qu'on mentionne l'existence des personnes intersexes mais je les mentionne quand même), et tu piges pas que dire "le genre c'est le sexe du cerveau" c'est aussi poser un choix, créer une classification en groupes (qui est certes bien meilleur que de dire "le genre c'est le sexe génital selon le classement dans l'un des deux groupes fait au préalable") mais qui est déjà aller plus loin que la simple observation de la biologie pour en proposer une lecture, lecture qui est différente de dire par exemple "le genre c'est l'identité sociale que tu assumes ou veux assumer, et dans laquelle tu veux que la société te classe" ce qui est ... la définition que j'ai atteinte en observant les gens.
Ça s'appelle des rôles genrés, c'est créé par la société et tu viens de démontrer que c'était un choix là. Aucun rapport avec le transsexualisme.
Les intersexes c'est un trouble, pas un "autre sexe" et pas du tout un troisième sexe.
"Turner's Syndrome, mixed gonadal dysgenesis, Triple X syndrome, Klinefelter syndrome, XYY syndrome, Tetrasomy X and XXXY syndrome, XXXXY and Pentasomy X, XX gonadal dysgenesis, XY gonadal dysgenesis, and XX male syndrome." Tout ça, et je suis sûr qu'il en existe d'autre, c'est soit avec des chromosomes masculins, soit sans chromosome masculin, c'est ce qui définit si quelqu'un est mâle ou femelle génétiquement. Toutes ces conditions, elles amènent : maladies, malformations, syndromes, conditions, morts. Ce n'est pas un troisième sexe, c'est un problème génétique pas anodin. Ça ne casse absolument pas la binarité du sexe et ce n'est certainement pas non-binaire.
Je ne suis pas bien abilité à en parler, n'étant pas intersexe et ne connaissant pas bien la politique intersexe française (parce qu'elle est différente de celle en Amérique).
Et moi je dis que ta lecture elle est biaisée, et elle marche pas. Ca me casse les pieds que tu dises que c'est le sexe du cerveau qui définit le genre d'une personne, parce que je suis une femme, et que personne a jamais eu besoin de vérifier le sexe de mon cerveau, et que personne le vérifiera jamais, et que de toutes façons même si le sexe de mon cerveau était masculin, bah je serai une femme quand même, en faisant un gros doigt d'honneur à l'IRM qui a révélé le sexe de mon cerveau comme j'ai fait un gros doigt d'honneur à tout le reste. Tu vois ça comme la cause qui amène à la conséquence que je suis trans, je vois ça comme une observation post-hoc, après-coup, qui quel que soit son résultat ne changerait rien à la donne, en fait, et qui est donc inutile et ne sert pas à comprendre la question. Et je dis que c'est pareil pour tout le monde: personne ne va abdiquer son identité de genre si un jour on découvrait que leur biologie n'était pas celle attendue. On s'en balance de la biologie.
Je te copie colle ce que j'ai répondu à quelqu'un d'autre sur le sujet quelques postes plus haut :
Les IRM sont des images (donc différentes des biopsies par exemple) traduites d'un ordinateur, et les choses différentes sexuellement dans le cerveau humains ont des valeurs moyennes qui sont plus stables à l'échelle d'un échantillon représentatif, mais moins par rapport à un individuel. Par exemple, il y a des hommes qui ont moins de testostérone que d'autres, et pourtant, qui sont parfaitement sain de cette façon là, sans aucun problème physique ou autre. Tu prends un autre mec, pour lui, le niveau de testostérone du premier mec serait carrément insuffisant et lui causerait des problèmes de santé. Prend ça un peu comme un test pour une maladie, il y a des faux positifs et des faux négatifs, aucun test n'est fiable à 100%, ce n'est pas possible. Avoir une échelle de valeur pour un échantillon, c'est différent que la valeur moyenne destinée à dire que quelqu'un individuellement est trans ou non. Donc, même si c'est une aide pour nos connaissances de science, c'est difficile de dire qu'aujourd'hui on peut totalement sans problème diagnostiquer quelqu'un essentiellement à l'aide de ça. C'est pour ça que les symptômes sont importants à prendre en compte (tels qu'ils sont décrits dans le DSM).
