Hmmm moment qui m'a un peu gavée : dimanche, barbec géant dans le jardin. On sympathise avec une femme, elle est en burn-out actuellement, avec un job fort prenant. Elle me demande ce que je fais, je lui réponds que je ne travaille plus depuis des années. J'ai lu la stupeur/inquiétude/perplexité dans son regard (

), je pense que ça contrastait fort avec les questions posées juste avant à mon mari (même job qu'elle, parfois 80h/semaine en ce moment, grosses responsabilités, bref) et je sais pas, elle a été surprise. Je lui dis que j'étais assistante sociale, mais qu'après un burn-out, j'ai remis pas mal de choses en question, qu'on a voyagé, puis eu notre fille, et que ça a été une révélation pour moi.
Question qui me rend barjot (surtout venant de quelqu'un en burn out elle même hein) : "mais ça te suffit ?"
Putain, je te dis que c'est une révélation, et tu me demandes si ça me suffit ?

Suivi de piques se voulant drôles : "moi je sais que ce serait une révélation aussi, mais sans le gamin dans les pattes, bla bla"
BAH... FAIS LE ? Ta gueule ? Je sais pas moi.
S'en est suivi le "moi j'ai besoin de stimulation intellectuelle" (merci de considérer que mon cerveau fond parce que je ne travaille pas

)
Fin bref, je trouve ça fort que même en situation de souffrance au travail, on soit tellement englué dans le système qu'on remette le choix de ne pas travailler en question, parce que c'est forcément ce choix là qui détonne.
Et ce "ça te suffit ?" je le trouve quand même drôlement méprisant et réducteur.
Puis toujours cette ambivalence entre l'envie d'être sincère, de dire que je suis épanouie, que ma vie me plaît, que je me lève le matin en souriant, et que c'est tout ce que je demande à la vie, et celle de justifier l'utilité de cette façon de vivre.

Pourquoi une vie orientée vers l'intérieur (enfant, mari, maison, activités personnelles,..) est-elle forcément moins bien vue qu'une autre ?

Je suis parfois en colère, parce que j'ai l'impression qu'on veut salir ce qui me rend heureuse.