Hier, dans le métro, une famille magrhébine, une mère, perchée sur des compensés pep-toes, avec un pantacourt à carreaux et un chandail rouge, sa fille, et son garçon, tous deux ados. Ils se sont assis ensemble. Ils ne parlaient pas, mais le garçon avait le bras tendu sur les genoux de sa mère, et sa mère lui faisait des papouilles. Le garçon devait avoir au moins quinze ans, et j'ai trouvé que c'était très mignon.
Ce matin, une fille dans mon cours de conditionnement physique, une fille trop motivée, qui participe à fond dans toutes les activités, qui parle à tout le monde. Dès le premier cours, je l'avais remarqué, tellement elle se donnait à fond. Mardi, elle portait des manches longues ; aujourd'hui, des manches courtes, et ses bras au complet, jusqu'où les manches de son t-shirt s'arrêtaient, sont marqués de circatrices, de bleus, de brulûres de cigarette. J'en sais trop rien, mais j'imagine que c'étaient des marques d'automutilation. Cette fille je ne connais même pas son prénom, et qu'est ce que j'aurais pu dire ? Mais j'ai tellement eu envie d'aller lui dire que moi ces marques je les avais vu, et qu'on pouvait en parler, si elle en avait envie, mais je n'ai rien fait, j'aurais voulu nommer ses marques pour leur donner une réalité quelconque.
Un homme assez vieux, avec une repousse de barbe blanche, qui ressemblait à un capitaine de bateau, avec ses Ray Ban, son veston et sa casquette noire, qui marchait très droit, le menton en l'air, avec un bouquet de fleur enveloppé dans du papier blanc. Un autre garçon, polo bleu passé, jean usé, chaussures beiges, cheveux noirs, peau mate. Il traversait la rue à la lumière verte pour aller de mon côté, et j'allais vers le sien ; le truc classique du regard, mais j'ai bien aimé le sien, parce qu'il était vraiment franc. Il m'a regardé droit dans les yeux, et c'est moi qui s'est retournée sur son passage.
Des tas d'autres gens. Je remarque beaucoup trop les gens, je pourrais écrire dans ce sujet durant des heures ! Mais c'était les principaux.