Ça peut te casser les pieds qu'il faille une preuve pour qu'on te croit, mais ça reste le cas. Ta preuve à toi, c'est ta dysphorie de genre. La preuve biologique, c'est les études qui ont été faites sur le cerveau des sujets qui ont été diagnostiqués avec de la dysphorie de genre. Le fait est que s'il n'y avait pas ces études de biologies, on pourrait juste te dire que c'est psychologique et que ça peut se guérir à coup de psy, maintenant, on ne peut pas. C'est une
bonne chose à mes yeux, notamment dans la lutte contre la thérapie de conversion.
Tu peux pas en vouloir aux gens de ne pas croire que t'es pas zinzin si tu te prends pour quelque chose que t'es physiquement pas. Comme je l'ai dis, on peut aller loin comme ça, qu'est-ce qui empêche quelqu'un de se proclamer être le nouveau Jésus, ou d'être un animal, ou tiens d'être intersexe, d'être d'une autre couleur de peau, si y'a pas de preuve physique que ça soit le cas ? On est supposé croire sur parole quiconque nous raconte quoi que ce soit sans poser un minimum de questions sur la raison pour laquelle c'est le cas ? Désolé, mais non. Déjà parce que c'est la porte ouverte pour n'importe quel charlatan et/ou secte d'en profiter, mais en plus de ça, c'est juste irraisonnable de s'attendre à ce que tout le monde nous croit sans preuve. Et oui c'est injuste, mais c'est comme ça.
De toute façon, t'es sous hormones, donc ton cerveau, il est totalement féminisé maintenant, comme n'importe quelle femme cis.
Non, on ne s'en balance pas de la biologie non.
Et si ce n'est pas comme ça, alors c'est une information déterminante pour savoir qui est une femme et qui ne l'est pas, et du coup il faut faire passer des IRM aux gens pour savoir si oui ou non iels sont des femmes, et ensuite les faire s'y conformer. (Je prend l'exemple du sexe du cerveau, mais en fait c'est vrai pour tout le reste: remplace ça par nature, biologie, corps, etc.)
Déjà répondu :
J'ai l'impression que la position que tu penses que j'adopte c'est : si l'IRM ne montre pas que tu es trans, tu n'es pas trans. Mais c'est pas du tout ça, surtout que ça serait assez illogique parce que je n'ai pas passé d'IRM avant d'aller sous Testo (j'avoue j'aurai bien aimé).
Ma position c'est : si tu n'as pas de dysphorie de genre (dans le sens du DSM), tu n'es pas trans. Si tu penses avoir de la dysphorie de genre, il faut aller voir un psy, car tout un tas d'autres troubles psy peuvent ressembler à de la dysphorie de genre, et il est important de les évacuer avant de faire un choix déterminant dont tu ne pourras pas revenir en arrière. Si rien n'est trouvé dans un temps imparti et un travail sérieux (moi j'ai fais un an et demi à raison d'une séance par semaine, Buck Angel a fait 10 ans, c'est difficile donc de mettre un chiffre sur tout ça, mais je pense qu'un an c'est une bonne base. Aussi il faudrait que les patients aient l'ouverture d'esprit de se dire que peut-être ce n'est pas être trans, de vouloir guérir etc, et ça, on y est pas encore), alors la transition est indiquée pour gérer les troubles de dysphorie de genre.
