Une madz a parlé de la survie de l'espèce et qu'en tant que telle, chaque personne veut vivre. Je pense que "la survie de l'espèce" et "la survie de chaque individu de l'espèce" sont 2 concepts totalement différents et dont les besoins ne sont pas les mêmes. Il peut être nécessaire pour la survie d'une espèce animale qu'un grand nombre des individus qui la constituent disparaissent, c'est un fait biologique. Je suis désolée que ça heurte, je comprends que cela crée des émotions difficiles à gérer.
Je suis biologiste aussi et je ne vois pas trop le rapport avec le schmilblick là en fait. En plus du fait que c'est extrêmement discutable d'invoquer la biologie ici (le darwinisme social a déjà posé moult problèmes au cours de l'Histoire et tend à effacer toutes les composantes sociologiques de la question), je ne suis même pas sûre qu'elle aille dans ton sens. On n'a pas franchement beaucoup d'éléments sur le fait que laisser les gens attraper la Covid - et, pour les personnes vulnérables en particulier, en mourir - favoriserait la survie de notre espèce (pas franchement menacée d'extinction en plus).
- Si tu penses à la sélection naturelle, déjà 1/ ce serait une vision assez caricaturale, qui ne tient pas compte de tous les facteurs qui font que la survie d'individus même peu avantagés sur les plans des chances de survie/reproduction peut être bénéfique au groupe. D'où, d'ailleurs, la sélection de comportements altruistes - y compris la protection, et y compris envers des individus qui ne contribueront pas ou plus au pool génétique (hypothèse des grands-mères, loi de Hamilton, mais aussi sélection sur la taille de groupe par exemple). Et 2/ on parle ici d'une maladie infectieuse, dont les facteurs de risque de forme grave ont pour beaucoup une héritabilité moyenne (obésité, diabète, certains cancers), voire basse (AVC) ou nulle (âge > 65 ans), et donc sur lesquels la sélection naturelle n'est pas très efficace. Donc je ne suis pas franchement sûre que laisser les personnes vulnérables mourir du covid améliorerait le patrimoine génétique de l'espèce.
- Si tu penses à la surpopulation humaine (i.e. "on menace notre écosystème via notre biomasse, en diminuant la population on a de plus grandes chances de survie par la suite"), c'est un point de vue qui se discute et non un "fait scientifique" (les émissions par personne ont beaucoup augmenté dans les dernières décennies, particulièrement dans les pays les plus riches, et si tout le monde vivait comme la moitié la plus pauvre de la planète on ne serait pas dans la panade climatique), et surtout il y a d'autres moyens de régler ce problème - si c'en est un - que de laisser le covid tuer des gens.
Je voudrais refaire un petit point sur "la nature" : je ne comprends l'espèce de rejet épidermique que je reçois quand j'en parlej'essaie pas de dire que la nature c'est dieu et qu'il y a une volonté quelconque en fait. J'ai l'impression de ne faire qu'observer, constater, j'ai fait des études de biologie, entre autres bio des écosystèmes, des populations etc. Ce que je dis quand je parle de survie de l'espèce etc c'est pas des croyances c'est l'observation qui s'avère cohérente de : comment la nature passe son temps à trouver son équilibre pour que tous les êtres vivants trouvent leur compte. Parfois des espèces s'avèrent envahissantes, elles modifient drastiquement leur environnement, ça crée de nouveaux écosystèmes qui petit à petit trouvent un nouvel équilibre.. jusqu'à la prochaine péripétie.. tout ça s'applique aussi à l'espèce humaine, y'a pas de bonne ou de mauvaise intention c'est comme ça que la vie fonctionne
