@severuspotter
J'ai beaucoup d'incompréhension autour de tes posts.
La Bible n'est pas un livre, c'est un ensemble de textes qui n'est pas homogène, qui ne sont pas contemporains les uns de autres, qui ne sont pas tous placés dans le même contexte, qui ne sont pas écrit à la même époque par les mêmes personnes. Il n'y a pas un auteur de la Bible, il y a un amas agrégé de manière plus ou moins cohérente de témoignages et de recueils de textes parcellaires.
Chercher à réformer le texte biblique parce qu'il ne correspond pas à nos us contemporains et aussi idiot que chercher à réformer le texte de l’Iliade parce que les femmes n'y sont pas assez présentes et l'Odyssée parce que Ulysse est un peu un enfoiré. La Bible est considéré à la fois comme un témoignage de la foi passée et de la construction du christianisme (notamment par le Nouveau Testament), et comme un enseignement des principes religieux. Les deux aspects sont largement documentés par des théologiens. Aucun de ces deux aspects n'a vocation à être lu de manière littérale.
C'est pour ça que la doctrine chrétienne est fondée à parts égales sur deux piliers : la Révélation (dans l’Écriture,dans la Bible) et la Tradition (oui, avec des majuscules). La plupart des dogmes de l’Église Catholique provient de la Tradition et non des Écritures, ils sont considérés comme étant en latence dans les Écritures et explicités par la Tradition. L'interprétation littérale n'a jamais été le fort des Églises chrétiennes. L’interprétation joue un rôle
fondamental, ainsi que la traduction (qui évolue très régulièrement). Benoit XVI a fait le lien entre l'interprétation littérale des Écriture et le fondamentalisme religieux.
J'ai conscience que de l'extérieur c'est un peu nébuleux, mais il faut savoir que des théologien-nes et des exégètes se sont penchés sur l'interprétation des versets depuis 2000 ans, et qu'il n'y a pas d'interprétation figée des textes bibliques.
@AprilMayJune autant je suis en accord avec le ton général de ton post, autant il me semble que tu utilises le terme de dogme à mauvais escient. Les dogmes religieux sont définis de manière très claire et sont peu nombreux (pour celleux que ça intéresse, c'est
là) Le refus des dogmes pose problème parce qu'ils sont considérés comme une partie de la Révélation.
Mais la doctrine familiale catholique n'est pas un dogme. Le rejet de l'homosexualité, ou plutôt la notion de "sexualité désordonnée qui ne peut recevoir l'approbation" (
c'est comme ça que c'est écrit, j'invente rien) n'est pas un dogme. C'est au mieux un élément doctrinaire. Donc un élément susceptible d'évolution (ok parti comme c'est parti, c'est pas pour dans six mois, ni dans six ans, mais au pire, si c'est pour dans soixante ans, au moins je sais que ça peut bouger et que ça vaut le coup de se battre pour que ça bouge).
Pour moi qui suis chrétienne, l'Eglise est en perpétuel mouvement, elle vit au rythme des gens qui la compose. C'est sûr qu'au niveau catholique la résistance interne est forte, mais là aussi, l'Eglise change de l'intérieur, pas de l'extérieur et elle change parce que des gens s'emploient à la faire changer vers le mieux. Pour moi c'est largement suffisant pour continuer à me dire chrétienne.