C'est tout, y'a pas d'IRM là-dedans. Car même si l'IRM montre sur des études que les personnes trans ont un cerveau qui ressemble au sexe opposé, c'est difficile aujourd'hui de produire un test fiable tant qu'on ne comprend pas bien les mécanismes de la dysphorie de genre. De la même façon qu'on ne fait pas d'IRM à des gens qui ont des traumas, ou de la dépression ou de la schizophrénie, pour prouver qu'ils ont un trouble. Ils font du psy et ils prennent des médicaments pour gérer mieux leurs soucis. Le problème c'est que la testostérone, tu peux pas la prendre comme tu prends un anti-dépresseur, parce que ça te cause une nouvelle puberté, avec des changements physiques (et donc sociaux) importants. Si tu arrêtes la testostérone car tu n'en as plus besoin, tu ne changeras pas comme tu étais avant, donc c'est important de garder ça en dernier recours si toutes les autres hypothèses ont été évacuées.
Ça ne me semble pas sorcier ni méchant comme façon de faire. Et oui, l'attente, l'année de psy, c'est pas drôle, et c'est chiant, et la dysphorie c'est horrible, mais c'est important comme travail pour parvenir à un diagnostique fiable et d'avoir les traitements qui vont avec. Tout bon médecin devraient avoir l'approche de trouver les meilleurs traitements en terme d'effet/qualité/coût/difficulté pour ses patients.
Du coup ton argumentaire, soit il sert à établir que la transité a une base biologique, avec les conséquences qui vont avec (à savoir un arrêt de la prise en compte du témoignage pour à la place se focaliser sur le corps biologique de la personne, même si c'est un objectif à terme qui viendrait après des années de recherches qui vont donner des outils pour mieux observer le corps biologique d'une personne) soit il sert à rien, et tu n'as pas à en tirer les conclusions que tu en tires, à savoir dire que y'a des vrais trans et des faux trans, que y'a les transsexuels d'un côté et les non-binaires qui s'inventent un truc.
Ecoute, tu as l'air énervée, et je comprends. Quelles sont les conclusions que je tire qui ne sont pas logiques de ton point de vue ?
C'est difficile de dire "il y a des vrais et des faux trans" parce que, comme tu le dis si bien, ça nie l'expérience personnelle d'une personne qui pense être trans, et c'est comme si, de ce point de vue là, je niais le fait qu'elles souffrent. Je pense qu'il y a des personnes qui souffrent, certaines souffrent parce qu'elles sont trans, certaines souffrent pour d'autres raisons qui méritent d'être explorées. C'est tout.
(Et ça change pas le fait qu'on peut avoir de la dysphorie ou non, hein, le rapport au corps =/= le rapport à l'identité, notamment l'identité de genre, on le voit très bien avec les communautés trans, ou y'a des femmes trans qui veulent certaines opérations et d'autres non, et le rapport à leurs organes génitaux (par exemple) ne change quedalle à leur genre et à leur identité.)
Je sais bien. Je comprends pas trop, mais vu que je n'ai pas de preuves fiables ou autres, je réserve mon jugement sur ça. C'est vrai qu'il y a des gens qui veulent des opérations et d'autres non, des gens qui aiment leur pénis et d'autres non, des gens qui sont okay avec leur vagin et d'autres non, malgré le fait qu'ils soient dysphoriques beaucoup. Voilà, je n'ai rien à dire de plus, ça arrive, je ne sais pas l'expliquer.
Ce que je peux dire c'est que même si je préférerais me lever demain en étant un mec cis totalement, je ferais sans doute pas de phaloplastie, parce que j'ai pas l'impression que la technologie soit assez avancée pour que je sois satisfait. Peut-être que ces personnes-là ont des avis similaires, ou peut-être pas, je ne sais pas.
En fait ça montre que tu ne maîtrises pas bien ton sujet. Et nous on te dit que ça sert à rien de parler juste de biologie. Pour reprendre ma comparaison, si tu essayes de comprendre le genre et que tu bases tout ton propos sur la nature et pas la culture, c'est comme si tu essayais de comprendre le concept de l'argent en basant tout ton propos sur sa composition naturelle d'encre et de papier, et que tu évitais de toucher au reste parce que tu t'en sors pas.
