Je suis désolée de parler encore et toujours de moi, mais il faut que j'extériorise, j'éditerai par la suite : je supporte de moins en moins mon fonctionnement : j'ai besoin de délibérer sur tout. Je vis dans ma tête, dans mes pensées, dans mon univers de réflexion, je le cultive comme un cocon, je ne veux pas qu'on me dépossède de ce que je suis, et à force de vouloir cultiver ce que je suis, je perds ma faculté à réfléchir en groupe.
Je fonctionne comme ça : quand on me donne un sujet, j'ai besoin de le décortiquer toute seule, profondément toute seule, avant de pouvoir en parler avec les autres. C'est comme ça pour tout. J'ai besoin de concerter "mon moi et mon moi" avant de pouvoir concerter "mon moi avec celui des autres". J'ai l'impression que ce besoin de me ressourcer, de penser par, pour, et avec moi-même est perçu, dans le contexte scolaire, par les autres comme de l'égoïsme. J'ai l'impression que les gens se disent que je veux faire bande à part, que je veux travailelr toute seule pour avoir tout le mérite, que je ne veux pas me mélanger ou je ne sais quelle saloperie. J'ai tellement envie de leur dire que NON, que c'est tout le contraire, je trouve magnifique, passionnant, génial, d'avoir l'avis des autres; mais je veux avoir le mien avant d'avoir le leur. Je ne supporte pas qu'on me donne un avis avant d'avoir pu m'en créer un, j'ai l'impression que ça me dépossède de mon authenticité, de ce que je suis, qu'on me pré-mâche la réflexion. Je comprends totalement que certains construisent leur réflexion par le dialogue avec autrui. Je ne juge pas, mais alors absolument pas, ça. Je dis juste que (fort hélas je pense) moi je ne fonctionne pas du tout de cette manière. J'ai besoin de dialoguer en interne avant de dialoguer en externe, et je déteste que ce soit pris pour de l'asociabilité ou de l'égoïsme, alors que c'est de l'individualisme (ça je l'avoue). J'ai tellement d'idées qui me fusent de partout quand je réfléchis toute seule, que si les autres m'apportent encore plein d'idées avant que j'ai pu regarder les miennes, j'explose. Mais loin de moi le désir de ne pas les écouter. Leurs idées m'intéressent énormément, mais une fois que je suis au clair avec moi-même.
Et encore ! Il y a des fois où je vivrais bien le fait de ne pas avoir eu le temps/le droit de réfléchir toute seule à un sujet avant, mais sur les sujets qui me tiennent à cœur, je pense que j'ai des airs de psychorigide, je n'arrive pas à parler de quelque chose avec les autres si j'en ai pas parlé avec moi-même avant. Je ne sais pas si les autres me trouvent odieuse pour ça, je ne sais pas s'ils comprennent que c'est pas du mépris ou de la condescendance mais de la psychorigidité intellectuelle. Je ne supporte pas l'hypothèse que mon fonctionnement mental puisse donner aux gens l'impression que je me crois meilleure qu'eux, plus intelligente, plus maligne, alors que je suis juste différente. A force que les gens soient surpris (pas forcément choqués mais surpris au moins) par mon fonctionnement, je me demande si je ne suis pas complètement folle et horrible.
J'ai l'impression d'être choquante, égoïste, prétentieuse, quand je dis à un prof que je préfère un travail individuel que collectif.
Pas citer svp !