Je ne pense pas qu'il y ait de vérité absolue à propos de quelque chose qui n'est pas visible, ni universel -malgré ce qu'on essaie souvent de nous faire croire, mais ce n'est pas du tout spécifique à cette question-, je pense donc que chacun peut voir les choses comme il le veut

Personnellement mon mode de pensée actuel est celui-ci (il est sûrement influencé par mon éducation non genrée et par d'autres paramètres psychologiques qui font que certains concepts sociaux sont incompréhensibles pour moi -par exemple la nationalité et le patriotisme-) :
Personnellement je n'ai pas de genre, parce que ça n'a aucune définition à mes yeux. J'ai un corps, j'ai une personnalité, mais rien de ce qui pourrait s'appeler genre et que personne ne réussit à vraiment définir. A la base il a été introduit par les sciences sociales comme étant l'ensemble de caractéristiques mentales associées traditionnellement à un sexe, caractéristiques qui diffèrent selon la culture. Le genre défini donc quelque chose de sexiste et essentialiste, et, personnellement je suis pour qu'on s'en sépare. Ne pas correspondre à ce qu'on attend de notre sexe ça veut dire qu'on ne rentre pas dans le moule sexiste, mais si pour gérer cette différence on se dit "je ne correspond pas à ce qu'on attend d'une femme alors je suis un homme", on re-rentre dans le moule.
Après, il est devenu courant sur certains espaces de modifier cette définition et de vider le genre d'une définition fixe et de lui donner une tautologie ("on est femme parce qu'on se sent femme" tout en refusant de réfléchir plus loin, à pourquoi on se sent femme et qu'est-ce qu'inconsciemment on met sous ce mot), ce qui est contre productif
à mes yeux puisque ça me semble être un compromis avec la société plutôt qu'une remise en cause (mais c'est compréhensible, il faut bien survivre et je vais pas imposer mon point de vue aux personnes cisgenres et transgenres). Mais je pense que plus on va vers une éducation non genrée (donc en se séparant de l'idée que certaines choses sont associées à un sexe), moins le genre n'aura de sens et plus on s'en détachera pour être enfin des personnalités toutes uniques et qui se définissent totalement en dehors de leur corps, et donc aller vers un rapport plus serein avec celui-ci. Puisque j'ai l'impression que la plupart des personnes élevées de manière non-genrée n'y trouve pas de sens et se comportent/s'habillent etc comme elles veulent sans vraiment y réfléchir.
Je pense aussi que beaucoup plus de gens sont agenres qu'on ne le croit. Parce que quand j'explique mon point de vue à des ami.es qui seraient définies comme cisgenres, elles sont d'accord. Pour ces ami.es, le genre est quelque chose de très flou et iels ne se genrent que par rapport à leur corps. Quand je leur demande si iels ont un genre, iels me répondent que non et que ça leur paraît très abstrait, qu'elles n'ont rien dans leur esprit qui pourrait s'apparenter au genre.