Encore une fois, dans ce cas-ci, quelle est la chose qui relie les non-binaires non dysphoriques aux personnes trans dysphorique, puisque biologiquement, ce n'est pas du tout le même cas ?
Je ne dis pas que ça n'existe pas, je dis que ce n'est pas le sujet dont je parle, parce que l'identité de genre tel qu'il est définit dans les papiers scientifiques, il n'est apparemment pas influencé par des mécanismes de culture. Donc, ce n'est encore pas une bonne équivalence. Si on parle de la monnaie, une meilleure comparaison ce serait que, la monnaie papier c'est les personnes trans, elles ont un idéologie (conviction d'être du sexe opposé) et une composition d'encre et de papier (base biologique). Le concept de non-binaire, du coup, dans cette analogie là, ce serait de la monnaie virtuelle, elle a une idéologie (conviction d'être autre chose), mais pas de composition démontrée (donc notamment, pas de troisième sexe).
Sachant qu'en tant que féministe j'estime que les rôles genrés doivent être abolis car ils sont nocifs pour l'égalité des sexes et n'existent que culturellement, bah, je vais pas être pour l'idéologie de l'argent parce que j'y crois pas, je crois juste en la composition de celle-ci, parce que c'est vrai, la valeur de l'argent n'existe que dans nos esprits. J'espère que c'est plus clair comme ça.
EDIT : en fait je n'aime pas cette métaphore. Parce qu'elle sépare la cause et les symptômes du transsexualisme. Dans le cas du transsexualisme, si y'a l'idéologie de l'argent,
c'est à cause de sa composition. C'est pas séparé, la composition cause la valeur, la différence du cerveau cause la dysphorie. Ce qui n'est pas le cas pour les non-binaires non dysphorique.
Et je crois que c'est pour ça que tu as toujours l'impression que je déforme ton propos (parce que même si tu n'as peut-être pas dit qu'il faut un IRM pour déterminer qui est trans et qui ne l'est pas, le fait est que le fond de ton propos, c'est que c'est ça que tu veux, ou plus exactement qu'on se base sur la biologie de la personne pour déterminer qui est trans et qui fait semblant, alors qu'aujourd'hui on se base sur le témoignage d'une personne, en fait).
Non. Déjà parce que ça voudrait dire que si tu passes une IRM et que même si tu n'as pas de dysphorie de genre, on te dit que tu as le cerveau du sexe opposé, on te forcerait à prendre des traitements dont tu peux te passer. Mais aussi parce qu'on comprend pas encore bien les mécanismes de la dysphorie de genre, pas assez pour faire en sorte d'établir des protocoles qui permettraient de dire avec certitude si une personne est trans ou non basé sur des images médicales de façon
individuelle.
Et que moi j'ai l'impression que tu saisis pas du tout le mien, parce que tu as l'air d'être complètement imperméable au concept même que peut-être interagir avec des gens et avoir une position dans une culture ou une société, ça a une influence sur la biologie (ça construit des réseaux neuronaux dans l'cerveau, yo)
Encore une fois, les études, que tu peux lire, contredisent ça sur la base de l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Je saisis ton concept, mais c'est une croyance qui a été démontée, donc oui, je suis imperméable au concept parce que non seulement il n'y a pas de preuve allant dans ce sens-là, mais en plus de ça, y'a des preuves qui vont contre ce sens-là.
et donc l'identité genrée et pas genrée d'une personne, c'est au mieux une réponse, une interaction avec la biologie, si elle prend la biologie en compte ; mais c'est pas du tout "y'a que la nature / la biologie / le corps qui compte".
Parce que toi tu parles de
rôles genrés (place qu'une personne assume au sein de la société) et moi
d'identité de genre ("sexe" du cerveau (raccourcit)). Ce n'est pas pareil, ça n'a rien à voir, ce sont deux choses différentes.