Tu n'es probablement pas non plus sans savoir que non, tous les êtres vivants ne trouvent pas forcément leur compte dans la nature, et que parfois les invasions biologiques aboutissent à un effondrement de l'écosystème (soit directement, soit plus tard parce que le nouvel équilibre qui s'établit est instable, notamment s'il repose sur un réseau trophique moins interconnecté). Par exemple, vers chez moi il y a d'énormes problèmes de conservation des écosystèmes dunaires: Certaines espèces invasives nuisent via la compétition à des espèces endémiques qui ont une importance capitale dans la structure même de la dune, par exemple en stabilisant le sable avec leur réseau de racines ou en captant le sodium du milieu (ce qui le rend vivable pour d'autres espèces). Si l'invasion va trop loin, la dune peut être carrément détruite, avec tout l'écosystème qui va avec (beaucoup d'espèces animales ou végétales ne se développent que dans les dunes), pour devenir un écosystème extrêmement pauvre (et instable), et très difficile à re-coloniser par la suite pour les autres espèces. C'est fort dommage en termes de biodiversité, et on a justement tout intérêt à intervenir pour éviter ça. On a d'ailleurs plein de stratégies pour limiter l'extension des espèces invasives (campagnes d'arrachage, de stérilisation, rétablissement de barrières écologiques, sensibilisation pour que les gens ne les plantent pas dans leurs jardins...), qui ont sûrement été mentionnés pendant tes études, mais tu en parles un peu comme si c'était juste quelque chose à observer et sur quoi on n'avait aucune prise. "La vie", elle fonctionne aujourd'hui aussi avec une espèce qui a acquis une compréhension des dynamiques écologiques, a fait beaucoup de dégâts dessus mais est capable d'intervenir dessus pour les réparer et même pour optimiser leur stabilité.
En fait j'ai un peu l'impression que tu confonds ta propre interprétation de certains processus biologiques (nature en équilibre, pas souhaitable d'intervenir en favorisant la survie d'individus - vu qu'in fine c'est bien de ça qu'il s'agit quand tu dis ne pas avoir de problème avec le fait que des gens meurent du covid) avec un "fait scientifique", voire un "fait objectif et biologique"
Il n'y a pas de "fait objectif et biologique" comme quoi le décès des personnes vulnérables serait un facteur favorisant à terme la survie de l'espèce. Bon, ça plus le fait qu'on vit quand même aussi pour autre chose que juste perpétuer l'espèce, mais c'est un autre débat.
j'essaie pas de dire que la nature c'est dieu et qu'il y a une volonté quelconque en fait. J'ai l'impression de ne faire qu'observer, constater, j'ai fait des études de biologie, entre autres bio des écosystèmes, des populations etc. Ce que je dis quand je parle de survie de l'espèce etc c'est pas des croyances c'est l'observation qui s'avère cohérente de : comment la nature passe son temps à trouver son équilibre pour que tous les êtres vivants trouvent leur compte. Parfois des espèces s'avèrent envahissantes, elles modifient drastiquement leur environnement, ça crée de nouveaux écosystèmes qui petit à petit trouvent un nouvel équilibre.. jusqu'à la prochaine péripétie.. tout ça s'applique aussi à l'espèce humaine, y'a pas de bonne ou de mauvaise intention c'est comme ça que la vie fonctionne
). Ça a suscité une discussion avec l'une de mes colocs, je lui ai fait part de mes posts et de comment ils avaient été reçus en lui demandant pourquoi je passais pour une facho (nan parce que vraiment manifestement ça transparaît pas mais personnellement je ne veux de mal à personne).
je ne me définis pas comme telle). Donc là le critère dit que la fascisme c'est l'irrationalité...
alors euh ben ok je réponds au critère "d'une certaine facon" c'est à dire que je rejette le fait que science et progrès soient les uniques façons de voir les choses, mais je ne les rejette pas pour les faire disparaître : j'aimerais que les 2 trucs coexistent : rationalité ET émotionnel/irrationalité 
merci beaucoup pour ce post, ça développe un point qui est important pour moi et que je n'ai pas eu l'occasion d'aborder. 
