En fait y'a un truc qui me gêne dans cette conversation. C'est que certes tous les boulots sont fatiguant à la fin d'une journée, mais l'impact au long cours n'est pas du tout le même. Entre un travail physique qui va littéralement te casser le dos et les articulations, et un travail de bureau, le résultat arrivé à la retraite n'est absolument pas comparable. Je connais beaucoup d'anciens ouvriers retraités, qui eux aussi se faisaient des semaines à 50h-60h (sans pouvoir partir en vacances, juste pour avoir le "minimum syndical" pour leurs enfants et pouvoir rembourser leur crédit maison / appart, finalement ce n'était pas un choix). Tu vois que leur corps, ils l'ont ruiné au travail, qu'ils ne profiteront pas de leur retraite, parce qu'ils sont désormais handicapés, qu'ils ne peuvent plus se mouvoir comme ils le voudraient, ou parce que leurs poumons sont trop attaqués, parce qu'ils sont partis trop jeunes de l'amiante, etc. Ça m'a vraiment traumatisée du monde du travail et de ses pseudos-valeurs, de voir tant de personnes abîmées au nom de quoi ? De la rentabilité
?
Un soudeur qui travaille 50h/semaine ne finira pas dans le même état et ne mourra pas au même âge qu'un assureur qui travaille 50h /semaine, c'est en ce sens que parfois ce genre de discussions me gênent. J'ai moi aussi été élevée dans une famille ou le travail est la valeur principale, mais l'espérance de vie n'est pas la même que l'on soit ouvrier ou cadre, c'est un fait, et c'est quand même assez ignoble. Donc je me dis qu'on ne peut pas attendre les même exigences, en terme de temps de travail hebdo, d'une personne avec une profession à risques, d'une personne avec une profession confortable pour le corps. Entre 8h à la chaîne en conditionnement et 12h en tant qu'hôtesse sur des salons (pour avoir fait les deux), je n'avais pas du tout la même fatigue, ni physique ni psychologique (et pourtant être hôtesse n'est pas ma vocation).
Après, c'est sûr que tout travail fatigue (apprendre fatigue aussi énormément, j'étais souvent fatiguée en sortant de cours !), mais certaines activités professionnelles marquent quand même beaucoup plus le corps que d'autres. De plus certaines professions dites manuelles impliquent à la fois un travail intellectuel (de la réflexion, du stress, des prises de décision avec parfois de lourdes responsabilités) et un travail physique parfois intense. Et le niveau de stress et d'anxiété peut-être hyper élevé aussi dans les professions où l'on a peu de responsabilités (parce que le travail peut être très pénible, qu'on n'a pas envie d'y aller, que le salaire est misérable, qu'il n'y a aucune reconnaissance, qu'on se dit qu'on est peut-être bloqués là dedans sans évolution possible etc). Ce monde est tellement mal fait
!
Après c'est un avis très personnel, mais je trouve que beaucoup de boulots sont hyper mal payés vu l'effort fourni et le peu de reconnaissance qui va avec. Et que pour les professions dangereuses pour la santé physique, on devrait carrément réduire le temps de travail, tout en conservant les salaires
. Parce que suivant son parcours de vie, tout le monde ne choisit pas son métier finalement, et qu'on devrait tous pouvoir arriver à la retraite dans un état correct. Et aussi, qu'il reste un sacré effort à faire concernant les EPI dans certaines professions, concernant l'aménagement du poste de travail et la gestion des horaires. Travailler beaucoup oui, mais en toute sécurité et dans de bonnes conditions ce serait mieux. Le jour où nous seront tous égaux à ce niveau là, alors peut-être qu'on pourra en faire une valeur universelle.
?Un soudeur qui travaille 50h/semaine ne finira pas dans le même état et ne mourra pas au même âge qu'un assureur qui travaille 50h /semaine, c'est en ce sens que parfois ce genre de discussions me gênent. J'ai moi aussi été élevée dans une famille ou le travail est la valeur principale, mais l'espérance de vie n'est pas la même que l'on soit ouvrier ou cadre, c'est un fait, et c'est quand même assez ignoble. Donc je me dis qu'on ne peut pas attendre les même exigences, en terme de temps de travail hebdo, d'une personne avec une profession à risques, d'une personne avec une profession confortable pour le corps. Entre 8h à la chaîne en conditionnement et 12h en tant qu'hôtesse sur des salons (pour avoir fait les deux), je n'avais pas du tout la même fatigue, ni physique ni psychologique (et pourtant être hôtesse n'est pas ma vocation).
Après, c'est sûr que tout travail fatigue (apprendre fatigue aussi énormément, j'étais souvent fatiguée en sortant de cours !), mais certaines activités professionnelles marquent quand même beaucoup plus le corps que d'autres. De plus certaines professions dites manuelles impliquent à la fois un travail intellectuel (de la réflexion, du stress, des prises de décision avec parfois de lourdes responsabilités) et un travail physique parfois intense. Et le niveau de stress et d'anxiété peut-être hyper élevé aussi dans les professions où l'on a peu de responsabilités (parce que le travail peut être très pénible, qu'on n'a pas envie d'y aller, que le salaire est misérable, qu'il n'y a aucune reconnaissance, qu'on se dit qu'on est peut-être bloqués là dedans sans évolution possible etc). Ce monde est tellement mal fait
!Après c'est un avis très personnel, mais je trouve que beaucoup de boulots sont hyper mal payés vu l'effort fourni et le peu de reconnaissance qui va avec. Et que pour les professions dangereuses pour la santé physique, on devrait carrément réduire le temps de travail, tout en conservant les salaires
. Parce que suivant son parcours de vie, tout le monde ne choisit pas son métier finalement, et qu'on devrait tous pouvoir arriver à la retraite dans un état correct. Et aussi, qu'il reste un sacré effort à faire concernant les EPI dans certaines professions, concernant l'aménagement du poste de travail et la gestion des horaires. Travailler beaucoup oui, mais en toute sécurité et dans de bonnes conditions ce serait mieux. Le jour où nous seront tous égaux à ce niveau là, alors peut-être qu'on pourra en faire une valeur universelle.
Dernière édition :
Bien sûr, je n'y suis pas encore, et je changerais peut-être d'avis après quelques années de pratique, qui sait. Mais évidemment, ça c'est ma vision de la vie, tout le monde n'a pas la même, et encore une fois, ce n'est pas plus mal 
(même si déjà, les deux voyages annuels, mes parents les faisaient seuls tous les deux, sans nous
) Mais en ce qui concerne leurs enfants, ils nous voyaient le soir et le week-end, et mon frère et moi on n'a jamais eu l'impression de manquer de parents
C'est une enfance qui nous a parfaitement convenu, on n'a jamais souffert du fait que mes parents travaillent autant ! Donc voilà, même en bossant 50h voire plus par semaine, on peut profiter de son conjoint et ses enfants, c'est un mode de vie qui ne conviendrait pas à tout le monde, mais c'est tout à fait possible 